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Un chercheur de l'Université de Sherbrooke s'intéresse à l'impact des pesticides sur les cancers

Quels sont les liens entre les cancers et les pesticides?
Radio-Canada

Un chercheur de l'Université de Sherbrooke veut mieux comprendre les liens entre l'utilisation des pesticides et le développement de certains types de cancer.

Un texte de Geneviève ProulxTwitterCourriel

L'enjeu fait de plus en plus de bruit. L'utilisation massive de pesticides décime les populations d'abeilles, mais c'est loin d'être la seule conséquence. De nombreuses zones grises demeurent quant à leur impact sur la santé humaine. « L'idée, c'est de savoir si on utilise un produit, qu'est-ce ça va faire vraiment? Mon argument est que, dans la majorité des cas, on ne le sait juste pas », déplore le professeur titulaire au Département de biologie de l'Université de Sherbrooke, Luc Gaudreau.

Dans le laboratoire du professeur Gaudreau, lui et son équipe s'affairent à analyser l'impact d'une vingtaine de pesticides. « Même si un pesticide, à la base, ne semble pas trop dangereux, le simple fait d'activer cette voie va mener à la production ou la fabrication d'une mutation dans l'ADN », soutient-il.

Les recherches de son équipe démontrent que certains pesticides influencent à la hausse le niveau d'oestrogène et que, à long terme, les risques de développer un cancer du sein augmentent.

En 2015, 25 000 femmes recevront un diagnostic de cancer du sein. Cela représente 26 % de tous les nouveaux cas de cancer chez la femme en 2015.

Simples gestes contre le cancer

Les consommateurs peuvent aussi poser des gestes simples pour se protéger. « Laver les légumes et les fruits et les éplucher. C'est vraiment la plus grande source de pesticides qu'on peut ingérer en ce moment », rappelle une étudiante à la maîtrise en biologie, Myriam Fauteux.

La Fondation David Suzuki et l'organisme Equiterre ont récemment demandé au gouvernement de mieux encadrer l'utilisation des pesticides comme il se fait en Ontario. Pour Luc Gaudreau, ce serait un bon pas en avant, mais il souhaiterait des mesures encore plus sévères. « Tant qu'on n'a pas démontré qu'un produit sécuritaire, bien, on ne l'utilise pas. »

Le directeur pour le Québec de la Fondation David Suzuki, Karel Mayrand, rappelle que les insectes pollinisateurs comme l'abeille ont aussi une grande importance dans l'économie mondiale. « Les derniers chiffres que j'ai vus là-dessus faisaient état de plus de 200 milliards de dollars par année de production agricole directement tributaire des pollinisateurs. Ce qui avait fait dire à un scientifique : "une abeille, c'est un billet de 50 $ avec des ailes" ».

Même si ses recherches sont primordiales, Luc Gaudreau a de la difficulté à les faire financer. Par manque de financement, il a dû se défaire de deux de ses assistants.

Le prochain projet du chercheur vise à comprendre l'impact des pesticides dans le développement du cancer de la prostate.

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