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De hauts dirigeants de la FIFA arrêtés en Suisse et extradés aux États-Unis

Directeur des communications de la FIFA, Walter De Gregorio

Directeur des communications de la FIFA, Walter De Gregorio

Photo : La Presse canadienne / AP/Ennio Leanza

Associated Press
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des procureurs fédéraux suisses ont confirmé qu'ils ont lancé des procédures judiciaires à propos de malversations notamment dans l'octroi des Coupes du monde de soccer 2018 et 2022. Une affaire qui embarrasse davantage la FIFA après que sept dirigeants de l'organisation eurent été arrêtés et 14 autres interrogés mercredi dans une enquête distincte des États-Unis pour corruption.

Ces procédures, ouvertes depuis le 10 mars, n'avaient pas été rendues publiques jusqu'à mercredi.

La FIFA a indiqué qu'elle accueillait favorablement les arrestations de certains de ses dirigeants et l'enquête dans l'octroi des Coupes du monde parce que ces gestes démontrent que la corruption est en voie d'être éradiquée du soccer à travers le monde.

Quelques heures après les arrestations, le porte-parole de la FIFA Walter de Gregorio a dit que l'organisation « avait amorcé le processus » en déposant une plainte aux autorités suisses l'an dernier.

De Gregorio a ajouté que la FIFA est la « partie plaignante » et que les gestes posés par les autorités suisses et américaines « pourraient aider à déloger la racine du mal dans le football ».

Élections à la présidence

Entre-temps, la FIFA a indiqué que l'élection présidentielle de vendredi ira de l'avant comme prévu. Sepp Blatter, qui vise un cinquième mandat, ne fait pas partie des personnes arrêtées.

Compte tenu des circonstances, l'Union des associations européennes de football (UEFA) a demandé, par la voix de son secrétaire général Gianni Infantino, que le vote soit reporté à une date ultérieure.

Sepp Blatter est sorti de son silence dans la soirée. « C'est un moment difficile pour le football, les supporteurs et la FIFA, a-t-il dit dans un communiqué. De tels comportements n'ont pas leur place dans le football et nous nous assurerons que ceux impliqués seront exclus du jeu. »

Blatter devait assister à une réunion de la Confédération africaine de football dans un autre hôtel du centre-ville de Zurich, mais il a annulé sa présence. Le seul adversaire de Blatter à l'élection présidentielle, le prince Ali de Jordanie, a déclaré que c'était « un jour triste pour le football ». Il a toutefois refusé d'émettre d'autres commentaires.

La FIFA a également écarté la possibilité de recommencer le vote pour l'octroi des Coupes du monde de 2018 et 2022, qui auront lieu en Russie et au Qatar, respectivement. Des documents et des renseignements électroniques ont été saisis aux quartiers généraux de la FIFA, à Zurich.

Dans une procédure distincte, le parquet suisse a annoncé avoir saisi des documents électroniques au siège de la FIFA, dans le cadre d'une procédure pénale contre X pour soupçon « de blanchiment d'argent et gestion déloyale » entourant les attributions des Coupes du monde de 2018 et 2022. 

Arrestations et suspensions

Les enquêteurs ont interrogé 14 membres du comité exécutif de la FIFA qui ont pris part au scrutin d'octroi des Coupes du monde en décembre 2010. Le ministère public suisse précise que les poursuites criminelles « font état de fraude et de blanchiment d'argent », remettant en doute la crédibilité du processus électoral.

Tôt mercredi matin, de hauts dirigeants de la FIFA avaient été arrêtés dans un luxueux hôtel de Zurich. Les personnes concernées seront extradées aux États-Unis afin de faire face à des accusations de corruption. Une seule d'entre elles a accepté la procédure d'extradition simplifiée.

Au total, neuf élus actuels ou passés de la FIFA et cinq partenaires de l'instance mondiale du soccer ont été inculpés de corruption, de collusion et de blanchiment. 

Le département américain de la Justice a indiqué par voie de communiqué que deux vice-présidents actuels de la FIFA figurent parmi les personnes arrêtées, soit Jeffrey Webb (îles Caïmans) et Eugenio Figueredo (Uruguay). Les autres sont Eduardo Li, Julio Rocha, Costas Takkas, Rafael Esquivel et Jose Maria Marin.

Jack Warner (Trinité-et-Tobago), ex-membre du comité exécutif, fait également partie des dirigeants visés. Ce dernier, déjà impliqué dans de nombreuses affaires de corruption, s'est dit « innocent ».

En fin de journée, la FIFA a indiqué qu'elle suspendait provisoirement ses neuf élus actuels, plus Daryll Warner (fils de Jack) et l'Américain Chuck Blazer, ancien dirigeant de la CONCACAF devenu l'informateur de la justice américaine.

Les allégations font état de fraudes totalisant plus de 150 millions de dollars qui seraient aussi liées à des ententes commerciales remontant jusqu'aux années 1990 aux États-Unis et en Amérique latine.

Les enquêtes menées en Amérique et en Europe sont distinctes, mais les autorités des deux continents assurent qu'elles travaillent ensemble.

Ces arrestations portent un dur coup à la FIFA, une association multimilliardaire qui régit le sport le plus populaire de la planète, mais qui a souvent fait l'objet d'allégations de corruption.

Les neuf membres de la FIFA en cause sont :

  • Jeffrey Webb (îles Caïmans) : vice-président de la FIFA et membre du Comité exécutif, président de la CONCACAF (Confédération d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes). Interpellé en Suisse.
  • Eduardo Li (Costa Rica) : membre du Comité exécutif de la FIFA, membre du Comité exécutif de la CONCACAF, président de la Fédération du Costa Rica. Interpellé en Suisse.
  • Julio Rocha (Nicaragua) : responsable du développement de la FIFA. Ancien président de la Fédération du Nicaragua. Interpellé en Suisse.
  • Costas Takkas (Grande-Bretagne) : collaborateur du président de la CONCACAF. Interpellé en Suisse.
  • Eugenio Figueredo (Uruguay) : vice-président et membre du Comité exécutif de la FIFA, ancien président de la Confédération sud-américaine (CONMEBOL) et de la Fédération uruguayenne (AUF). Interpellé en Suisse.
  • Rafael Esquivel (Venezuela) : Membre du comité exécutif de la CONMEBOL, président de la Fédération vénézuélienne (FVF). Interpellé en Suisse.
  • José Maria Marin (Brésil) : membre du Comité d'organisation de la FIFA pour le football olympique. Ancien président de la Fédération brésilienne (CBF). Interpellé en Suisse.
  • Jack Warner (Trinité-et-Tobago) : ancien vice-président de la FIFA, président de la Fédération des Caraïbes (CFU).
  • Nicolas Leoz (Paraguay) : ancien membre du Comité exécutif de la FIFA, et ancien président de la CONMEBOL.

Les dirigeants d'entreprises de marketing sont :

  • Alejandro Burzaco (Argentine) : dirigeant de Torneos y competencias, entreprise de marketing basée en Argentine
  • Aaron Davidson (États-Unis) : président de Traffic Sports USA
  • Hugo et Mariano Jinkis (Argentine) : dirigeants de Full Play SA, entreprise de marketing sportif
  • Jose Margulies (Brésil) : dirigeant de l'entreprise Valente Corp. et Somerton ltée

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