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L'Unité d'enquête indépendante du Manitoba est opérationnelle

De gauche à droite, Robert Taman, Nahanni Fontaine, le ministre Gord Mackintosh, le directeur de l'Unité d'enquête indépendante Zane Tessler et le chef de police de Brandon Ian Grant, le 19 juin 2015 à Winnipeg.

De gauche à droite, Robert Taman, Nahanni Fontaine, le ministre Gord Mackintosh, le directeur de l'Unité d'enquête indépendante Zane Tessler et le chef de police de Brandon Ian Grant, le 19 juin 2015 à Winnipeg.

Photo : Radio-Canada/Bert Savard

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le Manitoba a maintenant une unité civile opérationnelle dont le mandat, décrit comme le plus vaste au Canada, est d'enquêter sur les morts et les blessures graves qui impliquent des policiers.

Un texte de Ralph-Bonet Sanon TwitterCourriel

L'Unité d'enquête indépendante (UEI) a compétence sur les incidents impliquant un policier en service ou non. Elle doit aussi être avisée s'il y a des allégations voulant qu'un policier ait enfreint la loi, s'il fait l'objet d'une enquête interne ou s'il est visé par une plainte.

D'autre part, l'UEI a également le pouvoir de se saisir d'une enquête policière si elle juge cela d'intérêt public et de nommer un de ses membres pour qu'il supervise une enquête policière. L'Unité a autorité sur tous les agents de police au Manitoba, dont ceux des Premières nations, de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et des municipalités.

Quand des policiers enquêtent sur des policiers, personne n'y gagne.

Gord Mackintosh, ministre de la Justice du Manitoba

La création de l'UEI résulte des recommandations de la commission Taman. Celle-ci était chargée d'analyser l'enquête policière bâclée sur la mort de Crystal Taman, une femme tuée quand un policier hors service a embouti sa voiture à un feu rouge en 2005, à East St Paul, en périphérie de Winnipeg.

Crystal Taman, dans une photo déposée en preuve à l'enquête publique sur l'enquête policière et les poursuites criminelles menées contre l'agent Derek Harvey-Zenk.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Crystal Taman, dans une photo déposée en preuve à l'enquête publique sur l'enquête policière et les poursuites criminelles menées contre l'agent Derek Harvey-Zenk.

Photo : Commission Taman

« Je suis heureux aujourd'hui. C'est un jour plein d'émotions pour moi », a réagi le mari de Crystal Taman, Robert. « C'est un pas en avant qu'honnêtement, je ne croyais jamais voir, que j'ai maintes fois réclamé au fil des ans et pour lequel, après la commission, j'ai fait pression. »

De l'aide de Scotland Yard et de la CPI

Pour assurer son indépendance, l'UEI compte dans ses rangs d'anciens membres des corps de police de Calgary, de Winnipeg et de la GRC, de même que des représentants des Casques bleus, de la Cour pénale internationale et de Scotland Yard. Si elle en sent le besoin, l'UEI a le loisir d'embaucher des agents de police, anciens ou actuels, comme enquêteurs détachés.

Son directeur, Zane Tessler, a expliqué que les corps policiers l'aviseront directement s'ils ont besoin de l'UEI. Il décidera ensuite de la tenue d'une enquête de son unité. L'UEI a le pouvoir de déposer des accusations. Toute poursuite pénale sera menée par un procureur de la Couronne du Manitoba, par le Conseil privé du Manitoba ou par une autre province, selon le degré d'indépendance voulu. Ce fut décidé ainsi pour des raisons de rapidité, d'expertise et de coûts, a indiqué le ministre Mackintosh

L'UIE pourrait recevoir entre 30 et 50 avis d'incident par an, a estimé avec prudence son directeur. Son budget annuel est de 2,5 millions de dollars.

La conseillère gouvernementale Nahanni Fontaine, qui a été directrice de la justice à l'Organisation des chefs autochtones du Sud, a fait valoir que les demandes pour une unité d'enquête indépendante remontent à des décennies.

Elle a notamment évoqué la mort par balles policières de J. J. Harper en 1988, le rapport de la Commission d'enquête sur l'administration de la justice et les Autochtones de 1991, la mort par balles de Matthew Dumas en 2005, celle de Craig McDougall en 2008, la mort par pistolet électrique de Michael Langan en 2008 et la mort de Crystal Taman.

L'Association des chefs de police du Manitoba « appuie entièrement » l'Unité. « Nous nous attendons à ce que les affaires nous concernant soient gérées avec ouverture et transparence. Nous voulons rendre des comptes », a exprimé son représentant, le chef de police de Brandon Ian Grant.

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