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L'Église anglicane du Canada s'excuse d'avoir caché les agressions sexuelles d'un de ses prêtres

Gordon Nakayama, dans une photo en noir et blanc datant de l'époque où il était prêtre pour l'Église anglicane du Canada.
Photo: ICI Radio-Canada
Radio-Canada

L'Église anglicane du Canada a exprimé ses regrets lundi pour le « comportement sexuel immoral » d'un de ses prêtres et s'est excusée pour ne pas avoir publié la confession faite il y a une vingtaine d'années par le membre de son clergé qui avait admis avoir agressé sexuellement des paroissiens.

Le cas de Gordon Nakayama n'a jamais été rapporté à la police, mais a fait l'objet du roman anglophone The Rain Ascends, écrit par sa fille, Joy Kogawa.

L'ancien prêtre a travaillé auprès des communautés japonaises de la Colombie-Britannique et de l'Alberta. Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, il a suivi ses paroissiens d'origine japonaise de Vancouver aux camps d'internement.

À l'époque, des rumeurs voulaient qu'il eût agressé de jeunes hommes et des garçons, mais ce n'est que plusieurs décennies plus tard qu'il a admis ses torts par écrit aux responsables de l'Église.

« J'ai fait des erreurs. Ma vie morale avec mon comportement sexuel. Je m'excuse sincèrement pour ce que j'ai fait à tellement de gens », écrit-il dans sa confession envoyée à l'Église anglicane du Canada en 1994.

Une confession enterrée

Plutôt que de rapporter cette confession à la police, l'Église l'a enterrée, car, dit-elle, c'est ce que voulaient ses paroissiens à l'époque.

Gordon Nakayama a été ordonné en 1934 et a quitté l'Église en 1995 après qu'il eut été accusé d'immoralité par l'archevêque de Calgary.

Mary Kitagawa Photo : ICI Radio-Canada

L'Église anglicane dit maintenant regretter les torts causés par son ancien prêtre et s'excuse de ne pas les avoir dévoilés au public.

« Nous regrettons sincèrement que lorsque M. Nakayama était prêtre, il ait commis ces gestes et ait fait preuve d'un comportement sexuel immoral », affirme Melissa Skelton, l'archevêque du diocèse de New Westminster, en Colombie-Britannique.

« Nous exprimons notre profond chagrin devant le mal fait par M. Nakayama et nous nous excusons auprès de tous ceux dont la vie a été touchée », ajoute-t-elle.

Le nombre de victimes est incertain, mais l'Église croit qu'elles sont nombreuses.

Mary Kitagawa, qui a parlé au nom de ses oncles, qui étaient du nombre des victimes, a accepté les excuses de l'Église. « Je ne sais pas comment ces paroles seraient interprétées par les victimes ou même si ces paroles aideraient à guérir les plaies infligées par le curé Nakayama, dit-elle, mais je crois que ce processus est un bon premier pas, un début pour aider ceux qui ont été blessés et souffrent encore. »

Des victimes souffrent en secret

Aucune victime ne s'est prononcée publiquement lundi.

«  Malheureusement, il est impossible d'effacer le traumatisme subit, car les victimes sont actuellement très âgées et elles ont vécu avec ce traumatisme depuis leur jeunesse  », explique Mary Kitagawa. «  Elles ont enterré ce secret en raison d'une paralysie émotionnelle, d'une douleur née du mal et de la honte qui les force possiblement à cacher ce passé horrible.  »

Joy Kogawa, la fille de Gordon Nakayama Photo : ICI Radio-Canada

Gordon Nakayama est mort en 1995. Sa fille, Joy Kogawa, a pris connaissance des sévices qu'il avait commis quand elle était adolescente. Son roman décrit le combat d'une femme contre l'héritage du silence et de la honte après qu'elle eut découvert que son père, également un prêtre, avait agressé de jeunes garçons.

« Ce qui compte à cette époque de réconciliation, c'est de dire la vérité et parfois c'est ce qui est le plus difficile et pénible, mais, quand il y a réconciliation, c'est merveilleux », a dit Joy Kogawa depuis sa résidence de Toronto après la publication des excuses de l'Église anglicane du Canada, lundi.

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