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Le bruit des bottes résonne de nouveau en Ukraine

Le reportage de Raymond Saint-Pierre
Radio-Canada

Des combats mortels qui ont éclaté mercredi à la frontière ouest du territoire contrôlé par les rebelles prorusses font craindre une reprise tous azimuts des hostilités qui ont fait 6400 morts depuis avril 2014 en Ukraine.

Les affrontements ont eu lieu près de Mariinka, un village sous contrôle ukrainien situé à quelques kilomètres à l'ouest de Donetsk, l'une des deux principales villes de l'est de l'Ukraine sous contrôle des Prorusses, avec Louhansk.

Kiev affirme que cinq de ses soldats ont été tués dans des combats mercredi, dont quatre dans les environs de Mariinka. Les autorités prorusses ont pour leur part annoncé la mort de 14 combattants et de 5 civils.

Il s'agit des combats les plus violents dans le pays depuis que les rebelles prorusses ont pris le contrôle de Debaltseve, située entre Donetsk et Louhansk, en février, dans les jours qui ont suivi les accords de cessez-le-feu de Minsk II.

Le président ukrainien, Petro Porochenko, lors de son discours devant le Parlement.Le président ukrainien, Petro Porochenko, lors de son discours devant le Parlement. Photo : GI / SERGEI SUPINSKY

Dans son discours annuel au Parlement ukrainien, jeudi, le président Petro Porochenko a ouvertement évoqué la possibilité d'une reprise de la guerre.

Selon lui, plus de 9000 soldats russes se trouvent actuellement dans le pays.

« La menace d'une reprise d'actions militaires de grande envergure des groupuscules terroristes russes demeure gigantesque », a-t-il déclaré aux parlementaires.

« En raison de la menace permanente que la Russie lance une guerre totale contre l'Ukraine, la défense de notre pays demeure une priorité-clé », a-t-il poursuivi, en annonçant une hausse des budgets consacrés à cette fin.

L'armée doit être prête à une reprise de l'offensive ennemie dans le Donbass, mais aussi à une invasion généralisée le long de notre frontière avec la Russie. Nous devons vraiment nous y préparer.

Petro Porochenko, président de l'Ukraine

Les accords de Minsk II « sont en permanence menacés de voler en éclats à cause des actes des autorités de Kiev », a pour sa part affirmé le ministre russe des Affaires étrangères, cité par l'agence russe Interfax.

« Ce que nous avons observé ces dernières 24 heures en Ukraine est un rappel qui montre que la trêve est très fragile », a commenté le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg.

L'Union européenne estime de son côté que « l'escalade » des combats constatée mercredi est « la plus grave violation » des accords de Minsk II. Elle risque, dit-elle, d'enclencher « une nouvelle spirale de violence ».

L'Ukraine, d'un côté, et les rebelles prorusses et la Russie, de l'autre, s'accusent mutuellement d'être à l'origine de cette nouvelle flambée de violence dont la population locale fait les frais.

Une femme transportant une fillette marche devant un marché de Donestk endommagé par des bombardements.Une femme transportant une fillette marche devant un marché de Donestk endommagé par des bombardements. Photo : Alexander Ermochenko / Reuters

L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), chargée d'assurer le respect des accords de Minsk II, dit avoir observé le « mouvement d'un grand nombre d'armes lourdes dans les territoires contrôlés par la République populaire de Donetsk, généralement vers l'ouest de la ligne de front, près de Mariinka, avant et durant les combats ».

La mission de l'OSCE, basée à Donetsk, affirme avoir entendu environ 100 tirs sortants d'artillerie, provenant d'une zone située entre un et cinq kilomètres de Donetsk, à l'aube mercredi, ainsi que des tirs sortants de lance-roquettes multiples Grad. Elle a aussi constaté qu'au moins une douzaine de tanks se sont dirigés vers la zone où les combats ont éclaté.

L'Ukraine, déchirée entre l'Est et l'Ouest. Notre dossier
Avec les informations de Agence France-Presse, et Associated Press

International