•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Soins de santé mentale pour jeunes : Campbellton dans la tourmente

Maladie mentale chez les enfants

Maladie mentale chez les enfants

Photo : iStock.com/Damkier Media Group

Radio-Canada

La décision du gouvernement du Nouveau-Brunswick de construire le centre provincial de traitement pour jeunes souffrant de problèmes de santé mentale à Campbellton suscite encore de vives réactions à l'échelle provinciale. 

Le gouvernement de Brian Gallant a annoncé samedi dernier sa décision de construire cet établissement à côté du Centre hospitalier Restigouche, qui offre des services spécialisés en santé mentale.

L'ancien ministre libéral et président de Xchange/Échange N.-B., un réseau provincial des intervenants en santé mentale pour adolescents, Bernard Richard, a dénoncé la décision d'établir le centre à côté d'un hôpital psychiatrique pour adultes. Il estime que cela va stigmatiser davantage les jeunes patients.

Or, cette sortie de M. Richard a mis le feu aux poudres. Le candidat désigné du Parti libéral  du Canada dans la circonscription de Madawaska-Restigouche, René Arseneault, réfute de toute pièce l'argument de l'ex-ministre provincial.

« C'est une hypocrisie nauséabonde. C'est un argument qui n'existe même pas dans son rapport de 114 pages qui date de mars 2011. Jamais ne parle-t-il, lui ou Mme Smallwood, de stigmatisation. En fait, la stigmatisation, c'est celle de M. Bernard Richard qui, pour lui, au nord de Shediac, [...] on est impropre ou incapable de maîtriser une expertise », lance M. Arseneault.

Centre hospitalier RestigoucheAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'emplacement du futur centre, tout juste à côté du Centre hospitalier Restigouche

Photo : Radio-Canada/Amélie Gosselin

Le rapport dont parle René Arseneault s'intitule Maintenir les connexions. Ce document a été publié par le Groupe de travail sur un centre d'excellence pour les enfants et les jeunes à besoins complexes, et rédigé par Bernard Richard et Shirley Smallwood. Dans ce rapport, on recommande notamment que le centre soit construit à Moncton en raison de la multitude de services offerts dans la région. M. Arseneault estime que les services appropriés sont toutefois à Campbellton.

« Le choix est tout à fait légitime. L'expertise est dans le Restigouche en ce qui a trait à ce genre de soins de santé ou des problèmes de santé mentale que l'on traite », affirme le candidat libéral.

René Arseneault n'est pas le seul libéral à rabrouer l'ancien ministre Richard. L'actuel ministre de l'Énergie et des Mines du Nouveau-Brunswick et député de Campbellton et Dalhousie, Donald Arseneault, a déclaré lundi que Bernard Richard avait « manqué de respect » envers sa région.

« J'aimerais voir Bernard Richard avoir beaucoup plus de respect pour la région du Restigouche, la région de Campbellton et de l'expertise qu'on a développés au fil des années dans le secteur de la santé mentale », a-t-il déclaré.

Je pense que c'est une claque dans la face, un manque de respect total envers les professionnels qui travaillent ici.

Donald Arseneault, ministre de l'Énergie et des Mines et député de Campbellton-Dalhousie.

Une « décision institutionnelle »

Bernard Richard a néanmoins trouvé des appuis chez des parents d'enfants ayant des problèmes de santé mentale. C'est le cas d'Albert Cyr, un parent impliqué en tant que bénévole dans cette cause. 

Albert CyrAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Albert Cyr

Photo : André Maillet

M. Cyr dit être déçu de la décision du gouvernement puisqu'il s'agit, selon lui, d'un investissement « dans une institution alors que les services en communauté ne sont pas disponibles ». Il dit que nonobstant l'endroit choisi, il faut que des programmes adaptés soient déjà en place dans la communauté choisie pour diminuer les chances que les jeunes restent en institution. 

Ce dernier estime que le gouvernement a pris une décision de développement économique, plutôt que dans l'offre de services aux jeunes.

On a le droit à de la transparence au niveau des motifs de la décision de bâtir une institution à Campbellton ou peu importe l'endroit. 

Albert Cyr, parent et bénévole impliqué en santé mentale.

Quant aux critiques lancées par le ministre Arseneault à l'endroit de M. Richard, Albert Cyr les qualifie de « déplorables ».

« M. Richard est un champion en santé mentale. Il a piloté ce dossier depuis de nombreuses années et ça m'apparait que c'est comme s'il n'y avait pas eu de connexions ou de relations pour résoudre tous ces investissements-là », affirme M. Cyr. 



Santé publique

Société