•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Pierre Céré abandonne la course à la direction du PQ

Le reportage de Mathieu Dion
Radio-Canada

Incapable d'amasser les 10 000 $ nécessaires pour officialiser sa candidature, Pierre Céré se retire de la course à la direction du Parti québécois (PQ). Il appelle du même souffle ses partisans à voter pour Martine Ouellet ou Alexandre Cloutier.

« Je ne serai pas sur le bulletin de vote mercredi prochain », a affirmé M. Céré lors d'un point de presse, dimanche après-midi. « C'est l'argent qui nous arrête », a ajouté celui qui se dit fier d'avoir obtenu l'appui de quelque 250 donateurs.

Soutenant que le PQ a besoin « d'un chef ou d'une chef qui va être capable de rassembler » et d'« incarner le changement », M. Céré invite les membres du PQ à voter pour les candidats Ouellet ou Cloutier, comme le feront les membres de son équipe.

Un vote pour Martine Ouellet et un vote pour Alexandre Cloutier, c'est un vote pour le changement, et c'est ce que nous voulons.

Pierre Céré

M. Céré a annoncé qu'il votera personnellement pour Martine Ouellet.

Même s'il se désiste avant le scrutin, M. Céré aura néanmoins participé à tous les débats et aura attiré l'attention sur ses idées au cours des derniers mois en accordant de nombreuses entrevues aux médias.

Connu pour son combat pour les droits des chômeurs, Pierre Céré a fait campagne sur une vision plus progressiste du PQ, afin que le parti propose une société plus solidaire. Il a notamment prôné la prise de contrôle de l'exploitation des ressources naturelles, la réduction du temps de travail pour favoriser la conciliation travail-famille, de même qu'un congé payé de quatre semaines.

« Je pense que notre message a porté », a affirmé M. Céré, qui se dit particulièrement fier d'avoir contribué à faire « reculer le repli identitaire qui a beaucoup marqué le Parti québécois des dernières années ».

Le seul candidat non élu à l'Assemblée nationale estime que le PQ doit « briser ce huis clos dans lequel il s'est enfermé, qu'il apprenne à mieux canaliser les aspirations de la population, à être plus à l'écoute des gens ».

Je reste au Parti québécois. Je vais participer à la reconstruction, je vais participer à la définition des idées, au programme.

Pierre Céré

Pierre Karl Péladeau n'est pas habilité à diriger le PQ, dit Céré

Pierre Céré a affirmé qu'il n'a « pas mené campagne contre Pierre Karl Péladeau », mais qu'il continuera de « soulever les mêmes questionnements » sur l'homme d'affaires.

« Est-ce que Pierre Karl Péladeau peut diriger le Parti québécois tout en ayant cet apparent conflit d'intérêts avec Québecor? », a-t-il demandé. « Quand on voit sa vie d'affaires, la vie d'affaires de sa conjointe, sa vie familiale débarquer dans l'espace politique [comme] ce truc de crédit d'impôt pour les producteurs indépendants, on est préoccupé. »

M. Céré estime que M. Péladeau « n'a pas posé les pare-feu nécessaires », et que « dans les conditions actuelles » le favori dans les sondages « n'est pas habilité à diriger le Parti québécois présentement ».

M. Céré est toutefois demeure flou quant aux gestes que Pierre Karl Péladeau doit poser. « Le problème est complexe et ce n'est pas moi, Pierre Céré, qui va apporter la solution », a-t-il affirmé.

Inquiet pour l'avenir du PQ

À moins de deux semaines du premier tour pour l'élection du prochain chef du PQ, Pierre Céré se disait inquiet pour l'avenir de sa formation politique. Dans une entrevue aux Coulisses du pouvoiril a affirmé que la course n'a pas permis de tenir les débats qui s'imposaient pour renouveler le parti. « Est-ce que Pierre Karl Péladeau est en train de s'acheter un parti, demande-t-il, en reprenant la question qu'il avait ouvertement posée en début de course. Je vois des symptômes de convergence qui s'élargissent vers un parti politique qui est le mien. Suis-je inquiet? Oui. »

Le premier tour du vote se tiendra du 13 au 15 mai. Les résultats devraient être connus le soir du vendredi 15 mai. Les membres de la formation souverainiste devront choisir entre Alexandre Cloutier, Martine Ouellet et Pierre Karl Péladeau.

Pierre Céré en bref

  • Né à Rouyn-Noranda le 9 avril 1959
  • Études en histoire à l'UQAM
  • Coordonnateur du Comité chômage de Montréal depuis 1997
  • Engagé dans les mouvements de solidarité avec l'Amérique latine
  • Candidat défait du Parti québécois dans Laurier-Dorion en 2014
  • Auteur du livre Une gauche possible, changement social et espace démocratique
Notre dossier

Politique