•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le vélo, aussi une affaire de science

Cycle Devinci
Cycle Devinci Photo: Radio-Canada

Les fabricants de vélos rivalisent d'audace et d'innovation pour attirer l'attention des cyclistes qui sont de plus en plus nombreux sur les routes et les sentiers. Au-delà de la mécanique, la science fait partie intégrante du processus de conception.

Un texte de Frédéric TremblayTwitterCourriel

Les nouvelles générations de bicyclettes sont plus légères, plus solides, plus performantes que celles d'il y a dix ans. Les compagnies de vélos veulent sans cesse développer de nouveaux produits pour répondre à la demande des athlètes d'élite, mais surtout aux milliers de consommateurs.

Les fabricants, comme Cycle Devinci de Saguenay, misent sur un département de recherche et développement où les clés à molette et l'huile lubrifiante sont remplacées par des logiciels en 3D.

« Nous, on est vraiment des spécialistes dans la fabrication de cadres, dans la conception de cadres, explique le directeur du département recherche et développement de Cycle Devinci, Bruno Gauthier. Sur le vélo, il y a d'autres choses, il y a des mécanismes, il y a des dérailleurs, donc si on ne les comprend pas, c'est certain qu'on passe à côté d'un paquet de choses. »

Conception d'un vélo par ordinateur Photo : Radio-Canada

Les fabricants de vélo doivent créer le bon équilibre entre la structure d'une bicyclette et les pièces mécaniques.

En 2002, les ingénieurs de Devinci ont incorporé des capteurs et des senseurs sur un vélo de montagne. Ce cobaye sur deux roues permettait de récolter 36 000 données à la seconde.

À l'origine, le « pilote d'essai » devait porter un ordinateur portable d'une vingtaine de livres dans un sac à dos pour enregistrer les résultats en temps réel pendant l'expérience.

« Ces technologies étaient très avancées à l'époque pour faire l'acquisition des forces, précise M. Gauthier. Mais quand tu as les forces, c'est sûr que tu vas chercher à avoir d'autres données. Ça peut être des données de position, des données d'accélération, etc. Cela nous a permis de créer une bible d'informations techniques qui nous a été utile pendant plusieurs années après ces tests. »

Développer une nouvelle gamme de produits comporte toujours une part de risques pour un fabricant de vélo. Le processus nécessite jusqu'à deux ans de travail.

Cycle Devinci dispose d'un laboratoire doté de machines hydrauliques branchées sur des ordinateurs pour tester ses nouveaux produits et répondre aux critères de l'Union cycliste internationale (UCI) en ce qui a trait au poids des vélos de route destinés aux compétitions internationales.

Une expérience qui vaut son pesant d'or

David Veilleux a passé presque la moitié de sa vie sur un vélo. Premier québécois à avoir complété le Tour de France, en 2013, il a été engagé à titre d'expert-conseil par Cycle Devinci, lui qui vient tout juste de terminer ses études en ingénierie.

Son expérience comme cycliste de haut niveau lui sert bien lorsque vient le temps de tester de nouveaux produits.

« Je pense qu'il ne faut pas nécessairement être un cycliste professionnel, mais il faut aimer ça, souligne David Veilleux. En tant qu'ingénieur, je crois que l'idée derrière ça est de donner des paramètres, des caractéristiques en testant les cadres de vélos à l'intérieur et puis en les reliant avec des sensations qu'on peut percevoir. »

Des gadgets comme les dérailleurs électriques ou les pédales intelligentes sont disponibles depuis belle lurette chez les boutiques spécialisées.

À l'instar de la Formule 1 pour l'industrie automobile, les innovations technologiques développées aujourd'hui seront un jour accessible aux amateurs qui sillonnent les routes et les sentiers.

Saguenay–Lac-St-Jean

Science