•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Cercle de feu : l'écosystème en danger, selon un groupe environnemental

Cercle de feu : l'écosystème en danger, selon un groupe environnemental

Le groupe environnemental Wildlands League affirme que l'activité minière dans le Cercle de feu cause des dommages permanents dans les basses terres de la baie James, alors que les explorateurs miniers et experts, eux, l'accusent d'être alarmiste.

Photos à l'appui, Wildlands League illustre les dégâts causés, selon lui, par le coupage de lignes et le forage dans l'imposant gisement de chromite, situé à 500 kilomètres au nord de Thunder Bay.

L'organisation a survolé la région, en mars, alors que les activités récentes transparaissaient sur le sol couvert de neige. « C'est la preuve que l'exploration est beaucoup plus avancée qu'on ne le croyait », prévient Anna Baggio.

L'écosystème subit déjà les conséquences de l'exploration minière.

Anna Baggio, Wildlands League

Il ne s'agit que d'une petite portion du Cercle de feu, mais la directrice de la conservation de Wildlands League ajoute que si tous les explorateurs vont au même rythme, le paysage de cette région du nord-ouest ontarien sera modifié à jamais. Depuis sa précédente visite, il y a cinq ans, le territoire avait énormément changé.

Wildlands League s'inquiète, par ailleurs, de l'impact de l'exploration minière sur les populations de caribou et de carcajou, qui risquent d'être « chassées pour toujours » alors que leur habitat naturel est perturbé. La Loi sur les espèces en voie de disparition ne prend pas en considération les travaux d'exploration.

Selon Wildlands League cette photo démontre à quel point le paysage du Cercle de feu est perturbé par l'exploration minière. Les cercles ont été causés par du forage.Selon Wildlands League cette photo démontre à quel point le paysage du Cercle de feu est perturbé par l'exploration minière. Les cercles ont été causés par du forage. Photo : Wildlands League

L'analyste minier chez PearTree Financial Services, Eric Lemieux, est estomaqué par le ton du groupe environnemental.

« Personne ne dit que l'exploration n'a pas d'impact, mais je ne suis pas en accord avec leurs propos. Découvrir de nouvelles ressources minérales se fait sur le terrain et la majorité de l'industrie fait un effort pour en diminuer les impacts », ajoute-t-il.

Eric Lemieux s'est lui-même rendu dans le Cercle de feu, la semaine dernière, où il a vu les efforts de revégétation.

Plus d'une vingtaine d'entreprises détiennent des claims dans le Cercle de feu, dont les activités, évaluées à 278 millions de dollars, ont permis de découvrir d'important gisement de chromite, de nickel et de cuivre. Selon le ministère des Richesses naturelles de l'Ontario, plus de 1100 trous de forage ont déjà été effectués, alors que près de 3000 claims, eux, ont déjà été jalonnés.

[Les photos] sont typiques de l'exploration minière

Maurice Lavigne, vice-président de KWG Resources

Pour le vice-président de la minière KWG Resources, les photos prises par Wildlands League n'ont rien de surprenant. Il s'agit, selon lui, d'un paysage typique lors de l'exploration minière. 

« Ce que les photos ne montrent pas, ce sont les endroits où l'exploration est terminée et où tout a été reverdi et retourné à son état naturel », souligne-t-il.

M. Lavigne partage cependant l'opinion de l'organisme sur les besoins d'une étude environnementale qui englobe tout le Cercle de feu et non pas un projet à la fois.

Appel lancé au gouvernement

Wildlands League demande à la province d'évaluer les dégâts causés par l'industrie minière dans le Cercle de feu, une région étendue sur 500 000 hectares dans la forêt Boréale. L'évaluation environnementale permettrait d'encadrer la suite du développement dans la région.

Jusqu'à présent, l'exploration minière en Ontario est très peu réglementée. Le ministre de l'Environnement et des Changements climatiques, Glen Murray, a cependant reconnu la nécessité d'évaluer la situation dans une lettre adressée aux Premières Nations de la région. Il confirmait alors que l'analyse environnementale de Noront, un autre des joueurs du Cercle de feu, avait été acceptée.

Tout l'aspect environnemental fait d'ailleurs partie des négociations en vue d'ententes entre le gouvernement ontarien et les neuf Premières Nations de la région.

Par courriel, le ministère du Développement du Nord et des Mines souligne que la Loi sur les mines a été mise à jour, en 2013, pour s'assurer que l'exploration est menée de façon durable.

Anna Baggio de Wildlands League estime toutefois que le Renouvellement de la Stratégie ontarienne d'exploitation des minéraux est l'occasion idéale d'inclure la surveillance des travaux d'exploration. « Sans ça, dit-elle, l'environnement risque d'être endommagé à jamais. Nous voyons peu le potentiel de restauration à long terme. »

Ontario

Métaux et minerais