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Omar Khadr : « Je suis une bonne personne »

Le point de presse d'Omar Khadr
Radio-Canada

Omar Khadr, qui a obtenu sa libération sous caution en attendant le résultat de son appel pour sa condamnation pour crimes de guerre aux États-Unis, demande au public canadien de lui donner une chance.

L'homme de 28 ans a prononcé ses premiers mots devant le domicile de son avocat Dennis Edney chez qui il demeure durant sa liberté conditionnelle.

Omar Khadr est apparu souriant. « Je vais prouver aux Canadiens que je suis une bonne personne. [...] Ils doivent me voir comme une personne et non seulement comme un nom », a-t-il ajouté.

Paraissant détendu, l'homme s'est dit désolé de la douleur qu'il avait causée aux familles des victimes.

En réponse à la question d'un journaliste qu'il lui demandait ce qu'il dirait au premier ministre Stephen Harper, qui s'est toujours opposé à la libération du « terroriste condamné », il a répondu : « Je vais devoir le décevoir. Je suis une meilleure personne qu'il ne le croit. »

La femme de Dennis Edney lui a cuisiné de l'agneau et des petits gâteaux pour son premier repas en liberté. « Je ne pensais pas que la liberté serait aussi bonne », a avoué Omar Khadr.

13 ans derrière les barreaux

L'ancien détenu canadien de la prison de Guantanamo, qui a passé 13 ans derrière les barreaux, a recouvré sa liberté à Edmonton à midi.

Cette décision devait être prise mardi, mais l'audience sur les conditions de remise en liberté a été reportée de deux jours par la juge de la Cour d'appel de l'Alberta Myra Bielby, après une demande de sursis formulée par le gouvernement fédéral.

Plusieurs conditions à respecter

Ce matin au palais de justice d'Edmonton, cette même juge a tranché en faveur du Canadien de 28 ans. Ce dernier devra respecter plusieurs conditions de libération.

Omar Khadr en compagnie de son avocat à la sortie du palais de justice d'EdmontonOmar Khadr en compagnie de son avocat à la sortie du palais de justice d'Edmonton Photo : Nate Whitling / Twitter

Il devra notamment vivre avec son avocat Dennis Edney jusqu'à ce qu'une commission militaire américaine révise sa condamnation pour le meurtre d'un soldat américain en Afghanistan en 2002 alors qu'il n'était âgé que de 15 ans.

Son avocat a d'ailleurs fait savoir que sa résidence personnelle était prête à l'accueillir et qu'il avait acheté des vêtements pour Omar Khadr en prévision de sa libération.

Omar Khadr devra aussi consulter un psychologue et respecter un couvre-feu entre 22 h et 7 h. Les communications qu'il aura avec les membres de sa famille devront être faites par téléphone ou par vidéoconférence. Ces dernières devront être en anglais et seront supervisées. Les rencontres en face à face avec sa famille devront être approuvées par un supérieur et il devra en obtenir le consentement par écrit.

Il est formellement interdit à Omar Khadr d'entrer en communication avec des groupes terroristes. Il ne sera pas admissible à recevoir un passeport et aura un accès limité à Internet. Finalement, l'homme devra porter en tout temps un bracelet électronique qui enregistre ses déplacements.

Premiers moments de liberté

« J'ai hâte que le public canadien puisse voir qui il est », a affirmé son avocat Dennis Edney. « Il doit être en train d'essayer de comprendre ce qui se passe. Il ne va pas vraiment le réaliser jusqu'à ce que je passe le chercher », a ajouté son avocat.

Dans la salle d'audience où Omar Khadr s'est présenté en personne, des gens ont applaudi la décision du juge. Certains ont aussi versé quelques larmes.

C'est un jour merveilleux pour la justice. C'est un début.

Dennis Edney, avocat d'Omar Khadr

Omar Khadr a été emprisonné en Alberta pendant près de deux ans. Après avoir été incarcéré dans un pénitencier à sécurité maximale, à Edmonton, le Torontois d'origine a été détenu à la prison à sécurité moyenne Bowden, à Innisfail (Nouvelle fenêtre), où il purgeait sa peine depuis février 2014.

Le 24 avril, la Cour du Banc de la Reine a autorisé la libération de M. Khadr. La juge June Ross avait conclu que le détenu avait été jusqu'à maintenant un prisonnier exemplaire – ce que les avocats du gouvernement n'ont pas nié – et qu'il ne représentait pas de risque pour la sécurité publique. Par ailleurs, June Ross écrivait dans son jugement qu'Omar Khadr « devrait obtenir une remise en liberté provisoire par voie judiciaire puisque la base de son appel est solide ».

Peu de temps après que la Cour du Banc de la Reine eut rendu cette décision, le gouvernement du Canada avait laissé savoir qu'il entendait contester ce jugement devant les tribunaux.

Ontario

Justice