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5 questions pour comprendre la crise grecque

Radio-Canada

La Grèce est incapable de rembourser ses créanciers et une sortie de la zone euro est de plus en plus évoquée. Malgré deux plans de sauvetage de 240 milliards d'euros en cinq ans, le pays reste lourdement endetté et toujours déficitaire. Décryptage.

Un texte d'Éric LaroucheTwitterCourriel

1. Comment la Grèce s'est-elle retrouvée là?

Lorsque le pays adopte l'euro, en 2001, le pays est déjà fortement endetté. Sa dette était de près de 110 % de son produit intérieur brut (PIB). Comme l'économie grecque connaissait une croissance de 4 % à 5 %, cet endettement n'est pas un problème.

Survient alors la crise financière de 2008 et le pays s'enfonce dans une profonde récession, s'endette davantage, et cette crise se poursuit toujours.

Pour consulter ce graphique sur la dette grecque, cliquez ici (Nouvelle fenêtre).

Le chômage reste endémique, plus d'un Grec sur quatre est à la recherche d'un emploi. Les mesures d'austérité imposées à la Grèce ont plombé l'économie du pays et, malgré des réformes, le gouvernement ne parvient toujours pas à équilibrer ses finances.


2. Pourquoi la Grèce pourrait-elle être en défaut de paiement?

Depuis cinq mois, le nouveau gouvernement d'Alexis Tsipras ne parvient pas à s'entendre avec ses créanciers sur les modalités des prochains versements d'aide.

Dans la nuit de vendredi à samedi, le premier ministre grec a annoncé la tenue d'un référendum sur le plan d'assistance financière de l'Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international (FMI). Résultat? La rupture des négociations. Si aucun nouvel accord ne survient, ce sera la fin de l'aide à la Grèce au 30 juin.

Mardi, Athènes a confirmé qu'elle n'allait pas rembourser 1,6 milliard d'euros au FMI.


3. Quelles seraient les conséquences d'un défaut de paiement?

Sans plan d'assistance financière, la Grèce n'est pas en mesure, faute de revenus suffisants, de rembourser ses créanciers ni à payer ses dépenses courantes, comme les salaires de ses enseignants et de ses médecins ou les rentes de ses retraités. Si aucune entente n'est conclue, le pays se retrouvera en défaut de paiement. 

Des retraités devant la succursale d'une banqueAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des retraités devant la succursale d'une banque

Photo : Reuters

Déjà, les banques ont été fermées une partie de la semaine. Les retraits aux guichets ont été limités à 60 euros par jour sauf pour les touristes. Objectif? Éviter un effondrement du secteur bancaire grec.

Lundi, l'incertitude entourant un éventuel défaut de paiement de la Grèce entraînait la plupart des bourses dans le rouge.

Difficile de déterminer la suite. Tout dépendra si la Grèce reste dans la zone euro, avec de nouveau de l'aide financière, ou retrouvera sa propre monnaie, la drachme.

Pour consulter cette synthèse de la crise grecque sur votre appareil mobile, cliquez ici


4. La Grèce restera-t-elle dans la zone euro?

Les Grecs souhaitent-ils conserver l'euro et continuer à profiter d'assistance financière des partenaires de la Grèce en contrepartie de différentes réformes? Ils se prononceront dimanche lors d'un référendum. Le résultat sera déterminant.

La chancelière allemande, Angela Merkel, n'a pas exclu de nouvelles négociations entre Athènes et ses créanciers si les Grecs souhaitent rester dans la zone euro.

S'ils votent contre le plan d'aide, ce sera vraisemblablement la rupture avec les 18 autres pays qui partagent l'euro et un échec pour le projet politique et économique de l'Europe.

La question du référendum de dimanche

Le plan d'accord soumis par la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fond monétaire international lors de la réunion de l'Eurogroupe du 25 juin, qui comprend deux parties et constitue leur proposition commune, doit-il être accepté?

Le premier document est intitulé Réformes pour l'achèvement du programme actuel et au-delà et le second Analyse préliminaire de la viabilité de la dette.

Un manifestant devant le Parlement grecAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un manifestant devant le Parlement grec

Photo :  Reuters/Yannis Behrakis


5. Quelles seraient les conséquences d'une sortie de la Grèce de la zone euro?

Les Grecs retrouveraient leur propre monnaie, la drachme, qui pourrait être dévaluée par rapport aux autres devises, ce qui se traduirait par une flambée des prix, surtout des biens importés. Le pouvoir d'achat des Grecs serait encore réduit.

La fuite des capitaux risque de s'intensifier, asséchant davantage l'économie grecque. La faiblesse de la monnaie grecque pourrait stimuler les exportations et le tourisme, mais plusieurs analystes estiment que l'activité économique serait encore réduite.

Incapable de payer ses créanciers, Athènes serait en situation de faillite et devrait restructurer en partie ses dettes, ce qui aura aussi des conséquences, mais limitées, sur d'autres pays européens, comme l'Allemagne ou la France.

Pour consulter ce graphique sur votre appareil mobile, cliquez ici (Nouvelle fenêtre).

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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