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  • Exclusif
  • Nombre record de bris d'aqueducs en 2014 à Montréal

    Radio-Canada

    Montréal a battu un record en 2014 : celui du nombre de bris d'aqueducs. Il n'y en avait jamais eu autant depuis presque 10 ans, selon les données obtenues par Radio-Canada.

    Un reportage de Bahador ZabihiyanTwitterCourriel

    La Ville de Montréal a ainsi connu 958 bris d'aqueducs sur son territoire en 2014, soit plus de deux bris par jour. C'est aussi cette même année que la Ville a dépensé le plus pour son réseau.

    Radio-Canada a obtenu la base de données de la Ville qui comptabilise les bris, suite à une demande d'accès à l'information. Voici ce que nous y avons trouvé, avec La Pause:

    Quel est l'endroit avec le plus grand nombre de bris d'aqueducs à Montréal?

    Mais il faut relativiser ce chiffre et le mettre en contexte, prévient Michèle Prévost, professeure de génie civil à l'École polytechnique de Montréal. « Quand on regarde le nombre de bris de 2005 à 2014, moi comme scientifique, je regarde ça et je trouve ça assez stable », souligne-t-elle.

    Pour voir cette infographie à partir de votre mobile, appuyez ici (Nouvelle fenêtre)

    Le nombre plus élevé de bris peut s'expliquer par l'hiver, plus froid que d'habitude.

    Je regarde ces chiffres-là comme une année plus élevée, probablement à cause des conditions climatiques qui étaient particulièrement rigoureuses l'hiver dernier avec des gels dans le sol très profond.

    Michèle Prévost, professeure de génie civil à l'École polytechnique de Montréal

    En 2014, la Ville n'a jamais autant dépensé en 10 ans pour reconstruire ou réhabiliter ses aqueducs. La somme s'élève à plus de 98 millions de dollars, selon le Plan triennal d'immobilisations 2005-2014 de Montréal.

    Le montant des sommes investies depuis 2005 tend à augmenter lorsque le nombre de bris augmente, mais la hausse n'est pas proportionnelle. La corrélation entre le nombre de bris et les sommes investies n'est pas directe, dit Mme Prévost.

    Pour voir cette infographie à partir de votre mobile, appuyez ici (Nouvelle fenêtre)

    « Ce n'est pas un investissement sur une année ou deux, mais bien un investissement sur une période de 20 ans qui est nécessaire au moins », dit Mme Prévost.

    Chantal Rouleau, qui est chargée des infrastructures de l'eau au comité exécutif de Montréal, assure que les investissements vont continuer pour rattraper le retard et renouveler le réseau.

    « Dans les dernières décennies, investir dans le réseau d'eau, ce n'était pas très glamour, c'est sûr que ça exige d'ouvrir des rues, ça exige de la reconstruction », dit la mairesse de Rivières-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles.

    En tout, 224 millions de dollars ont été investis en 2014 dans le réseau d'aqueducs et les infrastructures de traitement de l'eau, dit-elle. En 2015, la somme sera de 336 millions de dollars.

    Fait à noter, l'année 2013 a connu une forte baisse du nombre d'investissements, car les entreprises devaient désormais obtenir une accréditation de l'Autorité des marchés financiers, conséquence de la commission Charbonneau.

    Aqueduc en bois

    Le réseau d'aqueducs de Montréal est vieillissant. L'âge moyen d'une conduite est de 60 ans, dit Mme Rouleau. De son côté, Mme Prévost indique qu'il y a déjà eu des conduites en bois sur l'ile de Montréal.

    « Le plus surprenant, c'était une conduite en bois, carrée, qui était dans l'aqueduc de la petite municipalité de Sainte-Anne-de-Bellevue il y a quelques années », se souvient Mme Prévost. Il n'existe toutefois plus de conduites de ce type aujourd'hui.

    Société