•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Radicalisation : Québec passe à l'action

À l'avant-plan, un homme musulman assiste à la conférence de presse donnée par les ministres Lise Thériault et Kathleen Weil, accompagnées du maire de Montréal Denis Coderre

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Radio-Canada

Le gouvernement Couillard a déposé mercredi un projet de loi ambitieux qui vise la prévention de la radicalisation. La Commission des droits de la personne sera notamment mise à contribution pour enquêter dans le cas de discours haineux ou incitant à la violence.

Les actes radicaux survenus à Saint-Jean-sur-Richelieu et à Ottawa l'automne dernier ont forcé Québec à agir.

Le phénomène de la radicalisation est mondial, mais il est avant tout un drame humain avec, aux premières loges, les familles et les proches. Ces derniers ont un rôle primordial à jouer, notamment pour détecter les premiers signes de radicalisation d'un des leurs.

Philippe Couillard, premier ministre du Québec

Parmi les mesures prévues dans le projet de loi : le gouvernement veut modifier la Loi sur la protection de la jeunesse pour prévenir les crimes d'honneur et les mariages forcés des mineurs.

Ainsi, les mariages entre personnes de 16 ou 17 ans devront être autorisés par un juge. La Direction de la protection de la jeunesse aura aussi plus de pouvoir pour intervenir, avec l'ajout de la notion de contrôle excessif aux exemples de mauvais traitements psychologiques.

Plan contre la radicalisation

Parallèlement, le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal ont présenté un vaste plan de lutte contre la radicalisation, qui comprend 59 mesures. Une dizaine de millions de dollars sont consacrés à son application.

Québec met notamment en place une équipe intégrée à la Sûreté du Québec qui surveillera les réseaux sociaux pour détecter les messages haineux.

« Nous souhaitons ainsi augmenter la capacité de détection et d'anticipation des menaces afin d'identifier efficacement les personnes qui pourraient poser un risque à notre sécurité », a expliqué la ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, lors d'une conférence de presse donnée conjointement avec la ministre de l'Immigration, Kathleen Weil, et le maire de Montréal, Denis Coderre.

De l'aide au bout du fil

Par ailleurs, la ligne téléphonique de prévention de la radicalisation mise en place il y a quelques mois à Montréal est rendue disponible, dès aujourd'hui, partout au Québec, tous les jours, 24 heures sur 24. Cette ligne est gérée par un organisme sans but lucratif, le Centre de prévention à la radicalisation.

« Ce qu'on vise avec ça, c'est que les parents puissent appeler dans un endroit, qu'ils puissent poser des questions. Il faut être capable de recommander les parents, les amis. Il faut être capable de mettre les bons intervenants en place, et pas seulement la police », a affirmé la ministre Thériault. « Ça fonctionne en France, en Belgique. Ces lignes confidentielles rassurent et incitent les gens à s'informer, mais aussi à signaler. »

Depuis sa création il y a trois mois, le Centre de prévention à la radicalisation a reçu 128 appels de gens désireux d'avoir de l'information et de l'aide, selon le maire Coderre.

Toute personne désireuse de signaler une situation qu'elle juge inquiétante ou encore dans le but d'obtenir des conseils peut composer le 514-687-7141, ou encore le 1-877-687-7141.

Par la prévention et la détection, nous visons à empêcher des adolescents et des jeunes adultes de quitter le pays pour joindre des groupes extrémistes.

Lise Thériault, ministre de la Sécurité publique du Québec

Les enseignants et les intervenants dans le milieu scolaire recevront de la formation sur le phénomène de radicalisation.

« Ils seront mieux formés pour avoir de bonnes discussions », a expliqué la ministre de l'Immigration, Kathleen Weil. « Dans le cours d'éthique et de religion du gouvernement du Québec, d'ailleurs, il y a une nouvelle formation de prévue. C'est proposé par le ministère de l'Éducation. Donc il y a différentes façons d'engager une meilleure compréhension des uns et des autres. »

Une des mesures du plan vise également à financer une recherche en partenariat avec le Collège de Maisonneuve, à Montréal, qui va se pencher sur les facteurs qui mènent au processus de radicalisation. Plusieurs jeunes qui seraient partis combattre en Syrie aux côtés du groupe armé État islamique fréquentaient ce cégep. 

« Assurément, on se sent moins seul », a réagi la porte-parole du collège Brigitte Desjardins. « L'accent a été mis sur le collège de Maisonneuve ces derniers mois. Ç'a permis au gouvernement d'attacher les ficelles pour proposer le plan vraiment intéressant qu'ils ont présenté aujourd'hui. Mais pendant qu'il travaillait, nous on était dans l'action. Maintenant, on est plusieurs à être dans l'action. »

Le plan de lutte contre la radicalisation a été réalisé en concertation avec neuf ministères, des corps policiers et de représentants de communautés culturelles et d'ordres professionnels.

Le gouvernement Couillard a l'intention de conclure des ententes avec l'ensemble du Canada et des pays étrangers pour mener des actions concertées de lutte contre la radicalisation.

Plus près de nous, Québec instaure un partenariat entre les corps policiers, le ministère de la Santé et des Services sociaux et l'Ordre des travailleurs sociaux du Québec afin de trouver des ressources sur le terrain pour appuyer les policiers.

Politique