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Québec s'apprête à agir pour forcer les policiers à porter leur uniforme

Policiers critiqués pour leur tenue

Le premier ministre Philippe Couillard critique les policiers montréalais de ne pas avoir eu « l'élémentaire sagesse » de porter leur uniforme réglementaire à l'occasion des funérailles nationales de Jacques Parizeau mardi. « On travaille là-dessus », affirme M. Couillard, qui n'hésite pas à dire que « des actions risquent d'être nécessaires ». Il appert que la ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, envisage de déposer un projet de loi à cet effet à l'automne. 

Tant le maire de Montréal, Denis Coderre, que le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Marc Parent, réclament de Québec qu'il adopte une loi pour obliger les policiers à revenir à leur uniforme. 

Toute cette controverse vient du fait qu'un certain nombre d'agents du SPVM ont assuré la sécurité aux funérailles de M. Parizeau vêtus tantôt de pantalons de camouflage, tantôt de pantalons roses, voire de pyjama. Quantité de policiers étaient aussi coiffés de casquettes rouges. Rappelons qu'il s'agit de moyens de pression prescrits par la Fraternité des policiers depuis l'été dernier afin de protester contre les mesures législatives prises par Québec pour modifier les règles encadrant leur régime de retraite.

Pour Philippe Couillard, ce comportement est « décevant » et « regrettable » et porte offense aux policiers eux-mêmes.

« J'ajouterais la notion de respect non seulement envers M. Parizeau, mais envers la profession même d'agent de la paix ou de membre des forces policières [...], affirme M. Couillard. Il me semble qu'on dénature la profession, sa noblesse. »

Marc Parent prend le blâme

Le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Marc Parent, affirme qu'il faudra une loi pour intimer aux agents de revêtir leur uniforme habituel plutôt que « l'habillement loufoque » qu'un certain nombre d'entre eux arboraient, mardi, lors des funérailles de Jacques Parizeau.

Marc Parent accepte de prendre la responsabilité pour le fait que des policiers aient assuré la sécurité lors des funérailles en étant vêtus de pantalons de camouflage ou encore roses. En entrevue sur ICI Radio-Canada Première, mercredi matin, Marc Parent a déclaré : « Je le prends, le blâme, ultimement, c'est moi qui suis imputable ». 

Le chef de police reconnaît que, dans le cas des funérailles de M. Parizeau, personne au sein du corps de police n'a réclamé que les policiers portent leur uniforme réglementaire. Marc Parent précise qu'il n'a pas personnellement fait cette demande. Il explique que, règle générale, il aurait été de la responsabilité du service des opérations de faire cette demande. « On ne l'a pas fait », admet Marc Parent, qui rappelle que pareille requête avait été formulée à l'occasion des funérailles de Jean Béliveau et que les policiers avaient obtempéré. 

Dans le cas des funérailles de Monseigneur Jean-Claude Turcotte, en revanche, la Fraternité des policiers avait refusé et les policiers s'étaient habillés comme bon leur semblait. 

« Dans la majorité des cas, on a une fin de non-recevoir », dit Marc Parent relativement aux demandes que le SPVM fait à la Fraternité des policiers en matière d'habillement.

« Assez, c'est assez », déclare le maire de Montréal

Du côté de la mairie de Montréal, Denis Coderre est offensé de la tenue portée par les policiers municipaux lors des funérailles de M. Parizeau.

Je ne suis pas déchoqué. Nos policiers ont décidé de s'habiller et de se comporter "tout croche". [...] La Fraternité devrait présenter ses excuses à la famille Parizeau et à tous les Québécois.

Denis Coderre, le maire de Montréal

À l'instar de Marc Parent, le maire de Montréal réclame de Québec l'adoption d'une loi pour que les agents respectent le port de l'uniforme intégral.

« S'ils ne sont pas assez grands et qu'il faut les prendre par la main pour leur dire comment tu t'habilles quand il y a des funérailles d'État, alors à ce moment-là, ça nous prend une loi », dit le maire Coderre. 

La Fraternité des policiers refuse de commenter l'affaire.

Société