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Les humains d'antan étaient d'apparence très diversifiée

Le crâne et la mandibule
Photo: Fabrice Demeter
Radio-Canada

Les premiers hommes modernes étaient morphologiquement très diversifiés, laisse à penser la comparaison d'un crâne et d'une mandibule découverts à quelques mètres de distance dans une grotte du Laos.

Le crâne, mis au jour en 2009 dans la grotte de Tam Pa Ling et décrit dans un article publié en 2012 dans les Proceedings of the National Academy of Sciences, est l'un des plus anciens fossiles d'hommes modernes du Sud-Est asiatique.

Sa découverte recule même de 20 000 ans la date de la présence de l'homme moderne dans la région. En effet, elle révèle que ces premiers humains qui ont migré vers les côtes et les terres du Sud-Est asiatique, après être partis d'Afrique, ont parcouru l'Eurasie plus tôt que ce que l'on ne pensait, entre 44 000 et 63 000 ans avant notre ère.

La mandibule trouvée en 2010 appartient à un second individu. Elle se situe dans le même intervalle de temps que le crâne. Elle a été étudiée par des anthropologues français et américains.

Contrairement à la morphologie moderne du crâne, la mandibule, de petite taille, possède à la fois des traits morphologiques archaïques et modernes, comme :

  • la présence d'un menton protubérant;
  • un corps d'une très grande robustesse.

Cet ensemble de caractères archaïques et modernes n'est pas rare dans le registre du fossile humain. D'autres fossiles africains, asiatiques et européens comme les néandertaliens présentent aussi cette combinaison de caractères.

Pour certains anthropologues, cette mosaïque de caractères montre que les hommes modernes qui ont migré vers de nouvelles régions se sont mélangés aux populations archaïques déjà présentes localement. Cependant, une explication bien plus simple serait de dire que les premiers Homo sapiens modernes présentaient, à cette époque, une très grande diversité morphologique.

Ces travaux de chercheurs du Muséum national d'histoire naturelle de France et de l'Université de Saint Louis au Michigan ont été publiés dans la revue Plos One.

Lucy avait un voisin!

Par ailleurs, des chercheurs ont découvert en Éthiopie les restes fossilisés d'une nouvelle espèce d'hominidé datant de 3,3 à 3,5 millions d'années, qui vivait à la même époque et au même endroit que Lucy, la célèbre australopithèque. Cette découverte apporte, selon l'anthropologue Yohannes Haile-Selassie du Musée d'histoire naturelle de Cleveland, la preuve que plusieurs sortes de préhumains cohabitaient déjà à l'époque.

Cette étude publiée dans le magazine Nature contredit l'hypothèse que Lucy serait « la mère de l'humanité » et notre ancêtre directe.

Les restes d'une mâchoire d'Australopithecus deyiremeda Photo : Laura Dempsey

L'Australopithecus deyiremeda

C'est l'analyse de mâchoires supérieures et inférieures ainsi que des dents isolées retrouvées en 2011 à 35 kilomètres de l'endroit où vivait l'espèce Australopithecus afarensis, à laquelle appartenait Lucy, qui a permis la nouvelle identification.

Les fouilles se sont déroulées dans l'Afar, région désertique située à l'est de l'Éthiopie et considérée comme l'un des berceaux de l'humanité.

La nouvelle espèce a été baptisée Australopithecus deyiremeda. En langue afar, deyi signifie « proche » et remeda veut dire « parent ».

Elle diffère de l'espèce de Lucy par la forme et la taille de ses dents et par l'architecture robuste de ses mâchoires inférieures.

Ce voisin est une nouvelle confirmation qu'Australopithecus afarensis n'est pas la seule espèce potentiellement ancêtre de l'homme qui vivait dans la région éthiopienne de l'Afar durant le Pliocène moyen.

Yohannes Haile-Selassie

Le saviez-vous?

Lucy, dont le squelette est complet à plus de 40 % avec 52 ossements, a été découverte en 1974. Vieille de 3,2 millions d'années et mesurant 1,10 mètre, elle était bipède, mais aussi grimpeuse. Son espèce vivait entre 2,9 millions et 3,8 millions d'années avant notre ère, et elle a régné sur une période plus étendue que l'Australopithecus deyiremeda.

Science