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Sommet économique : le Saguenay-Lac-Saint-Jean prépare son avenir

Le premier ministre Philippe Couillard et le ministre Pierre Paradis
Le premier ministre Philippe Couillard et le ministre Pierre Paradis Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Plus de 300 personnes, des élus, des représentants des milieux des affaires, du tourisme, de l'agriculture, de l'industrie sont réunis à Alma, jeudi, pour définir les bases du développement économique du Saguenay-Lac-Saint-Jean pour les dix prochaines années.

Un texte de Chantale DesbiensTwitterCourriel

Le Sommet économique du Saguenay-Lac-Saint-Jean constitue le point culminant d'une démarche de consultation de plusieurs mois, au cours desquels 94 mémoires ont été déposés au gouvernement du Québec et près de 690 personnes ont exprimé leurs idées sur l'avenir de la région.

En ouverture de l'événement, le premier ministre Philippe Couillard a mentionné que les perspectives économiques de la région sont encourageantes, avec un taux de chômage qui est passé de 10,4 % à 6,9 % au cours de la dernière année.

« Aujourd'hui l'heure n'est pas à la partisanerie, a affirmé M. Couillard. L'heure est au ralliement des intervenants de la région pour améliorer la qualité de vie de nos concitoyens. »

Le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, a pour sa part insisté sur le défi démographique, qui doit demeurer une priorité, selon lui.

« Aujourd'hui il n'y a pas de bleu, il n'y a pas de rouge. On est tous des bleuets », a ajouté M. Cloutier.

Les participants au sommet échangent sur les thèmes de la consolidation et de l'accroissement des secteurs économiques structurants, la création de nouveaux piliers économiques et le renforcement des conditions de succès.


Un cri du cœur de Richard Garneau pour la forêt

Le président-directeur général de Produits forestiers Résolu (PFR), Richard Garneau, a profité de la tribune qui lui était offerte pour dénoncer une nouvelle fois le rôle négatif de certains groupes écologistes sur l'industrie forestière.

« La campagne d'intimidation et de menaces envers les clients fait en sorte qu'on perd des commandes », soutient M. Garneau. « Plus que ça, il y a certains clients qui nous demandent tout simplement de livrer à partir des usines américaines parce qu'ils veulent éviter d'avoir un impact sur leur marque de commerce. »

Le président-directeur général de Produits forestiers Résolu, Richard GarneauLe président-directeur général de Produits forestiers Résolu, Richard Garneau Photo : Radio-Canada

Richard Garneau a tout de même salué les efforts du gouvernement pour faire la promotion du régime forestier québécois à travers le monde.

Là-dessus, le ministre de Forêts, Laurent Lessard, a insisté sur l'importance pour les entreprises de retrouver leur certification environnementale FSC.

Les acteurs de l'industrie devaient se prononcer sur la pertinence de mettre en place un fonds visant à favoriser la 2e et 3e transformation du bois, mais tous ont rappelé qu'il ne fallait pas négliger la première transformation, qui est le moteur de l'industrie forestière régionale.

« Il ne peut y avoir de 2e et 3e transformations en santé si le secteur de la récolte et de la transformation sont malades », a souligné le préfet de la municipalité régionale de comté (MRC) Maria-Chapdelaine, Jean-Pierre Boivin.

Le directeur général du Conseil de l'industrie forestière, André Tremblay, a pour sa part misé sur l'importance des garanties d'approvisionnement pour assurer le développement des entreprises forestières.

Le ministre de la Forêt a aussi rappelé aux intervenants qu'il existe de nombreux fonds pour soutenir le développement de l'industrie forestière, mais que plusieurs ne sont pas utilisés.

« Je pense qu'il y a un petit ménage à faire dans les fonds, croit-il. Si un fonds n'est pas sollicité, quel est le problème? Est-ce parce que les règles sont trop sévères, ou ils manquent d'appétit ou ils manquent de liquidité eux-mêmes pour investir? »


Un traité nécessaire avec les Innus

Les Premières Nations ont été au cœur des échanges tout au long de la journée. Le chef du conseil de bande de Mashteuiatsh, Gilbert Dominique, a mentionné que sa communauté négocie depuis 35 ans un traité avec les gouvernements du Québec et du Canada. Il a rappelé que plusieurs partenariats ont déjà été établis avec des entreprises et des municipalités de la région.

Le chef du conseil de bande de Mashteuiatsh, Gilbert DominiqueLe chef du conseil de bande de Mashteuiatsh, Gilbert Dominique Photo : Radio-Canada

Le vice-président des opérations d'Arianne Phosphate, Jean-Sébastien David, a d'ailleurs insisté sur l'importance d'une entente territoriale avec les Innus.

« L'adoption d'un traité permettrait, nous en sommes convaincus, d'accélérer le processus d'instauration de mesures de développement socioéconomiques, et ce, sur une base gagnant-gagnant », dit-il.

Le ministre responsable des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, s'est fait rassurant sur les négociations en cours avec les Innus de Mashteuiatsh. « Le meilleur cadeau qu'on peut donner à la région ce serait un traité qui va donner une plus grande certitude dans nos relations. Ce n'est jamais facile, il y a des enjeux qui restent à régler, mais les indicateurs que j'ai de notre négociateur c'est qu'il garde espoir, ça va bon train », assure-t-il.


