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Tragédie de Moncton : les policiers déplorent toujours le manque d'armes et de formation

Les trois cercueils des policiers tués lors de la fusillade à Moncton

Les trois cercueils des policiers tués lors de la fusillade à Moncton

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des agents de la GRC qui sont intervenus il y a un an dans le quartier de Moncton-Nord, assiégé par Justin Bourque, estiment que la police fédérale a échoué à les armer et à les former adéquatement.

Trois agents de la Gendarmerie royale du Canada ont perdu la vie et deux autres ont été blessés le 4 juin 2014 lorsqu'un homme lourdement armé a tiré sur eux. Le suspect a été arrêté au terme d'une chasse à l'homme de près de 30 heures et pendant laquelle les résidents d'un quartier de la ville ont été confinés dans leurs maisons.

D'après des policiers qui ont parlé à La Presse Canadienne sous le couvert de l'anonymat, ils ne disposent toujours pas de carabines semi-automatiques et craignent pour leur sécurité. Les policiers craignent qu'en s'exprimant publiquement sur cette question, ils perdent leur emploi.

Pourtant, un rapport publié il y a quelques mois recommandait justement que les policiers soient mieux outillés, qu'ils reçoivent une meilleure formation et surtout, qu'ils soient plus lourdement armés.

Justin Bourque était caché entre des arbres et un grillage dans une cour arrière de cette rue dans le quartier de PinehurtsAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Justin Bourque était caché entre des arbres et un grillage dans une cour arrière de cette rue dans le quartier de Pinehurts

Photo : Thomas Gernet

Un autre policier affirme que ses collègues et lui possèdent une puissance de feu inférieure à celle des criminels et sont de plus en plus amers, les policiers déplorent qu'il n'y ait eu aucune réponse à leurs appels répétés pour avoir des armes plus efficaces. La plupart des officiers n'ont pas de carabine ou de formation sur la manière de les utiliser. Une carabine a une plus longue portée qu'une arme de poing.

Des changements à pas de tortue

Un des policiers qui s'est confié à La Presse Canadienne et qui a été témoin de la mort d'un collègue le 4 juin 2014, dit que la GRC n'a pas agi assez rapidement pour mieux équiper les officiers.

« Plusieurs de nos membres sont déçus et se disent qu'après tout, c'est la GRC et qu'elle n'a rien à foutre de nos doléances », a raconté un officier impliqué dans la chasse à l'homme pour retrouver Justin Bourque.

Nous savions que nous avions affaire à une personne lourdement armée qui faisait feu sur les policiers et nous sommes pratiquement intervenus avec des fusils à plomb.

Une citation de :Un policier de la GRC qui est intervenu lors de la fusillade du 4 juin 2014

« Je ne m'attends pas à de grands changements, même lorsqu'ils parlent d'installer des carabines dans nos véhicules. Ils disent que ça va arriver, mais selon moi pas avant quelques années. »

Le policier affirme qu'il y a seulement 4 des 80 membres de son détachement qui ont reçu une formation sur le maniement de la carabine Colt C8, une arme semi-automatique à longue portée utilisée depuis de nombreuses années par des corps policiers municipaux au Canada.

La GRC a étrenné les premières carabines en 2013. On compte aujourd'hui 2200 de ces carabines pour 12 000 officiers. La formation sur le maniement d'une carabine s'est accrue l'an dernier, mais la GRC refuse de révéler combien de policiers ont reçu la formation.

Au mois de mai, la GRC a été accusée d'avoir violé le code canadien du travail. Les enquêteurs soutiennent que la GRC n'a pas procuré les armes à feu et l'équipement appropriés pour faire face à des incidents impliquant un tireur actif. Ils soulignent également que le personnel policier n'a pas reçu la formation nécessaire pour répondre à des situations comme celle reliée à Justin Bourque. Enfin, les enquêteurs concluent que la GRC, en général, ne s'est pas assurée de la santé et de la sécurité de ses membres.

L'affaire va être entendue en cour le 9 juillet prochain.

Justin BourqueAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Justin Bourque

Photo : gracieuseté

Un rapport significatif

L'ex-assistant-commissaire Alphonse MacNeil a été chargé de rédiger le rapport sur les événements. Il a émis 64 recommandations sur l'amélioration de la formation, un meilleur équipement et une meilleure communication lors d'incidents critiques. Tous ces éléments ont été négligés lors de l'intervention policière, soutient MacNeil.

La GRC a accepté les conclusions du rapport sans annoncer à quel moment les officiers recevraient les armes en question. Un autre rapport en 2010, après la mort de quatre officiers de la GRC en Alberta, en 2005, faisait état du même problème de manque d'armement adéquat chez les policiers. 

Un des policiers qui a pris en chasse Justin Bourque, affirme que si les officiers avaient été équipés de carabines, ils auraient eu plus de chance d'appréhender le tireur avant le drame.

Justin Bourque a été condamné à 75 ans de prison avant d'être admissible à une libération conditionnelle, la plus longue sentence de l'histoire de la justice canadienne.

Avec les informations de La Presse canadienne

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