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Tentative de meurtre contre Malala : huit hommes « condamnés » libérés en douce

Malala Yousafzai, au balcon du Grand Hotel d'Oslo, le jour où elle a reçu le Prix Nobel de la Paix.

Malala Yousafzai, au balcon du Grand Hotel d'Oslo, le jour où elle a reçu le Prix Nobel de la Paix.

Photo : Suzanne Plunkett / Reuters

Radio-Canada

Huit des dix hommes que la justice pakistanaise dit avoir condamnés en avril pour la tentative de meurtre contre la jeune Malala Yousafzai ont en fait été acquittés avant d'être libérés en douce dans les semaines qui ont suivi, révèle le Daily Mirror au terme d'une longue enquête.

La supercherie a été découverte par le journaliste Chris Hugues, qui a tenté pendant des semaines de trouver où les 10 hommes avaient été emprisonnés à la suite de ce procès tenu derrière des portes closes, comme cela est le cas pour tous les procès touchant le terrorisme au Pakistan.

« Seuls deux [hommes] ont été condamnés; les huit autres ont été acquittés », a déclaré le chef de la police de la vallée de Swat, Azaad Khan, au journaliste du Mirror. Un autre responsable de la police de Swat, Saleem Marwat, a aussi confirmé l'information à la BBC.

Le Haut-Commissariat du Pakistan à Londres a également confirmé aux deux médias que huit hommes ont été acquittés en raison d'un « manque de preuves ». Un porte-parole, Muneer Ahmed, estime  que le jugement a toujours été clair et impute l'imbroglio aux médias.

Quelques heures après la publication de cette nouvelle, un responsable de la police de Swat, Salim Khan, a tenté d'autres explications sur cette affaire. « Pendant le procès, les dix suspects ont avoué devant le juge antiterroriste avoir joué un rôle dans l'attentat contre Malala, mais seuls deux d'entre eux, Izhar Khan et Israrullah Khan, ont été condamnés, tandis que les huit autres ont été relâchés le 30 avril 2015 [...] faute de preuves suffisantes », a-t-il dit.

En avril, un procureur de la vallée de Swat, Sayed Naeem, avait pourtant affirmé à Associated Press que « chaque militant avait écopé de 25 ans de prison » par un tribunal antiterroriste, pour meurtre et complot pour meurtre.

« C'est un gros mensonge », soutient aujourd'hui une source de sécurité du Mirror. « C'était une tactique pour se débarrasser de la pression médiatique, parce que le monde entier voulait des condamnations dans le dossier Malala. »

« Le procès n'avait absolument aucune crédibilité, puisqu'il n'y avait aucun témoin, sinon le procureur, le juge, l'armée et les accusés », ajoute cette même source. Selon elle, les huit hommes ont été libérés dans le plus grand secret pour « éviter un cirque médiatique ».

L'annonce de la « condamnation » des 10 hommes, le 30 avril, avait créé une certaine surprise, puisque personne ne savait que le procès avait lieu. Les autorités pakistanaises avaient seulement annoncé en septembre dernier leur arrestation en lien avec cette affaire, qui a eu des répercussions mondiales.

L'information n'avait jamais été démentie par quiconque depuis. Le jugement de ce procès, qui a eu lieu à Paitham, dans la vallée de Swat, selon le Mirror, n'avait jamais été rendu public non plus.

La BBC dit avoir vu ce jugement pour une première fois vendredi. On y indique que les deux hommes qui ont été reconnus coupables sont ceux qui ont fait feu sur la jeune militante pour le droit à l'éducation des filles le 9 octobre 2012.

Ce jour-là, des hommes sont montés à bord d'un autobus qui ramenait la jeune fille chez elle après une journée à l'école. Ils ont demandé qui était Malala Yousafzai et lui ont tiré dessus.

Malala, qui avait alors 14 ans et qui avait déjà acquis une grande notoriété pour son combat en faveur du droit des filles à une éducation, est demeurée inconsciente pendant plusieurs jours. Elle a été transférée à l'hôpital Queen Elizabeth de Birmingham, en Angleterre, pour y être traitée.

Elle a depuis récupéré et vit toujours à Birmingham, en raison des menaces de mort qui pèsent sur elle dans son pays d'origine. Son engagement, qui ne s'est jamais démenti malgré ce drame, lui a valu le prix Nobel de la paix l'an dernier.

Avec les informations de Daily Mirror, et BBC

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