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Gaz de schiste : la santé doit primer, selon la médecin-hygiéniste en chef du N.-B.

Dre Eilish Cleary

La Dre Eilish Cleary, médecin-hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick

Photo : Radio-Canada/Nicolas Steinbach

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La médecin-hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick, Eilish Cleary, parle du gaz de schiste pour la première depuis l'élection du gouvernement libéral de Brian Gallant.

« La décision d'imposer un moratoire jusqu'à ce qu'on comprenne les risques sur l'environnement, sur l'eau et la santé [de la fracturation hydraulique], je pense que c'est très sage », affirme la Dre Cleary.

Le moratoire sur la fracturation hydraulique imposé par les libéraux de Brian Gallant et la commission chargée d'étudier la question réjouissent la médecin-hygiéniste. Elle espère que la santé publique soit au coeur des décisions de ce nouveau gouvernement.

« C'est vrai pour cette industrie, mais d'autres aussi. Nous avons une procédure d'évaluation d'impact environnemental qui a été créée il y a 40 ans. C'était probablement une bonne façon de faire il y a 40 ans, mais nous savons maintenant que ce n'est pas assez pour protéger ou promouvoir la santé des gens. [...] Il faut faire des évaluations d'impact sur la santé [...]. Pour l'instant, nous n'avons pas ce mécanisme, cette procédure, et nous n'avons pas les ressources pour le faire. Le gouvernement veut faire des économies, et n'a pas d'argent pour la formation du personnel, mais si l'on veut développer [de grands projets], le gouvernement doit investir, et la province pourrait devenir un modèle pour le développement de ce genre de projet avec la santé publique », explique la Dre Cleary.

En 2012, Eilish Cleary a publié un rapport dans lequel elle soulignait un manque de données quant aux effets sur la santé et l'environnement de l'exploitation du gaz de schiste. Elle a choisi délibérément de ne pas parler de moratoire sur cette industrie par souci d'indépendance.

« Je me suis retenue d'écrire moratoire parce que c'était très controversé, c'était partisan, ça identifiait les gens en faveur ou contre [cette exploitation]. En tant que médecin de la Santé publique, je dois mettre la santé en premier malgré ce que les gens disent ou pensent. Les gens ont besoin de savoir qu'ils peuvent me faire confiance et que mon évaluation des risques et mes conseils sont basés sur mon expérience et mes connaissances. Donc, j'ai décidé de ne pas utiliser ce mot », précise Mme Cleary.

Stratégie politique ou de communication, le gouvernement de David Alward a attendu un autre rapport, favorable à l'exploitation du gaz de schiste, pour rendre public celui de la médecin-hygiéniste en chef.

« Au cours de l'histoire, la santé publique a été prise [au milieu] entre les inquiétudes de l'industrie, la politique partisane [...]. La Santé publique est souvent prise au milieu et sent des pressions de toutes les directions. Mais en tant que médecin de la Santé publique, mon rôle est de protéger la santé des gens, et donc même si c'est difficile, je dois garder la tête froide, faire mon travail essayer d'être le plus intègre que je peux. Il y a des jeux [politiques] et des comportements qui tentent d'ébranler [mon travail], mais j'essaye de rester au-dessus de la mêlée et faire du mieux que je peux », explique Eilish Cleary.

Le gouvernement de David Alward a décidé d'ignorer le rapport de la Dre Cleary et de permettre l'exploitation du gaz de schiste.

C'est arrivé en 2012 et nous devons maintenant regarder vers l'avant pour voir ce qu'on peut faire maintenant et créer la meilleure province en termes de santé publique et de protection de l'environnement et qui créera ultimement une meilleure économie.

Dre Eilish Cleary, médecin-hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick

Eilish Cleary n'a pas encore rencontré le nouveau ministre de l'Énergie, Donald Arseneault, mais une réunion est prévue au cours des prochaines semaines avec la commission chargée d'étudier la fracturation hydraulique.

D'après un reportage de Nicolas Steinbach

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