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Adieu au 250, avenue Université

Les affiches de Radio-Canada ont été enlevées au 250, avenue Université à Moncton.
Les affiches de Radio-Canada ont été enlevées au 250, avenue Université à Moncton. Photo: Radio-Canada/Amélie Gosselin
Radio-Canada

Le 19 juin, Radio-Canada Acadie quitte ses locaux actuels, au 250 avenue Université, pour emménager au 165 rue Main, à Moncton.

Un texte de Louis MillsTwitterCourriel
Guy ThériaultGuy Thériault. ancien directeur régional de Radio-Canada Acadie

Radio-Canada était présente au 250, Université, depuis 1969. La station avait décidé de quitter ses locaux précédents, dans l'édifice de l'Assomption, parce qu'elle était en croissance, en particulier du côté de la télévision, se rappelle le directeur régional de l'époque Guy Thériault.

« y'avait pas l'espace voulu dans l'édifice de la société l'Assomption pour aménager un studio de télévision, surtout à l'époque où les exigences pour un studio de télévision étaient assez différentes de celles d'aujourd'hui. Les grilles d'éclairage étaient plus complexes et il fallait quand même qu'elles soient à une certaine hauteur par rapport au plancher et qu'on puisse encore circuler au-dessus de la grille d'éclairage pour faire les réglages. »

Au moment où Radio-Canada était à la recherche de nouveaux locaux, il a appris que le centre de loisirs de la paroisse l'Assomption, dans ce qui s'appelait alors la rue Archibald, pouvait être à vendre. L'immeuble a semblé parfaitement adapté aux besoins de la télévision. « . Y'avait, dans ce bâtiment diocésain, [...]un gymnase », explique Guy Thériault. Et, à notre avis, rien ne ressemblait plus à un espace de studio de télévision qu'un gymnase avec un plafond de 20-25 pieds de hauteur. »

Souvenirs d'employés : le centre culturel

Bernice LeBlanc, dont la retraite coïncide avec la fermeture de la station de l'avenue UniversitéBernice LeBlanc, dont la retraite coïncide avec la fermeture de la station de l'avenue Université Photo : Radio-Canada/Louis Mills

Bernice LeBlanc a été agente administrative pendant 27 ans à Radio-Canada, dans l'immeuble de la rue Archibald devenue Université. Nouvellement retraitée, elle est l'une des rares employées à avoir aussi fréquenté l'immeuble à l'époque où il était un centre de loisirs.

On venait ici pour des danses, je venais jouer du basketball dans le gymnase, tous les samedis matin c'était des quilles, en bas [...]. Les samedis après-midis, vers 2h l'après-midi, on présentait des films. C'était pas cher, à l'époque, 2-3 $ peut-être. Il y avait des chaises dans une salle, et je me rappellerai toujours, j'ai vu le film The Birds d'Alfred Hitchcock. Alors oui, cet édifice était un centre de loisirs pour moi, de sport, sans savoir que j'allais passer 27 ans à y travailler.

Bernice LeBlanc

Bernice LeBlanc a donc connu les deux époques de l'immeuble. Sachant qu'il est maintenant à vendre, l'ironie, selon elle, serait qu'il devienne un immeuble locatif et qu'elle revienne y vivre, pour y écouler sa retraite.

Souvenirs de Coup d'œil

L’émission de variétés Coup d’oeil.L’émission de variétés Coup d’oeil en sortie. Ancienne station de Radio-Canada Acadie à Moncton (250, avenue Université).

Katherine Kilfoil a animé, de 1981 à 1986, une émission phare de Radio-Canada Acadie, le magazine socioculturel Coup d'œil.

L'émission était enregistrée tous les jours dans le grand studio, la salle qui servait autrefois de gymnase.

Katherine Kilfoil a vu défiler une multitude d'invités dont certains lui ont laissé une impression durable, comme le boxeur acadien Yvon Durelle.

Parfois, l'émission était enregistrée devant public. C'était encore l'âge de la télévision. Assister à un enregistrement était toute une expérience pour bien des gens.

Moi le souvenir que j’ai, le décor était là, il trônait dans le milieu du grand studio et puis quand la porte s’ouvrait, avant même que l’enregistrement de l’émission commence, y’avait un peu une atmosphère magique, les gens arrivaient, voyaient ça et…Il y avait trois caméras, des caméramans, des techniciens qui s’affairaient, qui préparaient des accessoires et là, tu voyais le plateau, c’est là où tu allais rentrer dans la magie de la télévision. Les gens avaient souvent les papillons en rentrant.

Katherine Kilfoil

Souvenirs d'un météorologue

Le météorologue de Radio-Canada, William BourqueLe météorologue de Radio-Canada, William Bourque Photo : Radio-Canada

Le météorologue William Bourque se passe de présentations. L'une des personnalités les plus en vue de Radio-Canada Acadie, il a connu toutes les époques dans l'immeuble de l'avenue Université.

Il a commencé à y présenter la météo en 1981 alors qu'il était encore météorologue à Environnement Canada. Il arrivait en fin d'après-midi pour livrer la météo dans le téléjournal de l'époque. Il travaille plus régulièrement à Radio-Canada depuis qu'il a pris sa retraite d'Environnement Canada, en 1995.

Ce qu'il retient, de toutes ces années? Le changement technologique, entre autres.

On mettait des aimants sur les tableaux et c'était des affaires comme un frigidaire, du matériel comme ça. Et puis on écrivait sur les tableaux, c'était normal d'écrire. [...]Aussi, dans ce temps-là, on créait nos propres modèles. Là, on accepte ce que fait le super ordinateur. Pis y'en a plusieurs. Y'en a peut-être trop, des fois, parce qu'on a de la difficulté à dire c'est lequel le meilleur pis tout ce qui peut déterminer le succès de ça, c'est l'expérience.

William Bourque

La technologie précipite le déménagement

C'est d'ailleurs l'évolution technologique qui explique en bonne partie la décision de déménager au 165 rue Main, dans des locaux occupés précédemment par un magasin Zellers. Les changements technologiques, conjugués aux restrictions budgétaires, ont fait diminuer le nombre d'employés dans l'immeuble de l'avenue Université, devenu trop grand. Les nouvelles technologies modifient également les méthodes de travail, ce qui a rendu souhaitable, selon la direction, le regroupement des employés dans un vaste espace ouvert.

Si certains voient le départ de l'avenue Université avec un brin de nostalgie, l'ancien directeur régional, Guy Thériault, croit pour sa part qu'il était prévisible. « Le public ne comprend peut-être pas très bien qu'aujourd'hui, la télévision peut se faire à peu près n'importe où. La technologie a tellement évolué depuis mon temps, les éclairages dont on a besoin maintenant ne sont pas ceux qui étaient nécessaires en 1970, alors c'est un peu la difficulté que j'ai perçue moi dans les objections soulevées par rapport au déménagement. »

Les affiches de Radio-Canada ont été enlevées au 250, avenue Université à Moncton.Les affiches de Radio-Canada ont été enlevées au 250, avenue Université à Moncton. Photo : Radio-Canada/Michèle Brideau

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