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Le ministre Denis Lebel accuse Greenpeace de « salissage »

Le lieutenant politique de Stephen Harper au Québec, Denis Lebel

Le lieutenant politique de Stephen Harper au Québec, Denis Lebel

Photo : Radio-Canada

La Presse canadienne

Le ministre fédéral Denis Lebel accuse Greenpeace de se livrer à un « travail de salissage et de démolition » qui nuit considérablement à l'industrie forestière.

« Ils viennent attaquer la crédibilité de l'industrie forestière canadienne un peu partout et faire valoir qu'on a de mauvaises pratiques forestières alors que c'est totalement faux », a-t-il dénoncé pendant un bref point de presse, mercredi, au foyer des Communes.

Le lieutenant québécois du premier ministre Stephen Harper a ainsi fait écho aux propos tenus un peu plus tôt par des joueurs de l'industrie et des élus de localités forestières du Québec et de l'Ontario.

Ceux-ci avaient fait le déplacement vers la capitale nationale pour rencontrer M. Lebel et exhorter le gouvernement à parler plus fort que les groupes environnementaux, qui selon eux mettent à mal la réputation de la forêt canadienne en propageant de fausses informations.

« Nous demandons formellement à Greenpeace de cesser sa campagne de désinformation sur la récolte de bois dans la forêt boréale », a sommé Jean-Pierre Boivin, président de l'Alliance forêt boréale et préfet de la MRC de Maria-Chapdelaine, au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

« Ils en ont la responsabilité sociale. Ils ne peuvent, en toute conscience, soutenir de telles faussetés », a-t-il poursuivi en conférence de presse au parlement d'Ottawa, mercredi.

M. Boivin fait référence à la campagne que mène inlassablement le groupe environnemental contre Produits forestiers Résolu, qui a perdu au Québec et en Ontario des certificats du Forest Stewardship Council (FSC), une norme internationale en matière de saine gestion forestière.

Des manifestants de Greenpeace sur le mont Royal

Des manifestants de Greenpeace sur le mont Royal

Les représentants québécois et ontariens de l'industrie et près d'une vingtaine d'élus municipaux des deux mêmes provinces sollicitent un engagement de la part des gouvernements.

« Nous demandons au gouvernement fédéral et aux gouvernements provinciaux [...] de prendre le leadership d'une large campagne internationale visant à rétablir la réputation du secteur forestier », a déclaré André Tremblay, PDG du Conseil de l'industrie forestière du Québec.

« Car des milliers de travailleurs qui vivent de la forêt voient leur emploi menacé si des clients internationaux cessent d'acheter des produits de la forêt boréale en se fiant sur les campagnes des groupes environnementaux », a-t-il prévenu.

Le ministre Lebel a assuré que le gouvernement fédéral sera là pour appuyer l'industrie et les travailleurs. Il n'a pas voulu préciser quelle forme ce soutien pourrait prendre, mais a affirmé que « des choses » seraient annoncées éventuellement.

Les compagnies forestières, de leur côté, « sont tenues de rencontrer les exigences qui leur sont demandées au niveau environnemental », a spécifié le député de Roberval-Lac-Saint-Jean.

Une forêt à protéger, défend le NPD

En point de presse un peu plus tôt dans la journée, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, a tenu à souligner que l'état de santé de la forêt boréale est précaire et qu'il est nécessaire de la protéger.

« Il faut être extrêmement prudent. La forêt boréale est en péril », a-t-il fait valoir en point de presse, sans vouloir se prononcer directement sur la querelle opposant les forestières aux environnementalistes.

Il faut préserver la forêt boréale, non seulement pour les GES [gaz à effet de serre], mais aussi pour les espèces souvent en péril qui s'y trouvent, pour la biodiversité et pour préserver les écosystèmes.

Thomas Mulcair

Son adversaire libéral, Justin Trudeau, a pour sa part affirmé qu'« il y a beaucoup de désinformation » en matière d'environnement et de changements climatiques.

« Quand j'étais à Saguenay, il y a quelques semaines, les gens m'ont parlé de leurs préoccupations par rapport à Greenpeace », a-t-il relaté en point de presse.

Le groupe environnemental ne se montre guère intimidé par cette nouvelle attaque de l'industrie et des élus, lui qui a notamment déjà subi les foudres du maire de Saguenay, Jean Tremblay.

Greenpeace tourne par ailleurs en dérision l'appel lancé au gouvernement fédéral par l'industrie et les élus municipaux.

« Ce dont on a besoin actuellement, ce ne sont pas des campagnes de marketing de la part du fédéral, mais bien des actions sur le terrain pour régler la situation », a lancé Nicolas Mainville, porte-parole de Greenpeace au Québec et responsable de la campagne forêt au sein de l'organisme.

Et le groupe se défend bien de verser dans la désinformation.

« Le coeur de la problématique, c'est une multinationale, Produits forestiers Résolu, qui a perdu les certificats environnementaux exigés sur les marchés internationaux. Alors on ne parle pas de campagne de désinformation, on parle d'une compagnie qui a des problèmes sur le terrain », a soutenu M. Mainville en entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne.

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