•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les entraîneurs responsables de 5% des agressions sexuelles sur les adolescents

Des jeunes jouent au soccer

Des jeunes jouent au soccer

Photo : Istock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le cas très médiatisé de l'entraîneur de ski alpin Bertrand Charest, accusé d'agressions sexuelles sur des athlètes, illustre une problématique peut-être plus répandue que l'on pourrait le croire au Québec. Les entraîneurs sportifs sont responsables de plus de 5 % des agressions sexuelles à l'endroit d'adolescents, selon une étude menée par une chercheuse de l'Université Laval.

Sylvie Parent, professeure au département d'éducation physique, a compilé avec son équipe les réponses de 6450 jeunes de 14 à 17 ans qui ont été sondés à travers 34 écoles secondaires de la province à l'automne 2011.

Les résultats sont préoccupants : 10 % des adolescents rapportent avoir subi une forme d'agression sexuelle et 5 % d'entre eux disent avoir été agressés par leur entraîneur sportif.

Selon la chercheuse, ses résultats sont semblables à ceux d'études similaires, mais son échantillonnage beaucoup plus important lui permet d'affirmer que ses données dressent un portrait très fiable de la situation.

C'est très fort statistiquement. On peut se fier aux résultats qu'on a obtenus.

Une citation de :La chercheuse Sylvie Parent

L'étude permet aussi d'apprendre que 1,2 % des adolescents disent avoir eu des contacts sexuels consentants avec leur entraîneur.

Une statistique qui a surpris la chercheuse. « Les jeunes pensent que c'est correct parce qu'ils disent avoir donné leur consentement. Mais quand il y a une position d'autorité, le consentement ne peut être invoqué », souligne Sylvie Parent.

Autre donnée surprenante : ce sont en majorité des garçons (67 %) qui ont eu des contacts sexuels consentants. Un résultat qui laisse croire que les jeunes hommes pourraient être plus vulnérables dans un contexte sportif. « C'est une hypothèse de recherche très intéressante », note Sylvie Parent.

Alain Fortier affirme avoir été agressé par son entraîneur pendant cinq ans.

Victime de son entraîneur de soccer

Alain Fortier fait partie de ces statistiques. Il affirme avoir été agressé pendant cinq ans par son entraîneur de soccer pour qui il travaillait en dehors des pratiques. Il a accepté les agressions afin de ne pas perdre son emploi.

Celui qui est maintenant président de l'organisme Victimes d'agressions sexuelles au masculin comprend la vulnérabilité d'un jeune qui vit une relation de confiance avec son entraîneur.

« S'il te dit que tu dois faire telle chose pour arriver à ton résultat, tu vas avoir tendance à le croire et peut-être à accepter des choses que normalement tu n'aurais jamais accepté », affirme Alain Fortier.

La chercheuse souhaite que son étude puisse permettre d'augmenter les mesures de prévention dans les organismes. « Il faut prévenir pour ne pas laisser entrer des personnes qui ont des comportements inadéquats ou pourraient avoir des comportements inadéquats et sévir rapidement. »

L'étude menée par Sylvie Parent vient d'être publiée dans la revue Journal of Interpersonal Violence. Les données sont issues d'une vaste enquête sur le parcours amoureux des jeunes effectuées par des chercheurs de l'UQAM.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !