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Des places publiques méconnues qui méritent le détour

Radio-Canada

Certaines sont là depuis longtemps, mais sont peu connues, certaines sont traditionnelles, d'autres n'ont rien de classique. Toutes les places publiques, comme la place d'Armes ou le square Victoria, contribuent à définir Montréal. En voici quelques-unes qui gagnent à être connues.

Texte et photos d'Anne-Louise DespatieTwitterCourriel

L'architecte de paysage et professeur Bernard St-Denis, avec qui nous faisons la tournée, a un faible pour les places publiques discrètes. « Je suis attiré par les espaces à petite échelle qui sont souvent des passages dans la ville, à l'intérieur des îlots. Il y a là quelque chose de particulier et souvent ces endroits réservent des surprises », explique le professeur de l'École d'urbanisme et d'architecture de paysage de l'Université de Montréal.

Le parc Hydro-Québec (à côté du Théâtre du Nouveau Monde), Le Cours Le Royer (entre le Boulevard St-Laurent et la rue Saint-Sulpice), le square Dalhousie et le belvédère du Chemin-qui-marche (dans le Vieux-Montréal) sont de beaux exemples.

Pour consulter la carte sur votre appareil mobile, cliquez ici.

Le parc Molson, inspiré des squares du XIXe siècle, est un incontournable. Bien connu des résidents de Rosemont, il vaut le déplacement. « D'expérience, je dirais qu'on n'en trouve pas beaucoup des squares génériques comme celui-là, aussi agréable et qui respire. C'est un espace accueillant qui ne demande qu'à être occupé. Dans ce cas-là, c'est l'échelle, le plafond vert et tout le reste, mais c'est aussi la vie sociale, de voir tous les gens qui sont installés sur les bancs, qui jouent parfois aux cartes ou à la pétanque ».

Pour d'autres raisons, le square des Frères Charon (à l'extrémité sud de l'avenue McGill) est une autre belle place publique de Montréal. Ce site d'un ancien moulin à vent donne envie de flâner dans un décor évoquant la prairie d'autrefois. Une structure en bois permet d'avoir une vue en surplomb sur la place.

L'architecte de paysage et professeur Bernard St-Denis à la Forêt urbaine à côté du musée McCord. Photo : R-C/Anne-Louise Despatie

Quand les places empruntent la rue

Depuis quelques années, des musées montréalais s'approprient une rue voisine pour créer une place publique estivale. Cette année, le Musée McCord a installé une Forêt urbaine artificielle conçue par Paula Meijerink et Thierry Beaudoin. Le vent dans les branches roses et bleues lui donne vie. Il y a un piano, une balançoire et des tables de pique-nique assorties.

Au Musée des Beaux-Arts, un labyrinthe coloré sur la chaussée mène vers différentes sculptures.

« Cette tendance à récupérer la voie publique devient de plus en plus populaire. Times Square, c'est un exemple parfait. On n'aurait jamais imaginé pouvoir récupérer cet espace-là et le redonner aux piétons, mais ça a été fait, et aujourd'hui tout le monde applaudit cette initiative à New York. »

Des citoyens adoptent les terrains en friche

Caroline Magar préfère un autre genre de places. Celles que les citoyens se font. La jeune femme qui est coordonnatrice du développement du Champ des possibles se passionne pour cette friche urbaine végétalisée située dans le Mile-End. C'est un acre et demi de prairie, un site naturel, que les citoyens fréquentent comme une place publique nouveau genre. La Ville de Montréal a acheté ce terrain qui appartenait au CP.

Caroline Magar au Champ des possibles Photo : R-C/Anne-Louise Despatie

« C'est le plus bel exemple d'une appropriation citoyenne et l'expression de la nature sauvage au coeur de la ville. Une biodiversité très rare en pleine ville, où les végétaux ont été laissés un peu à eux-mêmes pendant des décennies. Une diversité unique, puisque les trains qui sont passés près de ces terrains à usage industriel ont apporté des pollens et des végétaux provenant d'ailleurs au Canada. On y retrouve entre autres l'asclépiade, qui assure la survie des papillons monarques », résume Caroline Magar, coordonnatrice du développement du Champ des possibles.

Nos découvertes et les vôtres

Faites-nous connaître les petites places et parcs que vous aimez en les épinglant sur cette carte. Pour ce faire, cliquez ici (Nouvelle fenêtre) et ajoutez un repère sur la carte.

Pour consulter cette carte sur votre appareil mobile, cliquez ici (Nouvelle fenêtre).

C'est le conseil municipal qui a la responsabilité de nommer les espaces publics de Montréal. Les endroits qu'on définit comme « parc » ont parfois plutôt les caractéristiques de « places » ou de « squares », c'est à la discrétion des élus. Pour en savoir plus sur l'origine des noms de places publiques et de parcs à Montréal, cliquez ici. (Nouvelle fenêtre)

Le reportage d'Anne-Louise Despatie

Quelques définitions

Place : voie de communication donnant accès à un espace public découvert et plus ou moins vaste ou entourant ce dernier.

Square : petit jardin public, généralement situé sur une place et entouré d'une grille.

*À partir du 19e siècle, sous l'influence du terme anglais square, le terme carré a été utilisé au Québec pour désigner des espaces publics découverts. Cet emploi du terme « carré » est encore vivant dans la langue courante, surtout à l'oral, pour désigner certains squares d'importance historique, notamment dans la région de Montréal.

Parc public : espace vert aménagé dans une agglomération en vue de l'agrément de sa population.

Cours : large voie de communication servant de promenade.

*Ce terme est relativement récent au Québec et, même s'il est encore très peu utilisé, il constitue un substitut valable, dans certains cas, à promenade. Cette voie se situe dans une agglomération et comporte certains éléments d'aménagement comme des arbres, des pelouses, etc.

Belvédère : lieu aménagé sur un terrain élevé, offrant un point de vue remarquable sur le paysage environnant.

Source : Commission de toponymie du Québec

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