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Une bactérie pour sauver les chauves-souris de l'extermination au Canada

Chauve-souris brune

Chauve-souris brune

Photo : CBC

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des biologistes affirment qu'il y de l'espoir pour venir en aide aux populations de chauves-souris du Canada décimées par le syndrome du museau blanc, une bactérie commune en Amérique du Nord.

Des chercheurs de l'Université de Georgie ont commencé à utiliser la bactérie Rhodococcus rhodochrou en 2012, pour freiner la croissance du champignon qui cause le syndrome du museau blanc.

Les biologistes des services forestiers américains ont mené des travaux dans des grottes du Kentucky et du Missouri. Ils ont découvert 150 chauves-souris qui avaient survécu.

« Il semble que les chauves-souris ont survécu grâce à cette bactérie, donc c'est très prometteur comme avancé », souligne Karen Vanderwolf, une spécialiste de la protection des chauves-souris pour la Fédération canadienne de la faune, au Nouveau-Brunswick.

« C'est encore plus prometteur pour les populations de l'ouest du continent qui n'ont pas encore été infectées. »

— Une citation de  Karen Vanderwolf, Fédération canadienne de la faune, au Nouveau-Brunswick.

Surtout dans les Maritimes, mais aussi au Québec et en Ontario

Le syndrome du museau blanc a fait son apparition au Canada en 2010. On estime qu'il a tué jusqu'à présent plus de 5,7 millions de chauves-souris au Canada et aux États-Unis. Le champignon attaque les chauves-souris alors qu'elles sont en hibernation. Il pénètre sous la peau et cause la déshydratation et brûle le surplus de gras nécessaire pour survivre à l'hiver. Le problème est grave dans les trois provinces maritimes, mais il touche également les chauves-souris du Québec et de l'Ontario.

Les recherches sont toujours au stade préliminaire et Vanderwolf ne croit pas que son traitement sera implanté immédiatement au Canada.

« Dans les Maritimes, nous avons eu tellement de mortalité au sein de la population qu'il est sans doute trop tard pour implanter le traitement ici. »

Vanderwolf raconte que les chercheurs du Nouveau-Brunswick ont retrouvé seulement 13 chauves-souris dans 10 grottes, alors qu'il y a à peine quelques années, elles étaient plus de 7000. En Nouvelle-Écosse, le déclin rapide de chauves-souris fait en sorte que les autorités les ont placées sur la liste des espèces en voie d'extinction.

Une chauve-souris au museau blanc
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Une chauve-souris au museau blanc

Photo : Ryan von Linden/New York Department of Environmental Conservation/Associated Press

Hugh Broders, biologiste à l'Université Saint Mary's à Halifax, déclare que le meilleur scénario possible entraînera malgré tout la mort de 98,5 % des chauves-souris en Nouvelle-Écosse. Le champignon a fait son apparition dans la province en 2012.

« Nous pourrions assister à la disparition complète de l'espèce et ce serait une véritable catastrophe. Ces animaux sont des prédateurs pour les insectes. Il pourrait y avoir prolifération de certaines espèces d'insectes », lance-t-il.

Vanderwolf collabore avec les chercheurs américains. Elle leur fait parvenir les cultures de 30 types de parasites afin de déterminer si la bactérie peut jouer un effet déterminant dans la protection des chauves-souris.

« Ce ne sont pas seulement les chauves-souris qui nous inquiètent, mais aussi toutes les espèces que l'on retrouve dans les grottes. Nous ne voulons pas les tuer pour sauver les chauves-souris.

Vanderwolf souhaite que les chauves-souris qui ont survécu au syndrome jusqu'à présent aient acquis une résistance psychologique. Les chauves-souris femelles ne donnent naissance qu'à un rejeton chaque année. Mais la chercheuse n'écarte pas la possibilité d'un retour.

« Je ne lance pas la serviette. C'est possible que la population revienne, mais ça va être long. »

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