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VIH : les Autochtones de la Saskatchewan durement frappés

Des communautés autochtones de la Saskatchewan ont un taux d'infection au VIH/Sida comparable à celui de certains pays africains.

Photo : ICI Radio-Canada

Radio-Canada

Le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) frappe de plein fouet les communautés autochtones de la Saskatchewan. CBC/Radio-Canada a appris que le taux d'infection au VIH chez les Autochtones de la province est 11 fois plus élevé que la moyenne nationale.

Dans la Première Nation Ahtahkakoop, dans le nord de la province, 3,5 % de la population est infecté par le VIH. Il s'agit d'un taux qui s'apparente à des pays africains, comme la Guinée-Bissau ou le Nigeria, selon la spécialiste de maladies infectieuses Mona Loutfy du Women's College Hospital à Toronto.

Les données les plus récentes de Santé Canada révèlent qu'il y avait 64 nouvelles infections pour 100 000 habitants dans les réserves indiennes comparativement à 5,9 cas pour 100 000 gens au pays. « Vous n'avez pas besoin d'aller en Afrique pour faire du travail humanitaire avec les séropositifs. Vous n'avez qu'à vous rendre en Saskatchewan », s'exclame Mona Loutfy.

Mona Loutfy qualifie la situation actuelle de « crise canadienne » tout en précisant qu'elle pourrait s'avérer encore plus critique, puisque les tests de dépistage ne sont pas toujours disponibles dans les régions éloignées. Elle visite des cliniques qui viennent en aide aux séropositifs dans la Première Nation Ahtahkakoop depuis juillet.

C'est incroyable. C'est choquant.

Mona Loutfy, spécialiste de maladies infectieuses

Ahtahkakoop refuse de baisser les bras

Il y a quatre ans, le gouvernement fédéral, responsable des services de santé offerts aux Autochtones, a informé la Première Nation Ahtahkakoop que 60 personnes des 1700 qui vivent dans la communauté étaient atteintes du VIH/Sida.

Le chef Larry Ahenakew dit que son conseil de bande s'est senti impuissant, mais a décidé de chercher de l'aide en adoptant une approche transparente pour freiner l'avancée du fléau.

J'avais peur lorsque j'ai vu les chiffres.

Larry Ahenakew, chef de la Première Nation Ahtahkakoop

« Nous ne cachons pas les chiffres. Nous informons tous les membres de réserve et nous prenons les actions pour stopper la transmission du VIH très au sérieux », affirme le chef. En Saskatchewan, le VIH se transmet le plus souvent par les utilisateurs de drogues injectables qui partagent des aiguilles.

Ahtahkakoop : « un exemple à suivre », selon une experte

Ottawa finance les coûts de dépistage et de traitement des séropositifs à Ahtahkakoop. Le fédéral éponge également les frais liés à un programme d'échange de seringues et la seule clinique de méthadone dans une réserve au pays. « Beaucoup de personnes prennent leurs médicaments correctement, alors elles ont un niveau indétectable de charge virale », indique Tanya Isbister, responsable du programme d'échange de seringues.

La docteure Mona Loutfy croit qu'Ahtahkakoop doit servir d'exemple pour les Premières Nations qui mènent une lutte contre la maladie au Canada. « C'est un modèle en or où on voit une communauté qui se prend en charge face au problème du VIH », explique-t-elle.

D'après des informations recueillies par Geoff Leo.

MERS

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