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Nous devons repenser toute la question du port d'armes, affirme le président Obama

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Barack Obama

Barack Obama

Photo : Manuel Balce Ceneta

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Pour Barack Obama, la tuerie à caractère raciste survenue dans une église de Charleston où neuf personnes ont perdu la vie est l'occasion ou jamais, pour le peuple américain, de repenser la manière dont il envisage le problème de la violence par armes à feu.

Un texte d'Anne Marie LecomteTwitterCourriel

La mine sombre et préoccupée, le président américain a livré une allocution sentie, dans la foulée de ce qu'il a qualifié de tragédie. Une tragédie de plus, a-t-il déploré : « J'ai eu à faire ce genre de déclarations trop souvent. Des communautés comme celles-ci ont eu à endurer des tragédies comme celles-ci trop souvent ».

Nous n'avons pas tous les faits, mais nous savons qu'une fois de plus, d'innocentes personnes ont été tuées en partie parce que quelqu'un, qui voulait leur infliger du mal, n'a eu aucun problème à mettre la main sur une arme à feu.

Barack Obama

Et, d'ajouter Barack Obama, il est temps de prendre conscience que seuls les États-Unis font face à des tueries de ce genre. 

Ce type de violence de masse ne se produit pas dans d'autres pays développés, du moins pas à cette fréquence. Nous ferions erreur de ne pas le reconnaître. À un moment donné, il sera important pour le peuple américain d'y faire face et pour nous de changer la façon avec laquelle nous réfléchissons collectivement au problème de la violence causée par les armes à feu.

Barack Obama
Un homme se recueille non loin de l'église où s'est produite la tuerie à Charleston.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un homme se recueille non loin de l'église où s'est produite la tuerie à Charleston.

Photo : David Goldman

Ce sont des meurtres insensés, a déclaré le président américain, qui connaissait de nombreux fidèles de l'église Emanuel de Charleston, dont le révérend Clementa Pinckney, l'une des victimes de l'attaque, qui était également sénateur de l'État de Caroline du Sud.

« De dire que nos pensées et nos prières sont avec ces fidèles, leur famille et leur communauté n'est pas suffisant pour rendre toute la tristesse et la colère que nous ressentons », a déclaré le président américain.

M. Obama s'est dit convaincu que les Américains sauront s'unir, « toutes races confondues », contre les réminiscences des vieilles haines raciales exprimées par cette violence insensée.

Il y a quelque chose de particulièrement bouleversant à propos de la mort qui survient en un endroit où l'on cherche le réconfort et la paix, dans un lieu de prière.

Barack Obama
L'église Emanuel de CharlestonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'église Emanuel de Charleston

Photo : ? Brian Snyder / Reuters

Une église exceptionnelle

L'église Emanuel de Charleston est plus qu'une église, a expliqué en substance le président Obama, c'est un lieu de dévotion qui fut fondé au 18e siècle par des Afro-Américains en quête de liberté. Une église qui fut entièrement brûlée parce que ses fidèles s'efforçaient de mettre fin à l'esclavage. Une église où, quand furent interdits les rassemblements de membres de la communauté noire, les fidèles se sont réfugiés dans le sous-sol.

« C'est un lieu sacré dans l'histoire de Charleston et dans l'histoire des États-Unis », a affirmé le président.

L'église de style gothique est dotée de hauts plafonds et d'un ancien orgue importé d'Europe. Mercredi, lorsque le suspect s'y est introduit, un groupe de prière mené par le révérend Pinckney était en pleine étude de la Bible. Le suspect a assisté à la rencontre pendant une heure avant d'ouvrir le feu sur les fidèles.

Le fait que cela soit survenu dans une église noire soulève, de toutes évidences, des questions au sujet d'une partie sombre de notre histoire. Ce n'est pas la première fois que des églises noires sont attaquées. Et nous savons que la haine interraciale et interreligieuse constitue une menace particulière pour notre démocratie et pour nos idéaux.

Barack Obama

Un acte motivé par la haine et le racisme

Le président Obama a rappelé que plus d'un demi-siècle plus tôt, à des centaines de kilomètres de Charleston, c'est-à-dire à Burmingham, en Alabama, quatre petites filles avaient été tuées dans leur église. Une autre tuerie à caractère racial à la suite de laquelle Martin Luther King avait déclaré qu'il ne fallait pas uniquement se soucier de qui les avait tuées, mais qu'il fallait remettre en question le système, la manière de vivre, la philosophie qui produit de tels meurtriers.

La police locale de Charleston range le massacre survenu dans l'église Emanuel African Methodist Episcopal (AME) dans la catégorie des crimes haineux.

Selon le Washington Post, qui a colligé des données provenant du Southern Poverty Law Center, du FBI et d'autres sources, le taux de crimes haineux aux États-Unis demeure stable et les Noirs constituent le groupe le plus à risque de subir de la violence de nature raciste. Et ce, en dépit du fait que le nombre de groupes haineux en activité est à la baisse depuis quelques années en sol américain.

Selon le Bureau des statistiques juridiques des États-Unis, il se produit jusqu'à 300 000 crimes haineux chaque année dans ce pays.

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Armes à feu : entrevue avec Francis Langlois, chercheur associé à l'Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand

De Columbine à Virginia Tech

Par ailleurs, les États-Unis affichent un tragique palmarès de tueries étant l'oeuvre de ce que les policiers qualifient des « tireurs fous » ou « tireurs actifs ». Celle de Columbine, particulièrement, est demeurée en mémoire : un matin d'avril 1999, deux jeunes hommes ouvrent le feu sur les élèves de cette école secondaire de Littleton, au Colorado. Bilan : 13 morts. Les deux tireurs se sont suicidés. Les motifs de ce massacre n'ont jamais été élucidés. 

La police contrôle l'accès au stationnement de Virginia Tech, où une personne a été retrouvée morte.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La police contrôle l'accès au stationnement de Virginia Tech, où une personne a été retrouvée morte.

Photo : Matt Gentry

Il y en a eu beaucoup d'autres par la suite. Une étude du FBI, publiée en septembre 2014, a recensé 160 incidents impliquant un ou plusieurs tireurs fous entre les années 2000 et 2013.

Ces terribles événements ont causé la mort de 486 personnes et fait 557 blessés.

70 % sont survenus dans un commerce, une entreprise ou un établissement scolaire. 

Les tueries les plus meurtrières relevées dans l'étude du FBI sont :

  • École élémentaire de Sandy Hook et une résidence, décembre 2012, Newtown (Connecticut), 27 morts et deux blessés;
  • Cinemark Century, juillet 2012, Aurora (Colorado), 12 morts et 58 blessés;
  • Fort Hood Soldier Readiness Processing Center, novembre 2009, Fort Hood (Texas), 13 morts et 32 blessés;
  • Virginia Tech, avril 2007, Blacksburg (Virginie), 32 morts et 17 blessés.

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