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Royaume-Uni : une majorité absolue pour les conservateurs de David Cameron

Le couple Cameron fait son entrée au 10 Downing Street à Londres.

Le couple Cameron fait son entrée au 10 Downing Street à Londres.

Photo : Stefan Wermuth / Reuters

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les conservateurs du premier ministre sortant David Cameron ont remporté une victoire d'une ampleur inattendue aux législatives du Royaume-Uni. Après avoir gouverné le pays grâce à une coalition, ils seront désormais majoritaires au Parlement, et seront donc en mesure de tenir un référendum sur la sortie du pays de l'Union européenne, comme ils l'ont promis pendant la campagne.

Les conservateurs ont récolté 331 sièges des 650 sièges en jeu, contre 232 pour les travaillistes. Ces derniers ont souffert du raz-de-marée du Scottish National Party (SNP).

Huit mois après avoir perdu le référendum sur l'indépendance de l'Écosse, le parti de Nicola Sturgeon a raflé 56 des 59 sièges écossais au Parlement de Westminster, ce qui en fait l'autre grand vainqueur du scrutin. Il n'en avait que 6 avant le vote.

Fort des résultats de son parti, qui font mentir tous les pronostics, David Cameron a rencontré la reine Élisabeth II au palais de Buckingham en milieu de journée, pour recueillir son assentiment formel en vue de former le prochain gouvernement. Après cette rencontre, il s'est brièvement adressé aux médias et a réitéré que son gouvernement va bel et bien tenir un référendum sur l'appartenance à l'Union européenne.

« Nous pouvons faire [du Royaume-Uni] un endroit où une bonne vie est à la portée de tous ceux qui sont prêts à travailler fort.  »

— Une citation de  David Cameron, premier ministre britannique

En fin de journée, M. Cameron a annoncé sur Twitter qu'il reconduit dans ses fonctions quatre de ses ministres, soit George Osborne aux Finances, Philip Hammond aux Affaires étrangères, Michael Fallon à la Défense, et Theresa May au ministère de l'Intérieur.

Ed Miliband
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Ed Miliband

Photo : Paul Hackett/Reuters

Démissions en rafale

Pour ses adversaires, les lendemains sont difficiles. Le chef travailliste Ed Miliband, a annoncé sa démission vendredi matin. Son parti a subi sa pire défaite des 30 dernières années.

« La Grande-Bretagne a besoin d'un Parti travailliste qui soit en mesure de se reconstruire après cette défaite afin que nous puissions avoir à nouveau un gouvernement qui défende les travailleurs. Et le moment est venu que quelqu'un d'autre prenne la direction de ce parti », a-t-il déclaré.

Il en va de même pour le chef des libéraux démocrates, Nick Clegg. Partenaires de coalition des conservateurs dans le gouvernement précédent, ils n'ont plus que 8 sièges, eux qui en avaient 55 jusqu'ici.

« J'ai toujours pensé que cette élection serait incroyablement difficile. Les résultats ont été infiniment plus dévastateurs que je n'aurai jamais cru », a reconnu M Clegg, l'air abattu, lors d'une conférence de presse à Londres. « C'est le coup le plus dur depuis que le parti a été fondé », en 1988.

Nigel Farage, le leader du Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP), a aussi annoncé qu'il quittait son poste après avoir été battu dans sa circonscription, comme il s'y était engagé. « Je sens une pointe de déception, mais je me sens aussi en partie mieux que depuis de nombreuses années. Je n'ai plus pris deux semaines de vacances depuis octobre 1993. J'ai envie de prendre mon été, de m'amuser un peu », a-t-il dit.

Le leader europhobe n'exclut cependant pas un retour à l'automne.

Des partisans du SNP exultent devant les résultats obtenus par leur parti.
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Des partisans du SNP exultent devant les résultats obtenus par leur parti.

Photo : Russell Cheyne / Reuters

« Le lion écossais a rugi » - Alex Salmond

Pour le SNP écossais, les résultats sont au-delà de toutes les espérances. « Le lion écossais a rugi ce matin dans tout le pays », a déclaré Alex Salmond, l'ex-chef de file du SNP, lui-même élu triomphalement dans sa circonscription.

« L'Écosse a demandé à parler d'une seule voix. Cette voix parlera clairement pour l'Écosse au prochain Parlement », a ajouté celui qui deviendra le leader parlementaire du parti.

Avec un gain net de 50 sièges, le SNP se trouve en bonne position pour faire pression sur David Cameron, qui a promis d'accorder de nouveaux pouvoirs en matière fiscale, budgétaire et sociale à l'Écosse dans le cadre du référendum sur l'indépendance de septembre dernier.

À ce sujet, le premier ministre a déclaré au terme de sa rencontre avec la reine qu'il avait l'intention de mettre en oeuvre cette dévolution de pouvoirs, en précisant que cela devra se faire en toute équité pour l'Angleterre.

Une mode de scrutin en question

Les résultats de l'élection britanniques mettent en évidence les distorsions qu'engendre naturellement le système uninominal à un tour, d'autant plus que de nombreux partis briguaient les suffrages.

Malgré leur victoire éclatante en termes de sièges, les conservateurs n'ont accru leur pourcentage de vote que de 0,8 %, tandis que l'appui des travaillistes a augmenté de 1,5 %.

Le cas le plus patent en ce sens est celui de l'UKIP, qui n'a remporté qu'un siège, bien qu'un électeur sur huit a voté pour lui.

David Cameron est au pouvoir depuis mai 2010. Il a réussi à sortir le pays de la crise, mais ses politiques d'austérité ont fait mal à la classe moyenne. Outre le référendum sur la sortie de l'Union européenne, il s'est aussi engagé, pendant la campagne, à diminuer le nombre d'immigrants et leurs allocations.

Plus de 45 millions d'électeurs étaient appelés à voter dans 50 000 bureaux de vote. Le taux de participation a été de 66 %.

Avec les informations de Reuters, Agence France-Presse, et BBC

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