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Pipelines : l'Office national de l'énergie veut améliorer la confiance du public à son endroit

Trois membres de l'Office national de l'énergie, Mike Richmond, Lyne Mercier et Jacques Gauthier, écoutent des représentants du Conseil du patronat du Québec lors d'audiences sur le projet d'Enbridge, en octobre 2013, à Montréal.

Trois membres de l'Office national de l'énergie, Mike Richmond, Lyne Mercier et Jacques Gauthier, écoutent des représentants du Conseil du patronat du Québec lors d'audiences sur le projet d'Enbridge, en octobre 2013, à Montréal.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Radio-Canada

L'Office national de l'énergie (ONÉ) a mis fin il y a quelques jours à la première grande campagne nationale d'information de son histoire sans rencontrer les groupes de citoyens qui souhaitaient y prendre part. Toutefois, elle s'engage maintenant à corriger la situation.

Un texte de Sylvie Fournier Courriel

Dans une tournée sans précédent qui l'a mené aux quatre coins du pays, l'Office a rencontré des centaines d'élus, des Autochtones, des groupes environnementaux ainsi que divers organismes professionnels pour mieux faire comprendre sa mission.

Entraîné dans la controverse générée par les grands projets d'oléoducs au pays, l'organisme de réglementation fédéral ne cache pas qu'il souhaite améliorer la confiance du public à son endroit.

Mais cette confiance est déjà mise à l'épreuve. Lors de sa tournée au Québec, au moins deux groupes de citoyens touchés par les projets d'Enbridge et de TransCanada se sont vu refuser l'accès à ces rencontres.

Dans une lettre adressée au collectif Les Citoyens au Courant, de la région de Soulanges, l'ONÉ a justifié son refus en invoquant ses pouvoirs quasi judiciaires, « ce qui fait qu'il n'est pas approprié pour les représentants de l'Office de discuter de ces dossiers avec quiconque à l'extérieur du processus prévu à cet effet ».

Un risque de conflit d'intérêts

Or, au cours de la tournée, des membres de l'ONÉ appelés à siéger bientôt aux audiences sur le projet Énergie Est ont pourtant accepté de rencontrer des organismes ayant fait une demande de statut d'intervenant pour le même projet.

C'est notamment le cas du Conseil du patronat du Québec, qui est inscrit au Registre des lobbyistes du Québec afin de promouvoir le projet Énergie Est de TransCanada, un de ses membres.

Interrogé sur les risques de conflit d'intérêts, Jacques Gauthier, un des représentants de l'Office national de l'énergie qui a participé aux rencontres et qui siégera aux audiences sur le projet de TransCanada, admet que la démarche pose des questions d'éthique, mais tient à souligner que l'exercice n'a jamais dérapé.

« On a rapidement établi dans chacune de nos rencontres qu'on ne pouvait pas parler spécifiquement des projets comme Énergie Est parce que nous étions justement membres du panel », fait-il valoir.

Ça n'a jamais dérapé, au contraire. Je pense que les gens trouvaient ça respectueux qu'on sache qu'il y a une ligne, et qu'on l'explique. Et il n'y a personne qui a essayé de la transgresser.

Jacques Gauthier, membre de l'ONE

Équiterre a aussi eu droit à une rencontre privée. Sa porte-parole, Geneviève Puskas, reconnaît que l'invitation de l'ONÉ a causé un malaise au sein de l'organisme, qui a cependant décidé de l'accepter, pour montrer son ouverture.

Elle confirme que les discussions ont porté sur la mission générale de l'Office et qu'en aucun moment, ses membres n'ont enfreint leur devoir de réserve.

Un acte manqué

« Pourquoi avoir tant peur des citoyens quand on discute des choses non sensibles que sont les processus? » demande Lorraine Caron, membre du collectif Les Citoyens au Courant.

Elle estime que l'Office a manqué l'occasion d'entretenir le dialogue qu'il prétend vouloir engager auprès des citoyens, et lui reproche d'entretenir la méfiance du public, en manquant de transparence.

« Ils ont beaucoup d'informations, de démarches et de communications à faire [...] pour mieux informer le public. Je comprends cette ligne-là, mais en même temps, quand ils font les choses, ils font mal les choses », affirme Mme Caron.

Ils entretiennent d'une certaine façon la méfiance et ils entretiennent l'idée qu'ils ne sont pas transparents, et ils ne le sont pas.

Lorraine Caron, membre du collectif Les Citoyens au Courant

« On va poursuivre nos efforts, c'est sûr », insiste Jacques Gauthier. L'ONÉ considère que le dialogue avec les Canadiens fait désormais partie de sa mission. L'organisme n'a toutefois pas l'intention de rendre publics les procès-verbaux des rencontres tenues à ce jour.

Quelques heures après avoir répondu aux questions de l'équipe d'Enquête de Radio-Canada, l'Office a fait savoir que de nouvelles rencontres auront lieu au Québec au cours de l'été, et que le groupe Les Citoyens au Courant sera invité.

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