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Mise en garde des pédiatres contre les « vaccins homéopathiques »

Médicaments homéopathiques
Médicaments homéopathiques Photo: iStock
La Presse canadienne

La Société canadienne de pédiatrie presse les autorités fédérales de la santé de resserrer les règles d'étiquetage des nosodes, qui sont souvent appelés « vaccins homéopathiques » par leurs adeptes.

Les nosodes sont vendus pour « prévenir les infections courantes et importantes » même si, selon la Société canadienne de pédiatrie, « aucune donnée scientifique ni médicale n'appuie leur efficacité pour la prévention des maladies infectieuses ».

Les nosodes sont des préparations biologiques dérivées d'un élément de maladie ou de tissus pathologiques. Ils sont très utilisés en homéopathie vétérinaire, et Santé Canada a approuvé leur utilisation chez les humains, à titre de produits de santé naturels.

La réglementation canadienne prévoit que 179 produits différents de nosodes sont approuvés à la vente, y compris 82 dont l'étiquette indique qu'ils peuvent être utilisés « pour prévenir les infections courantes et importantes ». Selon la réglementation, l'étiquette des nosodes doit cependant préciser que le produit « n'est pas une solution de rechange à la vaccination ».

Or, dans un contexte où le mouvement antivaccination semble prendre de l'ampleur, la Société canadienne de pédiatrie (SCP) ne croit pas « que cette réserve rend pleinement compte du fait que, de toute évidence, les nosodes ne sont ni efficaces ni sécuritaires pour remplacer la vaccination ».

Dans un document de principes publié sur Internet, la SCP soutient que sur l'étiquette, on devrait lire qu'« il n'est pas démontré que ce produit prévient les infections », et que « Santé Canada recommande de faire administrer à l'enfant tous les vaccins systématiques », même si les parents leur donnent des nosodes.

« Il est important de faire connaître les meilleures données probantes aux parents canadiens afin qu'ils puissent prendre des décisions éclairées sur la santé de leur enfant », soutient le docteur Michael Rieder, coauteur du document de principes, et président du comité de pharmacologie et des substances dangereuses au sein de la SCP.

« Une honte nationale »

D'autres observateurs estiment cependant que les pédiatres canadiens ne vont pas assez loin.

« Modifier l'étiquetage? Débarrassez-nous plutôt de ces foutus produits! » lance Joe Schwarcz, directeur à l'Université McGill de l'Organisation pour la science et la société, mieux connue au Canada comme le « docteur Joe », vulgarisateur scientifique ennemi juré de toutes les « pseudo-sciences ».

Selon lui, absolument rien ne peut justifier la vente des nosodes. « C'est une honte nationale que ces produits puissent être vendus au Canada », a-t-il estimé en entrevue.

Le directeur de la santé publique de Nouvelle-Écosse croit lui aussi que des parents qui craignent la vaccination pourraient être tentés d'opter plutôt pour les nosodes, puisque l'étiquette précise qu'ils peuvent « prévenir les maladies ».

Le docteur Robert Strang a indiqué que lui et ses collègues des autres provinces et territoires avaient prévenu Santé Canada que les nosodes pourraient réduire la « couverture vaccinale » au Canada.

Santé