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Stratégie maritime : réactions partagées dans l'Est

Stratégie maritime : réactions partagées dans l'Est

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La stratégie maritime présentée lundi matin par le gouvernement du Québec reçoit un accueil tantôt enthousiaste, tantôt mitigé, dans l'Est du Québec. 

Dans cette stratégie, le gouvernement Couillard promet 30 000 nouveaux emplois directs et des investissements publics et privés de 9 milliards de dollars d'ici 2030.

Déception sur la Côte-Nord 

Développement économique Sept-Îles accueille avec prudence les mesures annoncées. Le président de l'organisme, Luc Dion, aurait aimé que la ville de Port-Cartier soit mentionnée dans la stratégie.

« J'aurais aimé voir dans la stratégie le port de Port-Cartier, admet M. Dion. Il n'est pas là, du moins il n'est mentionné comme tel dans les 95 pages qu'on peut consulter. »

« C'est un début, c'est comme ça qu'il faut voir ça. C'est un axe de développement maritime, mais pour nous, Nord-Côtiers, c'est assez curieux de voir le peu d'investissement en fonction de l'étendue du territoire. »

— Une citation de  Luc Dion, président de Développement économique Sept-Îles

Luc Dion se réjouit toutefois des mesures concernant la protection côtière et la lutte contre l'érosion des berges.

Le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier, s'est également dit déçu par l'absence d'annonce concernant la Côte-Nord.

Pour sa part, la députée péquiste de Duplessis, Lorraine Richard, se montre profondément déçue de l'annonce du gouvernement Couillard. Elle craint que le développement économique du Saint-Laurent profite uniquement à la région de Montréal.

Lorraine Richard déplore aussi le manque de détails concernant les promesses de création d'emplois et les investissements prévus.

Juger les résultats et non les objectifs

Le député péquiste de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, se dit heureux de voir que le gouvernement libéral ait finalement accepté de développer la voie fluviale du St-Laurent, une idée qu'il affirme avoir proposé à l'époque où il était lui-même ministre du Tourisme.

Cependant, Pascal Bérubé ajoute qu'il faudra juger sur les résultats obtenus plutôt que sur les objectifs. Il faudra voir, selon lui, le nombre d'emplois réellement créés.

Il ajoute qu'il doit y avoir des gestes concrets par rapport aux projets présentés en lien avec la stratégie maritime dans sa circonscription.

« Que ce soit la deuxième phase de la cale sèche du groupe Verreault, énumére Pascal Bérubé, que ce soit l'application du plan de la Ville de Matane pour l'axe mer/rivière dans le vieux port ou que ce soit le développement d'une nouvelle croisière dont l'escale serait Matane. C'est ce qui m'importe, les résultats concrets. »

Selon Pascal Bérubé, plusieurs projets en lien avec la stratégie maritime sont prêts à être concrétisés, mais le gouvernement doit les approuver.

Enthousiasme en Matanie

Le maire de Matane, Jérôme Landry, accueille favorablement la stratégie maritime libérale. Jérôme Landry est confiant d'obtenir une bonne écoute de Québec pour réaliser les projets de la municipalité dans le cadre de cette stratégie de développement du réseau fluvial.

« On est très bien positionné avec notre parc industriel et notre port de mer, affirme Jérôme Landry. On a un groupe d'une dizaine d'entreprises qui travaillent très fort pour faire avancer les projets avec la Ville.

« Sur le plan touristique, poursuit le maire de Matane, on a des projets pour les croisières et pour le secteur du barachois et de la marina. On a rencontré la ministre du Tourisme et d'autres ministres et les rencontres ont été extrêmement positives. »

Le préfet de la MRC de la Matanie, Pierre Thibodeau, croit que la Ville de Matane a une longueur d'avance. Selon M. Thibodeau, des dossiers prioritaires pour la Ville sont déjà sur les bureaux de certains ministres, ce qui est fort positif à son avis.

« Le fait que la Ville de Matane ait soumis l'automne dernier son plan de développement par rapport à la stratégie maritime, ça nous a donné énormément de visibilité », croit Pierre Thibodeau.

La création du Réseau Québec maritime saluée

Le recteur de l'Université du Québec à Rimouski (UQAR), Jean-Pierre Ouellet, est heureux de voir que la recherche scientifique et la protection de l'environnement sont au nombre des objectifs de la stratégie maritime.

Il souligne notamment la création de ce que le gouvernement présente comme le Réseau Québec maritime, qui deviendra un forum unique pour faciliter le dialogue entre les chercheurs des différents domaines d'activités maritimes. Selon M. Ouellet, ce type de forum n'existe pas à l'heure actuelle.

« Ça va faire en sorte d'unir l'ensemble des forces vives et de faire travailler des gens qui traditionnellement ne travaillent pas nécessairement ensemble, dit-il. Si on veut par exemple investir à la fois des problèmes du point de vue des sciences fondamentales, mais aussi des aspects environnementaux et sociaux, il faut asseoir ensemble des chercheurs qui ne se parlent pas normalement. Le réseau sera là pour faciliter cette cohésion de manière à répondre à l'ensemble des enjeux de la stratégie maritime. »

« Rendez-vous manqué » selon la SNAP

La section québécoise de la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP) affirme que la stratégie maritime est un « rendez-vous manqué pour la conservation des milieux marins ».

La SNAP se désole que Québec ait reporté de 2015 à 2020, la protection de 10% de ses milieux marins. « Rater un échéancier, c'est déplorable. Mais le rater sans proposer de plan d'action pour renverser la tendance, c'est inexcusable », a déclaré le directeur général de la SNAP Québec, Patrick Nadeau.

La SNAP considère toutefois comme une « demi-consolation » le fait que la stratégie mentionne les projets d'aires marines protégées aux îles de la Madeleine et au banc des Américains, « des projets pour lesquels la participation du Québec était devenue incertaine ».

Réaction favorable de l'UMQ

L'Union des municipalités du Québec (UMQ) se réjouit du déploiement de la stratégie maritime du Québec. L'UMQ estime que la politique contribuera à la diversification du développement économique des régions. L'organisation croit que les priorités ciblées par le gouvernement sont cohérentes avec celles qui ont été proposées par le comité qu'elle avait mise en place pour se pencher sur la stratégie. 

« Il y a plusieurs volets qui vont toucher nos régions, croit la présidente de l'UMQ, Suzanne Roy. Qu'on pense au tourisme, à la logistique de transports, aux infrastructures, ce sont plusieurs éléments essentiels pour toutes nos collectivités au Québec. »

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