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Prévenir les agressions sexuelles

Les consultations parlementaires pour lutter contre les agressions sexuelles débutaient aujourd'hui.

Les consultations parlementaires pour lutter contre les agressions sexuelles débutaient aujourd'hui.

Photo : iStock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Enseigner aux jeunes femmes à prévenir une agression sexuelle diminue de moitié leur risque d'être violée l'année suivante, selon l'étude publiée dans le New England Journal of Medicine.

C'est la première fois qu'une formation sur la résistance fait l'objet d'une étude scientifique à grande échelle. 

L'étude menée par l'Université de Windsor a impliqué 893 étudiantes de trois universités canadiennes. La moitié d'entre elles ont reçu une brochure de sensibilisation, tandis que l'autre moitié a pris part à un programme de résistance contre les agressions sexuelles d'une durée de 12 h.

Les résultats sont éloquents:

Cliquez ici pour voir les résultats sur un appareil mobile (Nouvelle fenêtre).

La marge d'erreur de l'étude est de moins de 1 % et 2 %, selon le groupe : 451 femmes ont suivi le programme de résistance et 442 femmes n'ont pas suivi la formation.

Des étudiantes de première année des universités de Windsor, Guelph et Calgary ont participé au programme.

La chercheuse responsable de l'étude, Charlene Seen, explique le succès de la formation par l'accent qu'elle met sur des notions autres que la défense physique.

« Nous enseignons aux jeunes femmes des tactiques qu'elles pourraient utiliser avec des connaissances. »

— Une citation de  Charlene Seen, chercheuse

Seule une session sur quatre est en fait consacrée à l'autodéfense.

Une stratégie gagnante, selon l'activiste féministe Julie Lalonde.

« Ça parle de la réalité qui est : ça va arriver avec quelqu'un que tu connais, ça va être dans un endroit social [...] si tu es à une fête et que quelqu'un vient te voir et veut vraiment t'isoler du groupe, c'est là que tu es à risque, et non pas quand tu marches le soir en retournant chez vous. »

— Une citation de  Julie Lalonde, activiste féministe

Sur les campus, plus de 90 % des agresseurs sont connus des victimes, selon Charlene Seen.

Le programme encourage d'ailleurs les jeunes femmes à lever la voix et à dire non lorsqu'elles se sentent inconfortables dans une situation. Une solution très simple, mais qui n'est pas envisagée par la plupart des gens, selon Julie Lalonde, en raison notamment de facteurs culturels qui encouragent les femmes à faire constamment preuve de politesse et de gentillesse.

Et les hommes?

Mme Lalonde pense qu'il est faux de dire que l'étude met encore le poids de la responsabilité sur les victimes.

La professeure Charlene Seen précise d'ailleurs qu'il est souvent trop tard à l'âge adulte pour changer la mentalité des hommes, les principaux agresseurs.

« Les meilleures études suggèrent qu'il faut agir plus tôt pour arrêter la perpétration de ce genre de crimes par les garçons. »

— Une citation de  Charlene Seen

À l'Université de Windsor, un programme de sensibilisation à des notions comme le consentement existe également.

Le programme de résistance est donc un outil à court terme, en attendant le changement des mentalités.

Selon l'étude, si 22 jeunes femmes suivent la formation, au moins l'une d'entre elles évitera une agression sexuelle.

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Ontario