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Prise de Palmyre par l'EI : progression stratégique et population en otage

De la fumée vue au-dessus de la ville de Palmyre.

De la fumée vue au-dessus de la ville de Palmyre.

Photo : Omar Sanadiki / Reuters

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

On a beaucoup parlé de la crainte de destruction de ses sites archéologiques, mais la prise de Palmyre constitue également une conquête stratégique pour le groupe armé État islamique (EI) en territoire syrien.

Selon notre correspondante au Moyen-Orient, Marie-Ève Bédard, il s'agit d'une victoire importante pour l'EI à la fois contre le régime de Bachar Al-Assad et les forces de la coalition.

Géographiquement, la prise de la ville de Palmyre permet à l'EI de s'ouvrir sur le vaste désert syrien, où se trouvent des ressources naturelles importantes comme de grands champs gaziers. « En s'emparant de la ville, ils se sont emparés aussi de toutes ces ressources », explique Marie-Ève Bédard.

Le groupe armé État islamique affirme donc maintenant contrôler 75 % des capacités d'approvisionnement en électricité et en gaz de toute la Syrie.

Palmyre est également un point stratégique puisqu'il relie d'autres territoires conquis par le groupe armé État islamique du côté de l'Irak, comme la province d'Anbar. Rappelons que dimanche, l'EI s'est emparé du chef-lieu de la province, soit la ville de Ramadi.

Historiquement, la ville de Palmyre a toujours été un carrefour important. Ainsi, en plus de permettre à l'EI d'asseoir son emprise sur la région, cette nouvelle conquête pourrait servir de point de départ pour lancer de nouvelles offensives.

La ville abrite des installations militaires modernes et se trouve sur une autoroute qui relie, à l'ouest, Damas et Homs, contrôlées par le gouvernement, à l'Est syrien, principalement tenu par les rebelles.

En outre, Palmyre est la première prise d'importance au régime syrien par l'EI, qui avait jusqu'à présent concentré ses attaques sur les mouvements rebelles, y compris islamistes.

Jeudi soir, l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a rapporté que l'EI a pris le contrôle du dernier point de passage entre la Syrie et l'Irak qui était encore aux mains des gouvernementaux.

L'ONG relate que les forces gouvernementales syriennes se sont retirées du point de passage d'Al-Tanf, désigné sous le nom d'Al-Oualid du côté irakien de la frontière.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Prise de Palmyre, lieu historique et stratégique

Population en otage

Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les droits de l'homme, environ un tiers des 200 000 habitants de la ville syrienne de Palmyre ont fui au cours des derniers jours lors des combats entre les djihadistes et les forces gouvernementales.

Mais beaucoup de ceux qui restent se sentent pris entre deux feux. Marie-Ève Bédard s'est entretenue avec un activiste anti-régime, qui n'appuie par ailleurs pas le groupe armé État islamique. Il lui a dit que la population de la ville était terrorisée, et qu'elle craint d'être prise en étau entre l'EI et le régime syrien. Il rapporte qu'au cours de la journée de jeudi, le régime syrien, qui a perdu le contrôle de la ville, a repris des bombardements à intervalles réguliers.

Cet activiste a en outre témoigné avoir vu des combattants de l'EI passer de maison en maison pour trouver des gens appuyant le régime et les exécuter. Il affirme que des hommes ont eu la tête tranchée, et que des femmes ont été tuées d'une balle à la tête.

L'OSDH rapporte de son côté que les djihadistes de l'État islamique ont tué au moins 17 personnes, dont des membres des forces de sécurité syriennes et des civils partisans du gouvernement, dans la ville de Palmyre. L'ONG basée à Londres rapporte également que certaines des victimes ont été décapitées.

Que fera l'EI des joyaux historiques de Palmyre?

L'EI ayant détruit des antiquités et des monuments en Irak, la crainte est grande qu'il s'en prenne aux temples romains ou au théâtre antique de Palmyre, site classé au patrimoine mondial de l'UNESCO.

« Nos croyances, nos opinions peuvent être différentes, mais nous devons protéger ces incroyables vestiges de l'histoire humaine », a déclaré la directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova, à Reuters Television.

État islamique, le règne de la terreur
Avec les informations de Reuters

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