Un appui massif à la Société de la vallée de l'aluminium

Les dirigeants d'entreprises de transformation d'aluminium, les syndicats et Rio Tinto Alcan se rallient unanimement derrière la Société de la vallée de l'aluminium pour développer le créneau de la transformation de l'aluminium.

Les transformateurs ont réclamé des prix avantageux pour le métal liquide dans la région ainsi que du soutien pour la recherche.

Le chef des opérations de Rio Tinto Alcan Métal primaire, Étienne Jacques, et le député de Jonquière, Sylvain GaudreaultLe chef des opérations de Rio Tinto Alcan Métal primaire, Étienne Jacques et le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault Photo : Radio-Canada

De son côté, le chef des opérations de Rio Tinto Alcan Métal primaire, Étienne Jacques, a assuré les transformateurs que la multinationale aura de l'aluminium disponible avec les investissements qu'elle réalise pour accroître sa capacité de production.

Il a aussi rappelé l'importance de se démarquer des compétiteurs en matière de transformation afin de mettre en place des entreprises qui vont durer. « Si on veut créer de la richesse, il faut se différencier des autres », dit-il.

La question des tarifs d'électricité pour l'industrie a également été abordée par les intervenants. Le premier ministre Couillard a rappelé qu'il y a des limites en dessous desquelles la diminution des tarifs devient difficile.


Passer à l'action
Si tous les intervenants s'entendent pour former une nouvelle table de concertation sur le transport ferroviaire dans la région, plusieurs participants ont insisté sur la nécessité de passer à l'action parce que les problématiques sont connues.

Le maire de Saguenay, Jean Tremblay, estime qu'il faut faire l'inventaire de l'ensemble du réseau ferroviaire régional pour en connaître l'état. Cette idée a été appuyée par plusieurs élus.

Le ministre Denis Lebel a d'ailleurs interpellé le représentant du Canadien National pour que la compagnie modernise son réseau ferroviaire.

Il ajoute que si une table de concertation est nécessaire, il faudra de l'argent pour améliorer le réseau de transport. « Ça va prendre des sous et dans ce domaine-là, ce sont des millions de dollars », souligne M. Lebel.

Le directeur général de Port Saguenay, Carl Laberge, a proposé que la région se positionne comme porte d'entrée du Nord. Jean-Sébastien David d'Arianne Phosphate va dans le même sens et maintient que le Saguenay doit aussi faire partie des solutions de transport. « Nous avons développé la région grâce à notre Saguenay, il faut continuer de l'utiliser pour assurer notre prospérité », dit-il.


Développer l'agriculture nordique

Les représentants de l'industrie agricole ont insisté sur la nécessité de développer une appellation qui met en valeur la nordicité régionale pour la mise en marché de leurs produits.

Ils ont également insisté sur la nécessité d'investir dans la recherche pour développer le créneau de l'agriculture nordique.

Le maire de Saguenay, Jean Tremblay, s'est placé en porte-à-faux des autres intervenants dans le dossier de l'agriculture nordique. « Je pense que la spécificité nordique, moi j'en entends parler depuis 30 ans, dit-il. Quand une idée qui est véhiculée depuis 30 ans n'a pas encore accouché, il est peut-être temps d'en avoir une autre. »

De son côté, le député Alexandre Cloutier a exprimé le souhait que le Québec mette en place un nouveau modèle fiscal pour faciliter la relève agricole afin de contrer le phénomène d'accaparement des terres.

Au terme des discussions, le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Pierre Paradis, a assuré les producteurs agricoles qu'il défendra le maintien du système de gestion de l'offre auprès du gouvernement fédéral.

Il a également invité la région à choisir l'identité nordique ou boréale d'ici l'automne pour l'appellation qu'elle veut donner aux produits régionaux.

« Il y a d'autres régions qui ont déjà positionné leur spécificité régionale et il ne faut pas que la nôtre attende encore longtemps », a renchéri Philippe Couillard.

Le ministre Paradis a aussi annoncé la mise en place d'une bleuetière de recherche de 50 hectares, de l'argent pour appuyer la valorisation agricole de la gourgane et un ajout de 50 000 $ pour la recherche.


Miser sur le tourisme hivernal

Lors des discussions sur le tourisme, les intervenants se sont entendus sur la nécessité de mieux structurer le tourisme hivernal et de maintenir la taxe sur l'hébergement.

Le maire de Saguenay, Jean Tremblay, a aussi rappelé l'importance d'aller chercher les touristes de l'extérieur en misant, entre autres, sur les visiteurs de l'Asie. « Il y a 30 000 Japonais qui viennent à Québec, il n'y en a pas un qui vient dans la région. C'est de l'argent neuf », souligne-t-il.

En réponse au député de Chicoutimi, Stéphane Bédard, qui a lancé l'idée d'abaisser la limite nordique au 48e parallèle pour que l'industrie touristique puisse profiter de fonds supplémentaires, le premier ministre Couillard a mentionné qu'il songe à mettre en place une stratégie particulière pour les portes d'entrée du Nord que sont le Saguenay-Lac-Saint-Jean, l'Abitibi-Témiscamingue et la Côte-Nord.


Formation de groupes de travail

Deux groupes de travail seront formés au terme de la démarche pour optimiser les retombées de l'exploitation minière, ainsi que pour accompagner les entreprises dans l'appropriation des technologies numériques. 

Économie