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Ces femmes harcelées dans le métro de Paris

Métro de Paris

Métro de Paris

Photo : Benoit Tessier / Reuters

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Chaque semaine, les membres du groupe « Stop harcèlement de rue » s'engouffrent dans le métro parisien. Déguisés en superhéros et armés de leurs tracts, ils rappellent aux passants que toutes les femmes sont susceptibles d'être harcelées dans le métro, comme le dit un rapport.

Un texte de Laurent TherrienTwitterCourriel

Les associations qui militent contre le harcèlement se multiplient en France devant l'exaspération de jeunes Parisiennes. Elles soutiennent que les hommes les abordent de façon grossière, les sifflent ou se permettent de les toucher. « Le harcèlement, c'est un concept très vaste. Le problème, c'est que la plupart des hommes pensent qu'ils nous draguent, alors qu'en fait, c'est beaucoup plus grave », explique Héloïse Duché, militante et porte-parole du groupe.

Devant l'ampleur du phénomène, le gouvernement français a mandaté un organisme public, le Haut-Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes, afin de mener une enquête. Les conclusions sont sans équivoque. Selon sa présidente, Danielle Bousquet, toutes les Parisiennes se feront harceler un jour ou l'autre dans le métro. « Quand on leur demande si elles sont harcelées dans les transports, elles nous disent non. Mais lorsque vous leur décrivez ce que ça peut être, toutes les personnes interrogées vous disent : ça m'est arrivé au moins une fois ». 

Un phénomène nouveau?

Pour la présidente du Haut-Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes, la problématique du harcèlement dans les transports en France s'est aggravée au cours des dernières années. Mais la porte-parole du groupe « Stop harcèlement de rue » n'est pas d'accord. « Le phénomène existe depuis toujours. Mais depuis quelques années, on ose en parler. C'est ça la différence. »

En  2012, la controverse avait éclaté en France comme ailleurs, après la diffusion d'un film belge portant sur le harcèlement de rue. (Nouvelle fenêtre) La jeune réalisatrice s'était filmée avec une caméra cachée dans les rues de Bruxelles se faisant insulter parce qu'elle refusait les avances des hommes. Les jeunes Françaises s'étaient jetées sur les réseaux sociaux pour raconter leurs propres expériences. 

Spontanément, dans les rues de Paris, les jeunes femmes partagent toujours leurs anecdotes. « Moi, une fois j'étais en jupe dans le métro et j'ai senti une main passer sous ma jupe, raconte une Parisienne. Je me suis retournée et la personne faisait comme si de rien n'était ». Pour une autre, le harcèlement est devenu presque quotidien : « Ça m'arrive presque tous les jours, dit-elle. On me traite de tous les noms. Alors, je mets un jeans au lieu d'une robe, comme ça, je me dis que je suis plus en sécurité », confie-t-elle.

Les hommes aussi sont consternés. « Le harcèlement, ça ne se fait pas. Ils devraient être punis », croit un Parisien interviewé dans le métro. « Ce sont des mal élevés », résume un autre. 

« C'est une question d'éducation »

Le groupe « Stop harcèlement de rue » est catégorique. Selon lui, c'est le manque d'éducation au civisme en France qui est responsable de ces comportements. « À l'école, on n'a pas d'éducation à la non-violence et on ne nous apprend pas à réagir à ces situations. Et donc, quand on distribue nos tracts, c'est parfois la première fois que les gens reçoivent ce genre de conseils », soutient Héloïse Duché.

Le gouvernement a donc décidé d'agir. La ministre des Affaires sociales et des Droits des femmes doit déposer un vaste plan d'action qui prévoit des amendes pour les harceleurs et une campagne de sensibilisation dans les médias. « Il faut informer les hommes auteurs que ce qu'ils font, c'est inscrit dans le Code pénal, que c'est grave! On ne siffle pas une femme dans la rue », croit la présidente du Haut-Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes, Danielle Bousquet.

Le plan d'action est attendu au mois de juin, mais déjà, certains croient que les lois ne suffiront pas à changer les comportements. « Ça va prendre beaucoup de temps, c'est sûr, rétorque la porte-parole de « Stop harcèlement de rue ». Mais avec les années, je pense qu'on peut faire évoluer les mentalités ».

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