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  • Exclusif
  • Des centaines de délinquants sexuels passent par Percé pour être traités

    Téléjournal, 3 octobre 1984

    Radio-Canada

    Depuis 5 ans, 254 détenus pour délinquance sexuelle ont suivi la thérapie qui leur est offerte à la prison provinciale de Percé. Un programme unique au pays, qui se fait volontairement.

    Les participants doivent comprendre la progression du comportement qui les a menés au délit. La thérapie s'échelonne sur six mois. Les détenus retournent ensuite dans leur prison par camion cellulaire.

    « Le groupe est 24 heures sur 24 ensemble. [Les détenus] apprennent à se connaître », explique la directrice adjointe de la prison de Percé, Guylaine Marchand. Ils apprennent à se connaître dans les 6 cellules à ocupation double de l'établissement qui compte 42 places.

    Guylaine Marchand directrice adjointe de la prison de PercéAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

    Guylaine Marchand directrice adjointe de la prison de Percé

    Photo : Radio-Canada / William Bastille-Denis

    « On est les seuls à avoir une vocation unique pour un type de délit, on est les seuls », souligne Mme Marchand. Elle explique que les prisons provinciales sont axées sur la réinsertion sociale. Elle pense que la thérapie offerte dans son établissement va faire des petits à long terme.

    Pour l'instant, les données sur le taux de récidive ne sont pas accessibles pour l'instant. Mais selon des spécialistes, ce programme semble porter ses fruits. Le programme pourrait inspirer d'autres pays, comme la France et l'Italie qui s'y intéressent.

    La majorité des détenus acceptent de suivre la thérapie

    André McKibben, une sommité en matière de délinquance sexuelle, a mis en place ce programme à la prison de Percé.

    Environ 85 % des participants au programme décident de continuer et de ceux-ci, la majorité (97 %) vont jusqu'au bout. Et on sait que la variante la plus clairement associée à une récidive, c'est de terminer un programme de ce type-là. Et nous, on est ici pour réduire le nombre de victimes. C'est l'objectif ultime.

    André McKibben
    André McKibben a mis en place le programme à la prison de Percé.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

    André McKibben a mis en place le programme à la prison de Percé.

    Photo : Radio-Canada / William Bastille-Denis

    Pour sa part, la directrice adjointe de la prison de Percé voit la thérapie d'un bon oeil.

    « Je crois à la réinsertion et je trouve qu'ici, la réinsertion sociale prend tout son sens, estime-t-elle. Il y a une harmonie entre le rôle d'encadrement et d'accompagnement d'un agent de services correctionnels. »

    La prison de Percé a fermé en 1986, 24 ans plus tard Québec a investi plus de 11 millions de dollars pour lui donner autre vocation et y pour implanter ce programme.

    Est du Québec

    Justice