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L'employé renvoyé pour obscénité devant la caméra pourrait poursuivre Hydro One

Hydro One a congédié son ingénieur après des commentaires dégradants à l'endroit de la journaliste de CityNews.

Hydro One a congédié son ingénieur après des commentaires dégradants à l'endroit de la journaliste de CityNews.

Photo : CityNews

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Renvoyer un employé pour des actes commis à l'extérieur des heures de travail devient « de plus en plus courant », mais « ça ne veut pas dire que c'est la bonne méthode pour autant », selon un professeur de l'École de gestion Rotman, de l'Université de Toronto.

« Il y a un changement d'attitude de la part des compagnies concernant la conduite des employés en dehors des heures de travail, dit le professeur Anil Verma. Dans le passé, la vie privée des employés n'avait pas d'impact sur leur vie professionnelle. Mais ça change en raison des médias sociaux. Des compagnies comme Hydro One veulent protéger leur réputation et prévenir rapidement les dommages potentiels qui peuvent s'ensuivre. »

Shawn Simoes, ingénieur chez Hydro One, pourrait perdre son emploi après une confrontation avec une journaliste de Toronto.

La journaliste de City-TV Shauna Hunt s'est fait interrompre par un passant qui a crié (en anglais) « F*** her right in the P*** », une invitation à caractère sexuel dans des termes très vulgaires.

Shawn Simoes n'est pas celui qui a proféré l'insulte. Mais confronté par la journaliste, devant la caméra, il a défendu la blague comme étant « hilarante, tout le monde le fait », et que sa mère « trouverait ça drôle elle aussi ». Il a aussi affirmé : « Tu es chanceuse de ne pas avoir un vibrateur dans l'oreille, comme ils font [aux reporters] en Angleterre ».

Peine excessive?

Son employeur ne semble pas l'avoir trouvé drôle et a décidé d'entreprendre des démarches pour le congédier.

Selon le professeur Anil Verma, le renvoi de l'employé est « exagéré ».

« Le congédiement, c'est l'équivalent de la peine de mort en milieu de travail. C'est une mesure extrême. Il faut que la pénalité soit à la mesure du crime.  »

— Une citation de  Anil Verma, professeur à l'École de gestion Rotman de l'Université de Toronto

Selon le professeur Anil Verma, Hydro One aurait dû utiliser l'approche de la « discipline progressive ».

« Avoir une discussion avec l'employé, lui donner l'occasion de s'excuser, d'exprimer des remords. Peut-être le mettre en probation pendant un certain temps, le forcer à suivre des cours de sensibilisation à la violence sexuelle, au respect en milieu de travail, ou le suspendre pour quelque temps. »

Sans cette approche progressive selon lui, Shawn Simoes « a un très bon cas pour poursuivre la compagnie » pour renvoi non justifié, ou pour un grief par le biais de son syndicat.

« C'est très probable qu'il puisse gagner une remise en service, avec dommages et intérêts, si un arbitre ou un juge décide que le renvoi était non justifié.  »

— Une citation de  Anil Verma 

Mais encore, ça dépend également du dossier existant de l'employé en question.

« Si un employé a reçu plusieurs avertissements dans le passé pour mauvaise conduite en milieu de travail, ça change la perspective. »

Des journalistes victimes de harcèlement sexuel et de propos obscènes, en direct. Lumière sur un phénomène qui prend de l'ampleur... et sur les façons de le combattre.

Droit à une défense « pleine et entière »

Gilles Levasseur, professeur en gestion à l'Université d'Ottawa, croit que même si personne ne doit tolérer le harcèlement sexuel, l'employé a dans ce cas malgré tout le droit à une défense pleine et entière. « Ça devient une chasse aux sorcières des comportements privés », estime M. Levasseur.

« Ce qui est en jeu ici, c'est la place de notre vie personnelle et l'image de marque d'une entreprise. Jusqu'où ma vie privée doit être réglementée selon les valeurs et les codes de conduite de l'entreprise? Est-ce que l'entreprise peut dorénavant m'imposer dans ma vie privée un code de conduite pour gérer son image de marque? », s'interroge le professeur.

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