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Changements climatiques : « une question de vie ou de mort » dans les Caraïbes

Le président français François Hollande présidait le Sommet Caraïbe Climat 2015 réunissant plus d'une trentaine de délégations des Caraïbes, en Martinique.

Le président français François Hollande présidait le Sommet Caraïbe Climat 2015 réunissant plus d'une trentaine de délégations des Caraïbes, en Martinique.

Photo : Reuters/Alain Jocard

Reuters

Le président français François Hollande a demandé samedi en Martinique à « entendre l'appel des pays les plus vulnérables » face au défi du changement climatique, dans la perspective de la conférence sur le climat de Paris à la fin de l'année.

Il présidait le Sommet Caraïbe Climat réunissant plus d'une trentaine de délégations des Caraïbes, et dont l'objectif était d'aboutir à une déclaration commune à porter lors de la 21e conférence des parties à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP 21), qui aura lieu à la fin de l'année à Paris.

La France espère en voir sortir un accord universel et contraignant visant à maintenir le réchauffement en deçà de 2 degrés Celsius.

« Tout commence ici et c'est en exprimant la voix des États insulaires que les plus grands pays seront mis devant leurs responsabilités », a déclaré François Hollande.

Les Caraïbes ne contribuent que « de manière marginale » aux émissions de gaz à effet de serre, mais feront pourtant partie des zones les plus durement touchées, souligne l'appel commun de ces États.

« Parmi les petits États insulaires en développement, nous sommes les plus petits parmi les petits », a rappelé Roosevelt Skerrit, le président de l'Organisation des États de la Caraïbe orientale, par ailleurs premier ministre de la Dominique, une île de 750 kilomètres carrés située entre la Martinique et la Guadeloupe.

Pour nous, le changement climatique et les phénomènes qui y sont relatifs sont des problèmes affectant notre survie et qui peuvent être considérés comme des questions de vie ou de mort.

Roosevelt Skerrit, le président de l'Organisation des États de la Caraïbe orientale

La montée du niveau de la mer, estimée entre 26 et 82 cm d'ici la fin du siècle dans le dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), peut s'avérer particulièrement catastrophique dans les Caraïbes, où la moitié de la population vit en deçà de deux kilomètres à l'intérieur des terres, selon UN-Habitat.

« Aux Bahamas, 80 % de la masse terrestre se situe au niveau de la mer », précise Irwin LaRocque, secrétaire général de la CARICOM (Communauté caribéenne). « Avec une hausse de quelques pieds, ces 80 % disparaîtront. »

Le président de la Région Martinique, Serge Letchimy, a indiqué que « la Martinique pourrait perdre 70 kilomètres carrés en 2060 », sur 1128 kilomètres carrés.

Vue de la plage de Sainte-Anne, en MartiniqueAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Vue de la plage de Sainte-Anne, en Martinique

Photo : Reuters/Charles Platiau

Blanchissement des coraux

Cuba a déjà constaté une hausse de ses températures les plus basses de 1,9 degrés Celsius. « Nous avons beaucoup investi ces dernières années sur la connaissance des phénomènes », a dit la ministre de l'Environnement de l'île, Elba Rosa Perez Montoya. « À la fin du siècle, nous risquons de connaître une hausse générale des températures de 4 degrés Celsius. »

Les phénomènes météorologiques extrêmes, comme les cyclones, pourraient par ailleurs se trouver renforcés durant le siècle à venir. Or, « avec une seule tempête, l'île de Grenade a vu son PIB chuter de 300 % », a rappelé Irwin LaRocque.

Le Caribbean Community Climate Change Center de la CARICOM estime que les besoins pour l'atténuation du changement climatique des pays des Caraïbes se situent entre 2 et 4 milliards de dollars par an.

En ce qui concerne les mesures d'adaptation, elles sont évaluées entre 11 et 20 milliards de dollars.

L'appel de Fort-de-France adopté samedi invite « les dirigeants mondiaux, les autorités régionales et municipales, le secteur privé et les peuples du monde » à « rejoindre » les chefs d'État, de gouvernement et responsables des autorités régionales afin de relever « le défi multiforme du changement climatique ».

Les Caraïbes devraient se montrer particulièrement vulnérables à ses conséquences indirectes, comme l'accroissement de la pression anthropique ou encore l'augmentation du nombre de réfugiés climatiques.

Les îles de la Caraïbe font aussi partie des 34 points chauds de la biodiversité mondiale, selon l'économiste et écologue Norman Myers. « L'impact le plus représentatif du changement climatique sur la biodiversité de la région est certainement le blanchissement des coraux », écrit l'Union internationale pour la conservation de la nature dans un rapport de 2013.

Ce rapport indique aussi que l'ensemble des modifications climatiques pourraient favoriser la prolifération des moustiques et donc la dengue, le paludisme et autres maladies vectorielles. Enfin, « le tourisme sera probablement le pôle économique le plus gravement affecté, à travers l'impact des cyclones sur les infrastructures, mais aussi la dégradation des plages et des récifs. »

Les États insulaires des Caraïbes comptent notamment bénéficier du Fonds vert, dont le principe a été mis en place à Copenhague en 2009 et « qui pourrait dégager 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 », a rappelé François Hollande.

Avec ce déplacement outremer qui l'a conduit à Saint-Barthélemy, Saint-Martin, en Martinique et l'emmène en Guadeloupe ce dimanche, le président français a presque fini de remplir sa promesse de campagne de visiter l'ensemble de l'outremer durant son quinquennat.

Il lui manque encore la Polynésie et Wallis-et-Futuna.

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