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10 questions pour le scientifique en chef du Québec

Le chercheur et expert sur la maladie d'Alzheimer, Dr Rémi Quirion (Photo source : Douglas)

Le chercheur et expert sur la maladie d'Alzheimer, Dr Rémi Quirion (Photo source : Douglas)

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Chercheur de réputation internationale, expert de la maladie d'Alzheimer, de la schizophrénie et de la douleur, Rémi Quirion est devenu le premier scientifique en chef du Québec en 2011. À l'occasion de la Semaine des sciences et du congrès de l'ACFAS, notre journaliste Alain Labelle s'est entretenu avec lui sur ses fonctions et sur l'état de la recherche scientifique au Québec.


1. Quel est le rôle du scientifique en chef?

J'avise le gouvernement - le ministre de l'Éducation, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche en particulier - en matière de développement de la recherche et de l'innovation. Je préside aussi les conseils d'administration des trois Fonds de recherche québécois : santé, nature et technologie, et société et culture. Je coordonne leurs activités de recherches communes avec leurs directeurs scientifiques.


2. Vous représentez le Québec dans le monde?

J'ai également un rôle de représentation dans certaines missions à l'étranger et j'agis de manière à assurer le positionnement du Québec au pays.


3. Quel aspect de votre travail vous plaît le plus?

Le fait d'être en contact avec tous les aspects de la recherche au Québec me plaît beaucoup. Apprendre ce qui se fait partout et connaître le travail des chercheurs est très stimulant.


4. Est-ce que les autres provinces et les autres pays ont un scientifique en chef?

Aucune autre province n'a de scientifique en chef pour le moment. Il y a beaucoup d'intérêt par contre pour l'expérience québécoise du côté de l'Alberta et de l'Ontario. Il existe des scientifiques en chef dans une dizaine de pays, mais pas sur le plan fédéral au Canada. Israël en a même huit, un par ministère.


5. Dans quel domaine de recherche le Québec se démarque-t-il?

Le Québec se démarque dans plusieurs domaines, il serait difficile de tous les énumérer. Mais certainement en santé, dans les domaines de la neuroscience, de la génomique, et de la cardiologie. Dans le secteur de l'aérospatiale également.


6. Quel domaine de recherche aimeriez-vous voir se développer davantage dans les prochaines années au Québec?

Certainement le développement durable. Il faut travailler à réduire notre impact sur l'environnement. C'est l'un des grands enjeux auquel le Québec est confronté et auquel notre écosystème de recherche peut apporter des solutions. Ce défi n'est pas unique au Québec.


7. Vous êtes le président d'honneur du congrès de l'ACFAS cette année. Est-ce que la recherche en français se porte bien?

C'est un gros défi. La langue de la publication dans tous les domaines scientifiques, c'est l'anglais. Or, il est important de présenter et de partager nos résultats d'études dans notre langue. Le congrès de l'ACFAS, c'est l'événement scientifique le plus important de la Francophonie. Il permet à des chercheurs et à des étudiants venus de partout au Québec et d'un grand nombre de pays de se réunir afin de partager leurs connaissances et de célébrer la science en français. C'est un lieu de rencontre important qui permet le développement d'une communauté de recherche francophone en parallèle à celui d'autres communautés.


8. Comment se compare le Québec avec les autres provinces en termes de financement?

C'est le ratio des dépenses intérieures brutes de recherche et développement en rapport avec le PIB qui permet de comparer l'effort du Québec en recherche et développement expérimental (RD) avec les autres provinces. Nous avons investi régulièrement depuis une cinquantaine d'années, particulièrement dans les trois fonds de recherche.

Le Québec apparaît ainsi au premier rang avec 2,46 % de son PIB consacré à la RD en 2009 devançant l'Ontario (2,3 %), la Colombie-Britannique (1,5 %), et l'Alberta (1,2 %).

Toutefois, son effort a sensiblement diminué au cours des dernières années. Entre 2000 et 2009, son ratio a diminué (il est passé de 2,52 % à 2,46 %). Nos collègues des autres provinces augmentent notablement leur effort de leur côté, si bien que les écarts se sont rétrécis. Le Canada se situe pour sa part à 1,9 %. Notre objectif est d'atteindre 3 %. Cela va demander la participation du public et du privé, de la grande à la petite et moyenne entreprise. Sans oublier les fondations et le grand public.

Pour consulter ce graphique à partir de votre appareil mobile, cliquez ici (Nouvelle fenêtre)


9. Pensez-vous que nous sommes près d'une percée majeure dans le traitement de l'alzheimer?

Nous sommes encore un peu loin du but. Le cerveau est une machine formidable. Lorsqu'on s'attarde à la mémoire, les progrès sont plus lents. On sait qu'il y a plusieurs causes, il n'y aurait donc pas une, mais plusieurs maladies d'Alzheimer. Ce n'est donc pas pour demain.


10. Vous qui avez publié 650 articles scientifiques dans votre carrière, est-ce que vous vous ennuyez de la recherche?

C'est certain que d'être un acteur impliqué dans la recherche, ça me manque. Il y a aussi le contact avec les jeunes, les étudiants à la maîtrise et au doctorat, qui me manque.

Notes biographiques

  • Rémi Quirion a obtenu son doctorat en pharmacologie de l'Université de Sherbrooke en 1980 et il a effectué un stage postdoctoral au National Institute of Mental Health, aux États-Unis, en 1983.
  • Il est l'auteur de plus de 650 publications dans des revues scientifiques reconnues
  • Il est l'un des chercheurs en neurosciences les plus cités dans le monde.
  • Jusqu'à sa nomination, il était vice-doyen aux sciences de la vie et aux initiatives stratégiques de la Faculté de médecine de l'Université McGill.
  • Il était également directeur scientifique du Centre de recherche de l'Institut Douglas, professeur titulaire de psychiatrie à l'Université McGill et directeur général de la Stratégie internationale de recherche concertée sur la maladie d'Alzheimer des Instituts de recherche en santé du Canada.
  • Il a reçu de nombreux prix et distinctions, dont l'Ordre national du Québec en 2003, le prix Wilder-Penfield des Prix du Québec en 2004 et l'Ordre du Canada en 2007. 

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