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Apprendre à relaxer pour mieux apprendre à l'école

Dans la classe de Jennifer Erickson, à l'école élémentaire de Moberly, à Vancouver. L'enseignante a été une des premières de Vancouver à mettre en place le programme Mind up.

Photo : Radio-Canada/Catherine François

Radio-Canada

La méthode semble inusitée : apprendre à respirer et à se relaxer à l'école pour mieux réussir. Le programme, créé aux États-Unis dans la foulée des attentats du 11 septembre, a fait ses preuves. Il est maintenant implanté au Canada, dans cinq villes de la Colombie-Britannique.

Un texte de Catherine FrançoisTwitterCourriel

À l'école Admiral Seymour, située dans un quartier défavorisé de Vancouver, l'enseignante Janice Parry accueille ses élèves de 6 et 7 ans avec une période de relaxation.

Ils s'assoient en cercle autour d'elle, ferment les yeux pendant quelques minutes et se concentrent sur leur respiration. C'est la première séance de la journée, il y en aura une autre après le repas de midi et une dernière avant la fin des cours.

Selon Janice Parry, le programme Mind up a changé ses méthodes de travail. Elle affirme ne plus pouvoir s'en passer. « Je me concentre davantage maintenant sur la psychologie, l'aspect émotionnel et social de l'apprentissage ainsi que sur le fonctionnement de notre cerveau lors du processus d'apprentissage. Mon enseignement n'est pas que scolaire », explique-t-elle.

À l'école élémentaire de Moberly, un autre quartier de Vancouver, Jennifer Erickson a été l'une des premières enseignantes de la ville à utiliser le programme Mind up. Elle forme maintenant d'autres enseignants.

Jennifer Erickson guide ses élèves de 9 et 10 ans lors d'une séance de relaxation, puis d'un exercice de prise de conscience et de maîtrise de leur corps.

Elle leur demande de se concentrer sur leur corps en se tenant en équilibre sur une jambe puis sur l'autre, et en répétant l'exercice avec une petite gomme placée sur leur tête.

« Comme vous sentez-vous dans votre corps maintenant? » leur demande-t-elle.

Quand j'ai constaté, un jour, qu'un élève qui n'avait pas été à l'école pendant un an à cause de crises d'anxiété majeures a réussi à dormir une nuit complète en suivant ce programme, j'ai compris que cela ne pouvait qu'aider les élèves, surtout ceux qui ont des difficultés à l'école.

Jennifer Erickson

Un autre exercice consiste à remercier quelqu'un ou à se dire reconnaissant pour quelque chose, comme d'avoir à manger tous les jours ou de pouvoir aller à l'école. L'idée est de partager des sentiments positifs pour que les enfants se sentent bien, qu'ils évacuent leur stress et leurs émotions négatives, parce qu'un enfant heureux et de bonne humeur apprend mieux qu'un enfant triste.

Effets mesurés

Ces quelques minutes de relaxation auraient un impact très positif sur l'apprentissage des enfants, selon une étude scientifique menée par une chercheuse en psychologie de l'Université de la Colombie-Britannique, Kimberly Schonert-Reichl.

L'étude, rendue publique en janvier dernier, a comparé deux groupes d'élèves de 4e et 5e année de primaire, un ayant suivi le programme Mind Up, et l'autre non. « Ce que nous avons constaté, précise la chercheuse, c'est que le programme améliore le bien-être des enfants, le contrôle qu'ils ont d'eux-mêmes et leur capacité à gérer leur stress. Il développe l'empathie et l'entraide entre les élèves et, autre fait surprenant, 15 % des enfants ont eu de meilleurs résultats lors des examens en mathématiques ».

C'est vrai que ce programme fait une réelle différence dans la vie des enfants, alors maintenant il faut arrêter de se demander si c'est nécessaire ou non d'enseigner ces techniques, car c'est évident qu'il faut le faire, et il faut se demander comment poursuivre dans cette voie.

La chercheuse Kimberly Schonert-Reichl

Depuis la création du programme par l'actrice américaine Goldie Hawn, en 2003, il a été implanté dans les écoles primaires de 28 États américains, de la côte est à la côte ouest, et a fait le tour du monde, notamment en Chine, au Royaume-Uni et en Australie.

Et les parents?

« Maman, viens, assieds-toi, on va faire comme je fais avec Janice », lance la petite Juliette, 5 ans. Elle essaie d'initier sa maman, Leanne, à la relaxation. « C'est un outil merveilleux, même pour moi, s'exclame Leanne. Je vois déjà comment ça aide Juliette maintenant et j'aime. »

Beaucoup de parents racontent que leurs enfants ont ramené à la maison ces techniques de relaxation qui leur sont enseignées à l'école et que cela conduit parfois à des changements de comportements notables, voire à l'amélioration des relations au sein du foyer.

Les enseignants rencontrés sont tous d'avis que les techniques de relaxation, de respiration, et de conscience de son corps et de ses émotions seront aussi utiles aux enfants plus tard, dans leur vie adulte.

La fondation Goldie Hawn, qui gère de Miami l'ensemble du programme, est en train d'envisager la possibilité de le développer pour les adolescents dans les écoles secondaires. Il serait aussi question de traduire le programme en français.

Dans cet exercice de méditation, le professeur demande aux enfants de se concentrer sur leur respiration.

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