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Quatre des jeunes arrêtés par la GRC étudiaient à Maisonneuve

Le Collège de Maisonneuve, à Montréal.

Radio-Canada

Radio-Canada a appris que sur les 10 jeunes arrêtés la fin de semaine dernière à l'aéroport Montréal-Trudeau, 4 étaient des étudiants du Collège de Maisonneuve. Ils sont soupçonnés d'avoir voulu quitter le pays, probablement pour aller grossir les rangs des djihadistes islamistes.

Cela porte à 11 le nombre d'élèves du cégep de Maisonneuve ayant quitté le pays ou ayant été arrêtés en raison de craintes liées au terrorisme.

En avril dernier, deux étudiants du Collège de Maisonneuve, El Mahdi Jamali et Sabrine Djaermane, ont été arrêtés par la GRC, par crainte qu'ils ne commettent une infraction liée au terrorisme.

Rappelons également que cinq des sept jeunes originaires de Laval et de Montréal qui ont quitté le pays à la mi-janvier et qui pourraient avoir rejoint des djihadistes en Syrie  fréquentaient aussi ce cégep.

Les six autres jeunes arrêtés vendredi et samedi dernier fréquentaient deux autres cégeps montréalais et des écoles secondaires. Ils ont été longuement interrogés, puis relâchés sans faire l'objet d'aucune accusation. Leur passeport a toutefois été saisi, et la GRC affirme que son enquête n'est pas terminée.

Le cégep montre du doigt les médias sociaux

Devant ces nouveaux faits, le Collège de Maisonneuve a publié un communiqué en fin d'après-midi. La direction affirme que le phénomène d'endoctrinement des jeunes a pris une tournure qu'elle ne soupçonnait pas.

« À titre de communauté éducative, nous devons continuer d'agir dans les limites que notre sphère d'activités nous impose, car, faut-il le rappeler, nos étudiants évoluent dans un monde qui va bien au-delà de nos murs », explique la porte-parole du cégep.

Cette dernière estime par ailleurs qu'il est « de plus en plus évident que le recrutement de jeunes passe particulièrement par les médias sociaux ». La direction affirme sinon ne pas en savoir davantage sur les événements et ne fera pour l'instant aucun commentaire.

Le Centre communautaire islamique de l'Est de Montréal réagit

Un des dix jeunes arrêtés cette fin de semaine était inscrit sur Facebook à deux ateliers du Centre communautaire islamique de l'Est de Montréal (CCIEM), dont Adil Charkaoui est le président.

Sur Facebook, le Centre a publié une déclaration dans laquelle il dit ne détenir aucune information concernant « l'identité ou la motivation » des jeunes qui ont été arrêtés.

Le CCIEM affirme prendre très au sérieux la question de la radicalisation des jeunes et réitère son « engagement de contribuer à l'intégration harmonieuse de la communauté musulmane dans les sociétés québécoise et canadienne ».

À 24|60, Anne-Marie Dussault reçoit Cécile Rousseau et David Morin

Des vies sauvées

Pour la psychiatre Cécile Rousseau, directrice du Centre de recherches et d'interventions transculturelles à McGill, le fait que les parents à l'origine des dénonciations aient osé faire confiance à nos institutions constitue une bonne nouvelle.

« On peut penser qu'on a sauvé la vie de dix jeunes, et ça, c'est merveilleux. Il n'y a pas de retour de ces voyages-là », a-t-elle affirmé en entrevue avec Anne-Marie Dussault.

Selon la psychiatre, il faut maintenant s'assurer que les parents obtiennent du soutien. Elle croit également qu'à un niveau plus large, les médias doivent être prudents parce qu'il y a un risque de « contagion ». « Il ne faut pas créer des monstres, je pense que c'est important », souligne-t-elle.

Société