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Syrie : Palmyre tombe aux mains de l'EI

L'extérieur du temple de Bel, à Palmyre en Syrie

L'extérieur du temple de Bel, à Palmyre en Syrie

Photo : Radio-Canada/René Saint-Louis

Radio-Canada

Palmyre, où se trouve le site archéologique le plus célèbre de Syrie, est désormais aux mains des djihadistes du groupe armé État islamique (EI), selon la télévision nationale syrienne.

Sur Internet, des membres du mouvement djihadiste confirment la prise de la ville.

Les forces gouvernementales se sont retirées de la ville, située à seulement 240 kilomètres au nord-est de la capitale Damas après avoir évacué les civils, précise la même source.

La ville de Palmyre se trouve à un carrefour stratégique de routes qui mènent à Homs et à Damas. Elle abrite aussi des installations militaires récentes.

Sa chute constitue un véritable revers pour les forces syriennes, qui avaient réussi à renforcer leurs positions dans les dernières semaines. C'est également la première fois que l'EI parvient à prendre une localité à l'armée.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui dit s'appuyer sur des sources sur le terrain dans les deux camps, affirme que les djihadistes de l'EI tiennent la majeure partie de l'agglomération.

Dans le nord-est du pays, les forces kurdes appuyées par des frappes aériennes de la coalition conduite par les États-Unis affirment avoir tué au moins 170 djihadistes.

Patrimoine mondial en péril

Le chef des Antiquités syriennes, Maamoun Abdoulkarim, a lancé un appel à la préservation de la cité antique et de ses monuments.

M. Abdoulkarim a précisé que des centaines de statues avaient déjà été mises à l'abri et a demandé à l'armée syrienne, à l'opposition et à la communauté internationale de sauver le site.

Nos craintes concernent désormais le musée et les grands monuments qui ne peuvent être déplacés.

Maamoun Abdoulkarim, chef des Antiquités syriennes

À Paris, la directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova, a appelé à une cessation immédiate des hostilités à Palmyre, où les combats menacent « l'un des sites les plus significatifs du Moyen-Orient et la population civile qui s'y trouve ».

Une pratique commune

Les patrimoines mondiaux sont souvent victimes de la guerre, comme ils l'ont été en Croatie, dans l'ex-Yougoslavie ou dans différents pays du Moyen-Orient.

En 2001, les talibans avaient attaqué les Bouddhas de Bamiyan en Afghanistan

En 2012, le groupe armé islamiste Ansar Dine, qui contrôlait Tombouctou, avait brisé la porte sacrée d'une mosquée du 15e siècle. 

Cette année, le groupe armé État islamique (EI) a détruit au moins trois patrimoines mondiaux en Irak. En février, l'EI démolissait des sculptures préislamiques à Mossoul. Un mois après, c'était au tour du site de Hatra, une cité patrimoniale de l'UNESCO datant d'il y a 2000 ans, et du site archéologique de Nimrud.

Ces destructions sont effectuées pour des raisons idéologiques, soit le rejet des autres formes de religion et la lutte contre « l'idolâtrie », mais aussi pour des raisons économiques.

Dans une résolution adoptée le 12 février, le Conseil de sécurité de l'ONU a souligné que le pillage et le trafic de contrebande d'antiquités en Syrie et en Irak servaient au financement des groupes djihadistes. Pour voir la résolution, cliquez ici (Nouvelle fenêtre).

État islamique, le règne de la terreur
Avec les informations de Reuters

International