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Fredericton écarte l'idée d'imposer le bilinguisme aux hauts fonctionnaires du N.-B. 

La commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick, Katherine d'Entremont

La commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick, Katherine d'Entremont

Photo : Radio-Canada/Michel Corriveau

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick écarte la recommandation de la commissaire aux langues officielles, Katherine d'Entremont, d'imposer le bilinguisme à tous les hauts fonctionnaires de la province.

Un texte de Michel Corriveau TwitterCourriel

La commissaire d'Entremont, dans son rapport annuel déposé jeudi, recommande au gouvernement de n'embaucher que des candidats bilingues aux postes de hauts fonctionnaires à compter de 2020. Elle estime que ces fonctionnaires doivent pouvoir s'exprimer dans les deux langues officielles parce qu'ils ont à communiquer avec les communautés francophone et anglophone.

« Si les membres de la haute fonction publique ne sont pas suffisamment bilingues, et bien, à ce moment-là, les fonctionnaires imposent leur langue aux citoyens et vraiment, ça doit être le contraire », affirme Mme d'Entremont. 

Ils doivent aussi gérer des équipes qui comprennent des employés dont la langue maternelle est le français ou l'anglais, et ils sont responsables de l'application de la loi sur les langues officielles. Ces hauts fonctionnaires comprennent les sous-ministres, les sous-ministres adjoints et les directeurs généraux. Ils constituent 3 % des employés de la fonction publique.

La commissaire d'Entremont recommande aussi que le bilinguisme soit une condition pour nommer les agents de l'Assemblée législative, dont, entre autres, l'ombudsman, la vérificatrice générale et le commissaire aux conflits d'intérêts.

Il est temps que le Nouveau-Brunswick se montre à la hauteur de son statut de seule province officiellement bilingue.

Une citation de :Katherine d'Entremont, commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick.

Le gouvernement rejette toutefois l'idée d'exiger le bilinguisme pour les futurs hauts fonctionnaires et agents de l'Assemblée législative, indique le ministre Donald Arseneault, responsable des langues officielles. 

La réponse du gouvernement aux recommandations de la commissaire ne s'est pas fait attendre.

« Au sujet que d'ici 2020, d'avoir une politique en place pour que ça soit 100 % des hauts fonctionnaires [qui soient bilingues] ce n'est pas quelque chose qu'on envisage », a déclaré le ministre Donald Arseneault.

L'opposition officielle ne s'est, quant à elle, pas prononcée sur le fond de la question.

« On va prendre le temps de voir toutes les implications de cela et comment le gouvernement peut l'appliquer aussi, donc on va prendre le temps de l'étudier », affirme la députée progressiste-conservatrice, Madeleine Dubé.

Les verts et les néodémocrates sont les seuls à appuyer les propositions de la commissaire.

Donald ArseneaultAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le ministre Donald Arseneault

Photo : Radio-Canada/Michel Corriveau

« Je suis un peu surpris que le gouvernement Gallant ait décidé de rejeter cette proposition. De l'avis du NPD, on a besoin d'avoir les programmes de formation partout dans la fonction publique pour que tous les fonctionnaires puissent développer leurs habilités de parler et travailler dans les deux langues officielles », a déclaré le chef du NPD, Dominic Cardy.

Par ailleurs, le ministre Arseneault a annoncé qu'il présentera sous peu le plan de la province pour la mise en oeuvre de la loi sur les langues officielles.

Légère diminution du bilinguisme

Dans son rapport, la commissaire publie des données qui montrent que seulement 50 % des hauts fonctionnaires sont bilingues. Mais dans certains ministères, c'est beaucoup moins. Ainsi, on apprend que seulement 11 % de hauts fonctionnaires au ministère des Finances sont bilingues. Il y en a 17 % au ministère de l'Énergie et des Mines, 31 % à Service N.-B., 38 % aux Ressources naturelles, et 40 % aux Transports et Infrastructures.

La commissaire d'Entremont déplore aussi l'absence de plan de mise en oeuvre de la loi sur les langues officielles au sein du gouvernement et des différents ministères, malgré une obligation légale.

Le rapport de la commissaire dresse aussi un portrait du bilinguisme dans la province. Après avoir doublé entre 1951 et 2000, le nombre de personnes bilingues a légèrement diminué de 2001 à 2011.

La majorité des personnes bilingues sont de langue maternelle française. Ainsi, 71 % des francophones sont bilingues, comparativement à 15 % des anglophones.

La commissaire note que l'abolition de l'immersion précoce par le gouvernement libéral de Shawn Graham a contribué à faire diminuer le bilinguisme chez les anglophones.

Taux de bilinguisme chez les hauts fonctionnaires :

  • Finances : 11 %
  • Energie et Mines : 17 %
  • Service NB : 31 %
  • Ressources naturelles : 38 %
  • Transports et infrastructures : 40 %

Manquement à la loi

La commissaire relève des « violations généralisées » de la loi sur les langues officielles par la Ville de Miramichi.

En 2011, le précédent commissaire aux langues officielles avait rappelé à Miramichi son obligation de publier ses arrêtés et ses procès-verbaux dans les deux langues officielles. Mais depuis ce moment, rien n'a été fait par la Ville pour corriger la situation.

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