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Entendre la voix de Michel Keable une dernière fois

Michel Keable
Michel Keable Photo: Flickr/ICI Musique
Radio-Canada

Après 37 ans de carrière à Radio-Canada, l'animateur Michel Keable dira bientôt au revoir aux auditeurs d'ICI Musique. Un départ précipité, mais sans regret.

Un texte de Ronald GeorgesTwitterCourriel

À la barre d'émissions comme Grands concerts, Tribune de l'orgue, Radio-concerts, Soirées classiques et Géo-musique, Michel Keable a vécu l'évolution de l'antenne culturelle de Radio-Canada, de la Chaîne culturelle à Espace musique, puis à ICI Musique (Nouvelle fenêtre).

C'est lors de l'émission À ciel ouvert, dimanche (28 juin) matin, que l'animateur ouvrira le micro pour une dernière fois. Retour sur le parcours d'un animateur à la voix exceptionnelle.

À l'école des annonceurs

Après un bref passage à la radio privée en Gaspésie, sa région natale, Michel Keable a amorcé sa carrière à Montréal en 1977, dans l'équipe de relève estivale à RCI. Raymond Laplante, du service des annonceurs, l'a pris sous son aile. « Il avait une approche paternelle, mais bienveillante envers tous les annonceurs », explique Michel Keable à propos de cet homme qui pratiquait un métier qui n'existe plus.

Ça nécessitait beaucoup de polyvalence. On pouvait lire un poème, faire la couverture de la visite de la reine, lire un bulletin de nouvelles, tout de ça de façon impeccable. On pouvait passer d'une fonction à l'autre avec assez d'aisance, parce que ça faisait partie de la formation.

Michel Keable
Michel Keable en 1985Michel Keable en 1985 Photo : Radio-Canada/Jean-Pierre Karsenty

Il a été embauché pour travailler à la télévision de Radio-Canada à Rimouski en novembre 1977, avant qu'il ne retourne à Montréal au printemps 85, cette fois au micro de la Chaîne culturelle.

Sa voix, tout un atout

Chanteur dans une chorale pendant l'adolescence et plus tard étudiant au conservatoire en chant choral, l'animateur de télévision ne se doutait pas que cet intérêt allait jouer un rôle déterminant dans sa carrière.

Autant la voix a pu me servir au début, autant elle m'a servi dans des moments critiques lorsque je suis passé de la télé à la radio. J'arrivais dans un média que je ne connaissais pas. Il fallait que je me serve de quelque chose. Je ne misais que là-dessus pendant que mes oreilles étaient grandes ouvertes pour écouter comment faisaient les autres, comment ça marchait la radio. J'ai appris à faire fonctionner cette voix-là. La voix a toujours été importante.

Michel Keable

Même la télévision allait profiter de ce talent, entre autres pour les émissions Découverte et Les beaux dimanches. « J'ai fait 25 ans d'autopublicités pour la télévision de Radio-Canada, pour la mise en valeur de nos émissions. Cela a été un parcours parallèle à ma carrière à la radio. »

Une carrière bien remplie

Michel Keable retient deux grands moments de son parcours : le Concours international Tchaïkovski à Moscou et la production d'une émission sur la préhistoire humaine.

Il a couvert le Concours international Tchaïkovski à Moscou en 1990, l'un des plus grands concours mondiaux de musique. « Ça a été une semaine gigantesque pour moi. »

À la fin des années 90, il a convaincu ses supérieurs de réaliser une série sur la préhistoire humaine. « Nous sommes partis deux en France et nous avons fait le tour du pays pour rencontrer les grands spécialistes de l'époque », raconte-t-il. Diffusée en 2000, la série a été malheureusement peu mise en valeur à cause de la grève des techniciens de Radio-Canada.

L'avenir du classique sur la chaîne publique

Lorsqu'on lui demande de s'exprimer sur la place qu'occupe la musique classique à Radio-Canada, Michel Keable croit qu'elle est « en changement constant. Je vois encore une situation où l'on essaie de trouver la meilleure façon de faire les choses. Les moyens sont de plus en plus réduits, c'est très malheureux. »

Michel KeableMichel Keable Photo : Radio-Canada

Toutefois, il regrette surtout la diminution constante des investissements dans les émissions de musique classique.

On a perdu des sommes considérables qui étaient investies dans la captation de concerts. C'est de l'argent qui va aux musiciens, au milieu. On avait un rôle important de soutien envers les musiciens.

Michel Keable

Même si Radio-Canada a cessé d'exercer ce rôle, Michel Keable estime « qu'il reste des gens en poste qui y croient énormément et qui font un maximum d'efforts pour faire valoir le classique ». Il cite entre autres l'animatrice Françoise Davoine.

On compte sur l'énergie de chacun. Ça devient une charge qu'on porte individuellement. Heureusement, il y a à la chaîne en ce moment des passionnés qui y croient beaucoup. Il ne faut pas que les espaces dévolus à la musique classique rapetissent. Le soutien à la musique classique passe par les artisans.

Michel Keable

L'espace dévolu aux Révélations Radio-Canada est aussi une vitrine intéressante, puisque le musicien classique mis en valeur se trouve sur les autres plateformes de la société. « On sort de notre propre tribune », déclare l'animateur.

Tout au long de sa carrière, Michel Keable a su communiquer son amour de la musique classique dans un français impeccable.

« La retraite n'était pas prévue. C'est sûr qu'elle était quand même dans l'air, raconte-t-il. J'aimerais continuer à faire du micro de façon différente, moins contraignante aussi. Je suis ravi de partir en ayant l'impression d'avoir fait le tour d'un beau jardin. »

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