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Caméras sur les uniformes des policiers : intérêt et réflexion à Ottawa-Gatineau

La caméra ajoutée à l'uniforme d'un policier

La caméra ajoutée à l'uniforme d'un policier

Photo : CBC

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les policiers d'Ottawa et de Gatineau suivront de près leurs homologues de Toronto au cours de la prochaine année. Dès aujourd'hui, une centaine d'agents de la Ville Reine sont munis de caméras sur leur uniforme.

Ce projet pilote d'un an a pour objectif de tester trois types de caméras vidéo. Celles-ci vont filmer chaque fois qu'un policier répond à un appel ou qu'il interagit avec quelqu'un durant son quart de travail. L'agent doit signaler à son interlocuteur que la caméra enregistre.

La police de Toronto espère que ce dispositif permettra à ses agents de faire preuve de plus de transparence et de réduire le recours à la force, en plus de changer le comportement des citoyens.

Réactions à Ottawa et à Gatineau

À Ottawa, le président de la Commission des services de police d'Ottawa, le conseiller Eli El-Chantiry, attend les résultats de ce projet pilote pour voir s'il pourrait être adapté ici.

De son côté, le président de l'Association des policiers d'Ottawa soutient le projet à 100 %. Matt Skof estime qu'une telle mesure permettrait de réduire la violence à l'endroit des policiers.

Une étude de la Ville de Rialto, en Californie, rapporte en effet que les plaintes contre les agents pour force abusive ont baissé de 88 % depuis que les policiers sont munis de caméras.

Quant au président de la Fraternité des policiers de Gatineau, Jean-Pierre Bussière, il poursuit sa réflexion. Il n'a pas encore de position claire, mais reconnaît qu'il peut y avoir certains avantages.

Par expérience et selon les études qui nous ont été présentées [...] lorsque les gens sont conscients qu'ils sont filmés, parfois leur attitude change. Autant pour les policiers aussi.

Jean-Pierre Bussière, président de la Fraternité des policiers de Gatineau

Par exemple, des caméras installées sur la Place du Portage ont contribué à y réduire les altercations.

« Le policier relatait les faits constatés. Mais en plus, ça fait une preuve qui va démontrer l'incident qui a été filmé [...] ça entérinait les constations des policiers », note M. Bussière.

D'autres services policiers au Canada utilisent déjà des caméras vidéo. Ainsi, un projet pilote est en cours à Victoria, en Colombie-Britannique, depuis 2009, et des policiers à Calgary portent des caméras miniatures sur leur uniforme depuis novembre 2012. La Ville de Winnipeg étudie quant à elle la possibilité de munir 800 policiers de caméras d'ici 2017.

Protection de la vie privée

David Clément, coordonnateur de l'Association de défense des droits sociauxAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

David Clément, coordonnateur de l'Association de défense des droits sociaux de Gatineau (ADDS).

Par ailleurs, des voix s'élèvent pour garantir la protection de la vie privée lors d'interventions policières filmées.

Le coordonnateur de l'Association pour la défense des droits sociaux de Gatineau (ADDS), David Clément, estime ainsi que le véritable problème lors d'interventions est le profilage social. Selon lui, ce ne sont pas les caméras qui vont régler une telle situation.

Pour nous, peu importe caméra pas caméra, ce qui compte c'est que cesse l'impunité par rapport aux forces policières.

David Clément, coordonnateur de l'Association pour la défense des droits sociaux

Même son de cloche du côté du travailleur de rue dans le Vieux-Hull, Léon Cardin. S'il était d'abord en faveur des caméras sur les uniformes des policiers, il a par la suite changé d'idée.

« Je pense qu'on est rendus à regarder la formation des policiers. Comment ils interviennent auprès des gens. Parce que ce n'est pas à coup de tickets ou d'emprisonnement qu'on va régler des situations. Tu fais juste frustrer la personne plus que d'autre chose », estime-t-il.

D'après les informations de la journaliste Geneviève Garon

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