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Pensionnats autochtones : Stephen Harper parle d'« assimilation forcée »

Le président de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, le juge Murray Sinclair, serre la main à Phil Fontaine, ex-chef de l'APN. (En arrière-plan, de gauche à droite, le leader inuit Terry Audla, le chef de l'APN, Perry Belgrade, et le ministre des Affaires autochtones, Bernard Valcourt)

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada

Le premier ministre Stephen Harper refuse de souscrire à l'expression « génocide culturel » pour qualifier ce qui est survenu dans les pensionnats autochtones, comme il est écrit au premier paragraphe du rapport de la Commission de vérité et réconciliation (CVR).

Le chef conservateur a préféré employer l'expression « assimilation forcée » pour décrire ce sombre chapitre de l'histoire canadienne.

L'expression « génocide culturel » avait également été employée, il y a quelques jours, par la juge en chef de la Cour suprême du Canada, Beverley McLachlin, avant d'être reprise par les chefs des deux principaux partis d'opposition aux Communes, le néo-démocrate Thomas Mulcair et le libéral Justin Trudeau.

Je suis d'accord avec les conclusions du rapport et de la juge en chef de la Cour suprême : ce fut un génocide culturel.

Justin Trudeau

Le bureau du premier ministre n'a pas précisé si le refus de M. Harper d'utiliser l'expression « génocide culturel » en Chambre signifiait qu'il n'y souscrivait pas.

Le ministre des Affaires autochtones et du Développement du Nord canadien, Bernard Valcourt, a de son côté déclaré que « se réconcilier ne veut pas dire pardonner et oublier, mais se souvenir et changer ».

« Il est temps de passer à l'action »

À la suite de la publication des conclusions de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, le chef de l'Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde, croit qu'il est temps de « passer à l'action » et d'aller au-delà des promesses.

« L'heure de la réconciliation est venue », a-t-il déclaré mardi matin en réaction au rapport de la commission.

Perry Bellegarde a estimé que les excuses présentées en 2008 par le gouvernement Harper aux anciens élèves des pensionnats avaient constitué un temps fort pour le pays. « Toutefois, ces excuses appellent à l'action, si on ne veut pas qu'elles deviennent creuses et sans signification. Ensemble, nous pouvons et devons agir en vue d'un avenir meilleur pour nous toutes et nous tous », a-t-il ajouté.

Cette déclaration va dans le sens du rapport de la commission, déposé mardi matin à Ottawa, qui stipule que les excuses historiques du premier ministre canadien Stephen Harper, il y a sept ans, n'ont pas eu d'effets concrets auprès des communautés touchées.

Une expérience difficile, mais inspirante

Murray Sinclair, premier juge autochtone au Canada et président de la commission, a été accueilli par une longue ovation au moment de présenter le rapport. Pour en arriver à déposer ses recommandations, la commission a oeuvré six ans et entendu les témoignages de près de 7000 victimes et responsables de pensionnats autochtones.

« L'épisode des pensionnats autochtones est un des chapitres les plus sombres et les plus troublants de notre histoire collective », a relaté M. Sinclair, qui a qualifié la commission « d'expérience difficile, douloureuse, mais inspirante ».

Selon lui, le Canada a sans contredit participé à un « génocide culturel » pendant plus d'un siècle.

Ils [les Autochtones] ont été privés de leur amour-propre, ils ont été privés de leur identité. Leurs histoires – plus de 6750 en tout – font maintenant partie de l'histoire qui ne sera jamais oubliée ni ignorée.

Murray Sinclair

M. Sinclair estime qu'un engagement à l'échelle nationale est nécessaire afin de faire changer les politiques. « La réconciliation n'est pas un problème autochtone, c'est un problème canadien. Cela nous concerne tous », a-t-il affirmé.

Les Églises savent que les excuses sont insuffisantes

Mgr Fred Hiltz, primat de l'Église anglicane du Canada, a émis une déclaration commune avec des représentants des Églises presbytérienne, unie et catholique.

Il a souligné que les violences sexuelles, physiques et émotionnelles subies par des enfants vulnérables dans des écoles administrées par des Églises ont bien été documentées dans les travaux de la Commission de vérité et réconciliation.

« Nous savons et déclarons que nos excuses ne suffisent pas », a-t-il dit.

Avec les informations de La Presse canadienne

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