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Radio maritime en Gaspésie : la fin d'une époque

Le havre de pêche de Rivière-au-Renard quai Marinard bateaux usines
Le havre de pêche de Rivière-au-Renard Photo: Isabelle Larose
Radio-Canada

La fermeture du Centre de services de communication et de trafic maritimes de Rivière-au-Renard, prévue le 29 juin, fait est toujours contestée. Jeudi matin, syndicat, pêcheurs et le député fédéral de Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine se sont réunis pour lancer un nouveau cri d'alarme à quelques jours de la fermeture de la radio maritime.

Le représentant syndical des employés du centre, Victor Chiasson-Lebel, le pêcheur et conseiller municipal de Rivière-au-Renard, Réginald Cotton, le directeur de l'Association des capitaines-propriétaires de la Gaspésie, Jean-Pierre Couillard, ainsi que le député néodémocrate Philip Toone ont répété que cette station est essentielle pour assurer la sécurité des pêcheurs et des plaisanciers dans le golfe du Saint-Laurent.

Après le 29 juin, ce sera le centre des Escoumins, en Haute-Côte-Nord, qui prendre le relais pour répondre aux appels des marins. Le centre fusionné nord-côtier recevra ainsi le signal de près de 20 antennes dans l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent, y compris l'archipel madelinot et la baie des Chaleurs. Six des seize postes de la station de Rivière-au-Renard seront transférés de l'autre côté du fleuve.

Il va y avoir une catastrophe! Pour la sécurité, le gouvernement Harper n'aurait jamais dû toucher à ça. C'est un fleuron de la Garde côtière la station de Rivière-au-Renard.

Réginald Cotton, pêcheur et conseiller municipal de Rivière-au-Renard

Les pêcheurs gaspésiens craignent pour leur sécurité future, affirmant que les appels d'urgence émis loin des Escoumins seront mal compris, en raison des limites des fréquences radio. Ils appréhendent également le fait que les fréquences les plus lointaines ne soient pas entendues si plusieurs communications sont faites simultanément.

La méconnaissance du territoire gaspésien et des dénominations locales pour désigner certains lieux est un autre des arguments des opposants à la fermeture de la radio maritime de Rivière-au-Renard.

La Garde côtière justifie la fermeture du centre de Rivière-au-Renard par la modernisation du système de communication.

Une longue tradition de radio maritime en Gaspésie

Dès le début du 20e siècle, le gouvernement fédéral reconnaissait la nécessité d'une radio maritime située sur le territoire gaspésien.

La toute première station de radio maritime au Canada a vu le jour en 1904 à Pointe-à-la-Renommée, dans le secteur Anse-à-Valleau, à l'ouest de Gaspé. La station Marconi a transmis lors du naufrage du Titanic des messages aux navires qui se portaient au secours des naufragés. Elle a aussi joué un rôle clé dans la surveillance des navires allemands dans l'Atlantique Nord lors des deux guerres mondiales.

Le phare de Pointe-à-la-Renommée a été déménagé au port de Québec en 1977, mais rapatrié à l'Anse-à-Valleau en 1997 grâce aux pressions d'un comité de citoyens. Blandine Poirier était du nombre.

« Il y avait eu un campement de l'armée qui était installé là entre 1914 et 1918, se remémore Mme Poirier. Ils se servaient de la station Marconi pour communiquer avec Gaspé, Québec et Ottawa. »

La station de radio maritime de l'Anse-à-Valleau a été transférée à Rivière-au-Renard dans les années 1950. Plus d'un siècle après son ouverture, ses jours sont comptés.

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