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La grippe a entraîné un nombre élevé d'hospitalisations et de décès cette année

La grippe

Photo : Gouvernement du Canada

Radio-Canada

La saison de la grippe, qui s'est terminée à la fin du mois d'avril, a tenu en alerte de nombreux hôpitaux au pays. On rapporte beaucoup plus d'hospitalisations et de morts que dans les cinq dernières années.

Un texte de Mathieu DionTwitterCourriel

Les cas de décès liés à la grippe ont doublé, voire triplé, selon les endroits, au Canada.

L'Alberta a connu un bond record du nombre de victimes; de 30 morts enregistrés en 2013-3014, la province est passée à 101 cette année.

Selon les données de l'Agence de santé publique du Canada (ASPC), les morts causées par l'influenza au pays sont passées de 331 l'année dernière à près 550 jusqu'ici cette saison. Ce nombre serait toutefois beaucoup plus important. Le Québec, notamment, ne comptabilise pas ces décès.

L'année 2014-2015 aura été marquée par une saison de la grippe particulièrement virulente.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'année 2014-2015 aura été marquée par une saison de la grippe particulièrement virulente.

Les données de l'ASPC servent davantage d'indicateurs, aux dires du Dr Gaston De Serres, de l'Institut national de santé publique du Québec : « L'influenza en général ne fait pas l'objet d'une surveillance systématique obligatoire. Le chiffre que nous avons est une référence de base. Nous savons, en réalité, que les morts sont bien plus nombreux ».

L'ASPC avance qu'en moyenne, la grippe peut entraîner plus de 12 000 hospitalisations et 3500 décès annuellement. Il s'agit d'une estimation qui prend en compte, notamment, les complications pouvant découler de l'influenza.

Une infirmière s'apprête à administrer un vaccin.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une infirmière s'apprête à administrer un vaccin.

Photo : AFP / AFP/Jesus Alcazar

Un vaccin inefficace

Outre l'hiver intense avec lequel ils ont dû composer, les aînés ont subi les effets de la souche H3N2 de l'influenza, particulièrement virulente.

Pire encore, le vaccin s'est avéré, tel que le craignaient les autorités de la santé, tout à fait inefficace. La souche avait été mal identifiée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Par conséquent, à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, dans l'est de Montréal, la grippe a frappé fort.

« Ça a été une saison extrêmement occupée, une saison qui a commencé beaucoup plus tôt qu'à l'habitude en novembre », explique le chef du service des maladies infectieuses et de microbiologie, le Dr Karl Weiss, qui a été sur la ligne de front.

On avait un vaccin qui ne fonctionnait pas, qui n'avait à peu près aucune efficacité. Les gens vaccinés n'étaient pas protégés.

Le Dr Karl Weiss

Selon l'Agence de santé publique du Canada, les vaccins contre la grippe ont coûté 72 millions de dollars pour 12,4 millions de doses en 2014-2015.

Les ministères de la Santé du pays s'attendaient donc à une saison particulièrement difficile.

« Cette année, nous avons vu que le modèle n'a pas fonctionné parfaitement, affirme le ministre de la Santé du Québec, Gaétan Barrette. Alors, cela nous dit que la science est une bonne chose, mais qu'elle n'est pas parfaite. »

L'OMS détermine près d'une année à l'avance les souches de la grippe susceptibles de circuler en vue de la préparation des vaccins, mais elles peuvent muter, comme en 2014-2015.

Cela fait dire au Dr Gaston De Serres que de meilleurs outils sont nécessaires. Autrement, le scénario se répétera.

Il faut des investissements en recherche de la part des gouvernements, des organismes et de l'industrie pharmaceutique. L'effort collectif n'est pas au rendez-vous actuellement.

Le Dr Gaston De Serres

Le vaccin, toujours recommandé

Puisque cette saison grippale a été d'une force inattendue, la prochaine à venir, 2015-2016, devrait faire moins de ravages, les Canadiens étant plus immunisés.

La vaccination, aussi imparfaite soit-elle, demeure néanmoins recommandée.

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