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Cartographie de l'Abitibi-Témiscamingue : la rivière Harricana apparaissait-elle sur une carte dès le 16e siècle?

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Louis-Edmond Hamelin montre la carte de Mercator © Radio-Canada / Laurent Boursier

Photo : © Radio-Canada / Laurent Boursier

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'Abitibi-Témiscamingue a maintenant une nouvelle carte. Ce sont les organismes Valorisation Abitibi-Témiscamingue (VAT) et l'Association forestière de l'Abitibi-Témiscamingue (AFAT) qui ont produit le document. Il s'agit de la deuxième fois seulement de son histoire que la région se dote d'une carte géographique représentant toutes ses caractéristiques. La première carte avait été créée en 1986. Mais certaines caractéristiques de l'Abitibi-Témiscamingue apparaissent sur des cartes depuis le 16e siècle, avant même que l'homme blanc ne mette les pieds dans la région. Comment cela est-il possible?

Un article de Félix B. DesfossésTwitterCourriel

Le Chevalier de Troyes en Abitibi-Témiscamingue

Le géographe et professeur à la retraite Maurice Asselin fait partie du comité qui a travaillé sur la nouvelle carte de la région. Mais il faisait également partie de l'équipe qui avait mis au monde la toute première carte de la région au milieu des années 80. Pour arriver à créer la première carte officielle de la région, le géographe a dû consulter des tonnes de cartes de la région, datant de plusieurs époques. Il y avait bien sûr des cartes topographiques, des cartes minières, etc. Mais la plus ancienne carte de la région qu'il a vue est celle du chevalier de Troyes.

« En 1686, le chevalier de Troyes est monté par le lac Abitibi, le lac Témiscamingue jusqu'à la Baie-James pour déloger les Anglais qui faisaient la traite des fourrures dans le territoire de la baie James et de la baie d'Hudson parce qu'il y avait la Compagnie de la Baie d'Hudson qui gérait tout le territoire de la terre de Rupert à ce moment-là et les Français voulaient tirer profit de ça aussi. Et j'ai vu une carte, ou un schéma, du chemin qui a été parcouru par le chevalier de Troyes jusqu'à la Baie-James, mais ça, c'est très approximatif. C'est un des plans les plus anciens que j'ai vus. »

La projection de Mercator

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La projection de Mercator

Photo : Éditions Septentrion

Mais un autre cours d'eau de la région pourrait avoir apparu sur une carte encore plus ancienne que celle du chevalier de Troyes. Selon l'auteur, professeur à la retraite et fondateur du concept de nordicité, Louis-Edmond Hamelin, la rivière Harricana aurait pu apparaître sur la projection de Mercator dès le début des années 1500. Il cite cette hypothèse dans le livre L'Apparition du Nord, coécrit avec Stéfano Biondo et Joë Bouchard, et publié chez Septentrion.

La projection de Mercator est une des premières représentations du globe terrestre tel qu'on le conçoit aujourd'hui. Gerardus Mercator a produit cette projection en 1569. On peut y voir notamment la terre vue du pôle Nord. Des étendues d'eau ressemblant à la baie d'Hudson, à la baie James et la rivière Harricana y sont dépeintes selon M. Hamelin. Mais le spécialiste de la question du nord tient à préciser que sa découverte liée à la rivière Harricana relève de l'hypothèse.

« Au sud de cette grande mer ronde, il y a un affluent. Nous, nous avons suggéré que ce soit l'Harricana. Mais ça pourrait être aussi la rivière Bell qui est à côté. Nous, on a essayé d'interpréter la somme de la situation. Ce n'est pas un discours scientifique, c'est un discours probable. »

— Une citation de  Louis-Edmond Hamelin
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Selon le professeur à la retraite Louis-Edmond Hamelin, la rivière vue sur cette partie de la projection de Mercator pourrait bien être la rivière Harricana

Photo : L'apparition du Nord, éditions Septentrion

Mais comment Mercator aurait-il pu avoir entendu parler de la rivière Harricana si aucun homme blanc ne s'y était rendu encore? « Évidemment, c'est à la suite de Jacques Cartier, répond Louis-Edmond Hamelin. Probablement que quand Jacques Cartier est allé à Montréal, il a parlé avec les Autochtones. Ces Autochtones-là étaient de la région de Montréal et, de la région de Montréal, il semble y avoir communication, par la rivière des Outaouais, avec la baie de James. »

Certaines caractéristiques de l'Abitibi-Témiscamingue ont donc été connues des géographes tôt dans l'histoire de la cartographie de l'Amérique du Nord. « De sorte que, avec des interprétations qui sont très probables, mais qui ne sont pas sûres, on peut comprendre une partie de l'histoire du Québec et comment les choses se passaient en Abitibi-Témiscamingue », conclut Louis-Edmond Hamelin.

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