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Une culture de misogynie règne à l’Université Dalhousie, selon un rapport

Faculté de sciences dentaires de l'Université Dalhousie

Faculté de sciences dentaires de l'Université Dalhousie

Photo : Andrew Vaughan/La Presse canadienne

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un groupe de travail formé pour enquêter sur le scandale des commentaires misogynes et sexistes à la Faculté de dentisterie de l'Université Dalhousie conclut que toute la faculté baigne dans une « culture paternaliste » et, plus largement, l'Université aussi.

Le groupe de travail présidé par une professeure de l'Université d'Ottawa, Constance Backhouse, a déposé lundi matin un rapport de 100 pages qui comprend une quarantaine de recommandations.

Le groupe avait reçu le mandat d'examiner la culture, les pratiques et les politiques à la Faculté de dentisterie. Son constat est sévère. Il conclut que la culture de cette faculté tolère les incidents de racisme, de misogynie, d'homophobie et de racisme.

Étant donné le nombre d'incidents rapportés dans le cours de l'enquête, ceux-ci ne peuvent être décrits comme « isolés », selon Mme Backhouse. Un ancien de l'Université a même affirmé aux enquêteurs que la faculté vivait dans le passé, qu'elle n'avait pas tenu compte de l'évolution sociale qui avait rendu certains comportements inacceptables.

Le groupe de travail a également découvert que beaucoup d'incidents n'étaient pas rapportés parce que les victimes ne faisaient pas confiance à la volonté de l'administration de changer les choses. La direction préfère « balayer sous le tapis » les problèmes, selon une phrase entendue souvent par les enquêteurs.

Le comité conclut néanmoins que les politiques et processus de l'Université pour composer avec les cas de discrimination ou de sexisme sont « aussi bonnes ou meilleures » que ceux des autres universités canadiennes. Ces politiques sont simplement mal véhiculées, selon le rapport d'enquête. Les plaignants doivent également être mieux protégés contre d'éventuelles représailles, selon les enquêteurs.

Parmi ses recommandations, le groupe de travail suggère notamment que la Faculté de dentisterie formule un plan d'action, avec des objectifs et échéanciers pour changer fondamentalement sa culture.

Il recommande aussi un meilleur système pour recevoir les plaintes, la création d'un conseil sur l'inclusion et la diversité, et des mesures pour décourager les activités où l'excès de consommation d'alcool peut mener à des comportements sexistes, racistes et homophobes.

L'Université a promis de prendre en compte le rapport.

Une page Facebook sexiste

Le recteur de l'Université, Richard Florizone, a créé le groupe de travail lorsque le scandale a éclaté en 2014. Des étudiants de quatrième année en sciences dentaires avaient créé une page Facebook dans laquelle ils se livraient à des commentaires misogynes et dégradants sur les femmes.

Le mois dernier, un rapport interne a mis au jour un historique de sexisme, de racisme et d'homophobie au sein de cette faculté. Ce rapport avait conclu que les étudiants fautifs avaient fait leur mea culpa et pouvaient recevoir leur diplôme après avoir terminé leurs études cliniques.

Ils avaient participé à un processus de justice réparatrice.

Des graffitis sexistes et racistes

On peut aussi lire dans le rapport que des graffitis sexistes, misogynes, homophobes et racistes se sont accumulés dans une pièce derrière le bar "The Cavity", un salon pour les étudiants en médecine dentaire. De nombreuses plaintes auraient été déposées pour effacer les messages haineux, mais certains étudiants s'y seraient opposés, car, selon eux, ce mur fait partie de leur histoire.

Après la découverte de ce mur, plusieurs professeurs avaient assuré qu'ils ne connaissaient pas l'existence de ces graffitis.

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