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Le BAPE appelé à se pencher sur le projet Énergie Est 

Le trajet de l'oléoduc Énergie Est de TransCanada (archives)
Le trajet de l'oléoduc Énergie Est de TransCanada (archives) Photo: La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Le ministre de l'Environnement, David Heurtel, se rend aux demandes de plusieurs groupes environnementalistes et citoyens, et mandate le BAPE pour examiner la portion québécoise du projet Énergie Est.

Plus d'un an après l'avoir promis, M. Heurtel a annoncé, lundi soir, un mandat en deux étapes, soit la création d'un comité d'experts, dont la composition sera validée par le BAPE d'ici la fin juin, et la réalisation d'une enquête et d'une audience publique.

Le comité « émettra au préalable un avis scientifique afin d'approuver les exigences de réalisation des travaux préliminaires de TransCanada et ainsi s'assurer que les conditions exigées par le Ministère sont adéquates et conformes aux meilleures pratiques », indique le cabinet dans un communiqué.

Les travaux vont débuter dès que la partie québécoise du projet d'Énergie Est sera confirmée ou que l'Office national de l'énergie (ONE) aura redémarré son processus d'évaluation. Le mandat inclura une évaluation des émissions de gaz à effet de serre de même que le plan d'intervention et de mesures d'urgence en cas de fuite ou de déversement terrestre et maritime.

Le BAPE devra également « consulter les communautés locales afin d'assurer l'acceptabilité sociale du projet, s'assurer que l'entreprise respecte les plus hauts standards techniques pour assurer la sécurité des citoyens et la protection de l'environnement. »

Le rapport devra être transmis au gouvernement au plus tard 60 jours avant le début des plaidoiries à l'ONE.

Le gouvernement indique également que TransCanada mènera des travaux « préliminaires » dès cet été au Québec, « consistant principalement en la réalisation de relevés sismiques en milieux terrestre et aquatique ainsi qu'en des sondages géotechniques en milieu terrestre, des travaux permettant à l'entreprise de finaliser le tracé de son projet d'oléoduc. »

Nature Québec se questionne

Le directeur général de Nature Québec, Christian Simard est d'avis que le mandat est un pas dans la bonne direction, mais il s'interroge sur plusieurs aspects du mandat confié au BAPE. Il dit ne pas comprendre pourquoi le rapport doit servir d'argumentaire devant l'Office national de l'énergie. « Normalement un BAPE doit servir à permettre au gouvernement du Québec de prendre une décision sur un projet et il n'est jamais arrivé que les travaux du BAPE  soient faits pour produire un mémoire auprès d'une autre instance », de faire remarquer l'environnementaliste.

Christian Simard s'interroge aussi sur la volonté de TransCanada de déposer une étude d'impact « complète et en français ». Autre questionnement sur le mandat relativement à l'évaluation des gaz à effet de serre. « Est- ce que le mandat portera uniquement sur l'impact durant la construction de la portion québécoise ou sur l'exploitation des sables bitumineux? » se demande-t-il. 

Il trouve aussi un peu particulier  « d'autoriser à la pièce des travaux préliminaires avant même que le BAPE puisse se pencher sur le projet ».

Les gaz à effet de serre, un enjeu majeur selon Greenpeace

Le gouvernement a déjà indiqué que l'étude ne tiendra pas compte des émissions de gaz à effet de serre émis par la production du pétrole des sables bitumineux qui coulera dans le pipeline, à raison de 1,1 million de barils par jour.

« Québec ne regarderait que 1 % des gaz à effet de serre de ce projet-là s'il regarde juste la portion québécoise », affirme Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie pour Greenpeace. « Il va falloir que ça change parce que ce serait un non-sens. »

« C'est un pas dans la bonne direction, mais il reste plusieurs choses à préciser », continue-t-il. « Il faut que le Québec ne tombe pas dans le panneau et prenne le temps de bien faire les choses. Il faut prendre le temps de consulter l'ensemble de la population, de regarder les gaz à effet de serre d'un point de vue global pour ne pas bâcler une évaluation environnementale qui est trop importante pour l'eau potable des Québécois et l'avenir climatique de la planète. »

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