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Raif Badawi : Québec et Amnistie pressent le Canada d'agir rapidement

Le blogeur Raif Badawi
Le blogeur Raif Badawi
La Presse canadienne

Le gouvernement du Québec et Amnistie internationale pressent le Canada d'en faire davantage pour obtenir la libération du blogueur saoudien Raif Badawi et lui permettre de retrouver sa femme et ses trois enfants, qui sont réfugiés à Sherbrooke.

M. Badawi a subi un autre revers, dimanche, alors que la Cour suprême d'Arabie saoudite a confirmé sa peine de 10 ans de prison pour avoir critiqué le régime saoudien et l'islam et pour avoir violé les lois technologiques. La décision de la Cour suprême est finale et ne peut être renversée sans le pardon royal.

La ministre québécoise des Relations internationales, Christine St-Pierre, a affirmé en entrevue téléphonique, dimanche, que le Canada devrait « prendre le leadership » de la cause Badawi qui, rappelle-t-elle, suscite un mouvement d'appui partout dans le monde.

Elle a mentionné que le dernier recours juridique avait été épuisé, et qu'il faudrait donc maintenant passer à la prochaine étape, la pression politique. La ministre a d'ailleurs sollicité un entretien téléphonique avec son homologue fédéral, Rob Nicholson, le plus tôt possible.

Mme St-Pierre dit avoir parlé à la femme de M. Badawi, Ensaf Haidar, pour l'assurer de « l'appui inconditionnel » du gouvernement du Québec.

La responsable d'Amnistie internationale en Estrie, Mireille Elchacar, estime que le premier ministre Stephen Harper devait s'impliquer personnellement dans le dossier, soulignant que plusieurs autres pays qui étaient moins liés à cette affaire avaient sévi contre l'Arabie saoudite.

L'organisme ne demande pas à ce que le Canada renonce à ses ententes avec le royaume, mais le gouvernement doit immédiatement « ouvrir la machine diplomatique », a plaidé Mme Elchacar lors d'un entretien téléphonique avec La Presse Canadienne.

Selon elle, tout ce que le gouvernement canadien a fait jusqu'à maintenant, c'est d'adopter une motion - proposée par le Nouveau Parti démocratique - pour dénoncer la situation. « Ce n'est pas une fin, c'est un point de départ [...] On s'attend à ce qu'il y ait des démarches envers les différentes personnes en Arabie saoudite pour voir comment on peut le faire sortir, pour que le Canada dise [qu'il] est prêt à l'accepter en vertu de la réunification familiale [des réfugiés] », a-t-elle expliqué.

L'ancien ministre des Affaires étrangères du Canada John Baird et son successeur, Rob Nicholson, ont tous deux condamné la peine imposée à M. Badawi. Or, le bureau du premier ministre Harper répète depuis plusieurs mois qu'il est « limité dans ses actions » par le fait que M. Badawi n'est pas un citoyen canadien. « M. Badawi est en prison, c'est sûr que ça complexifie les choses. Mais Ensaf [Haidar] a fait une demande de réfugié et elle a été acceptée. On voudrait que M. Badawi aussi soit accepté comme réfugié. Et le Canada peut agir en disant qu'il est prêt à le prendre si l'Arabie saoudite le libère », a déclaré Mme Elchacar.

Christine St-Pierre reconnaît que certains efforts diplomatiques ont été déployés par le gouvernement fédéral dans les derniers mois, mais elle croit que le Canada doit intensifier ses pressions auprès de l'Arabie saoudite, notamment avec l'aide de ses pays alliés. « Nous sommes vraiment déçus de ce qui s'est passé, c'est une sentence qui est inhumaine, qui est cruelle et qui va à l'encontre des droits humains les plus fondamentaux », a tranché Mme St-Pierre.

En février, l'Assemblée nationale a adopté une motion à l'unanimité pour réclamer la libération du blogueur. Le premier ministre Philippe Couillard avait rencontré Mme Haidar et lui a assuré que le gouvernement ferait tout en son pouvoir pour plaider sa cause.

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